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16/02/2018

Tara Tontaine Tonton

La poule aux œufs d’or

Vient de pondre un œuf dur

En argile

La coquille est fragile

Comme l’aile d’un papillon

Tara tontaine tonton

 

Approche-toi de moi

Près de la fenêtre close

Voir les grappes écloses

De la vigne ténébreuse

Heureuse

Et lymphatique

 

Écoutons la musique

Du vent dans la cheminée

Celle où naguère encore

Brûlaient les feux follets

Entre les mandragores

 

Oublions les refrains

Sombres qui perçaient

Nos tympans

Que le vent de décembre

Avaient endoloris

Et qui semblent être guéris

A coup de pommade

 

Laissons nos cœurs en paix

Tristes

Nomades

Endoloris

 

Patientons sagement

En attendant

Au clocher les douze

Coups de minuit

 

 

Jacques Herman

2018

02:57 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

14/02/2018

Des fenêtres s'ouvrent

Au fond du couloir

Des attentes passagères

Sur leurs gonds invisibles

Des portes carrées

Attendent un coup de pouce

Sur un bouton pressoir

Pour s’ouvrir sur

Des algues gluantes

D’anciennes patères

Noires et vermoulues

Des femmes impatientes

Fielleuses et corrompues

Qui ricanent en bavant

Et des corps de pendus

Détachés des basses branches

Qui esquissent des pas de deux

Les longues mains osseuses

Accrochées sur les hanches

 

Des spectacles morbides

Surgit majestueuse

Une nef des fous

Pleine à ras bord de monstres hideux

Et mon ombre fragile

Vient chercher les poux

Dans la tonsure immense

De moines enivrés

Qui se grattent la panse

Vomissant les repas

Des noces de la ville

Qui s’étendent aux champs

Comme de longs reptiles

Tortueux et rampants

 

Quand on croit naïfs

Que tout est fini

Que tout est consommé

Au-dessus de nos têtes

La lune rousse est de la fête

Tombent alors du ciel

Noir et embrumé

Des corbeaux privés d’ailes

Et des anges déchus

Aux plumes déchirées

 

Jacques Herman

2018

 

02:06 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

02/12/2017

Il ne reste du phare

Les pierres

Que les marées éreintent

Sont mortes noyées

Au fond de la mer

Il ne reste du phare

Que la lumière éteinte

 

Il nous faut déceler

De tout nouveaux repères

Pour échapper à notre égarement

Pour tordre le cou

A nos désespérances

Pour naviguer

Sans crainte

Sans défiance

Comme ces pèlerins

Que l’on croit en errance

Et qui scrutent le ciel

Et qui misent sur Dieu

 

 

Jacques Herman

2017

10:57 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

30/11/2017

Entre nos doigts

Nous brisons entre nos doigts

La lumière du jour

Qui vole en éclats

Et dans la plaine des corbeaux

En rangs par deux croassent

Jusqu’au lever du jour

 

Tous nos gestes nous échappent

Jusqu’au petit matin

Comme fond la glace

Au creux de la main

 

Et quand tombe le soir

Pareilles à une substance

Blanchâtre et impalpable

Comme une laitance

Nos âmes insaisissables

Et nos esprits rebelles

Murmurent les chants

Profonds comme la mer

Sans fin qu’il nous faut boire

 

Jacques Herman

2017

21:38 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

25/07/2017

Une enquête s'ouvrit

UNE ENQUÊTE S’OUVRIT

 

 

A l’aube du huitième jour

A la frontière du champ

De blé que cultivait

Un pauvre paysan

Un général est mort

 

On ne doit qu’au hasard

D’avoir trouvé son corps

Troué de part en part

Et que l’on autopsia

Dit-on

Dans les règles de l’art

 

Dans l’une de ses poches

On découvrit

Chose étrange

Dans les pages d’un passeport

Une fleur totalement

Inconnue dans la flore

Trois plumes de mésange

Des brins de trèfle fané

Deux pétales de rose

Et quelques grains de blé

 

Dès lors on suspecta

Le cas d’être complexe

Une enquête s’ouvrit

Tout le monde en parla

 

Rarement un décès

En ces lieux suscitait

Un tel remue-ménage

 

Les cancans

Les rumeurs

Les commérages

Se répandaient

A toute vapeur

 

Les années ont passé

Sur le village

Mais les questions demeurent

Toujours sans réponse

Et ça

Vois-tu

C’est un pur bonheur

 

 

Jacques Herman

2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

12:38 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

17/07/2017

Doigt de l'ange

 

L’ange d’un doigt

Pointé vers le cercle

Paraît effleurer

Le point central

Où tout est un

 

De fait il ne touche rien

Mais il montre d’une main

Aussi légère

Qu’une brise matinale

L’au-delà du décor

Toujours éphémère

Et l’accès sans effort

À l’unique chemin

Vers la pleine lumière

 

Et d’une voix douce

L’ange murmure

Que c’est par sa conscience

Que l’homme est par nature

Relié au divin

 

 

Jacques Herman

2017

22:29 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

14/07/2017

Inaccessible ou lointain

INACCESSIBLE OU LOINTAIN

 

 

 

Tout ce que cela comporte

Tout ce que cela contient

Te demeurera

Pour toujours étranger

Inaccessible ou lointain

 

Regarde à droite

La dame à la licorne en son jardin clos

Mais sans aucune porte

 

À gauche

Le serpent de la genèse

Se faufilant à l’aise

Dans l’herbe bleue

Que la brise se plaît

À faire onduler

Apparemment en vain

 

Et dans un coin obscur

De la toile détendue

Une oreille poilue

Arrachée par le vent

 

Imagine ajouter

D’un pinceau élégant

Un soir de pleine lune

Une trompette

Un tambourin

Un couple de canards

Quelques bonnets phrygiens
Et perché à la tribune

Une sorte de chat botté

Qui nous foudroie du regard

 

 

Jacques Herman

2017

 

 

 

 

10:02 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (3)

01/07/2017

Et sur l'autre rive

ET SUR L’AUTRE RIVE

 

 

Les corps allongés

Dans les algues du port

Suintent

Tandis que perché sur la hune

Un aigle géant que le vent déplume

Ouvre ses ailes en fixant

De ses yeux perçants

La ligne d’horizon

Où le ciel divorce

A jamais de l’océan

Comme quoi?

Comme quoi?

Comme des mots qui se séparent

De l’air de la chanson

 

On l’entend qui hurle

D’une voix de stentor :

« Les femmes et les enfants d’abord! »

Puis :

« Transportez les vivants

S’il en reste

Dans les dunes à bâbord! »

 

Les vivants ?

Mais il n’en reste aucun

Pas même celui

Qui en ce jour écrit

Ces mots que vous lisez

 

Ah ! nous avons souffert

De ces longues attentes

Des batailles sans fin

Des luttes incessantes

 

Notre sang a coulé

Partout

Jusqu’aux trous

Qui servent parfois de sépultures

Où l’on porte en terre

Pêle-mêle

Les morts et les ordures

 

Ah ! nous avons souffert

Des gerçures du cœur

C’est la guerre !

C’est la guerre !

Certes

Mais nos âmes endurcies

Qui ont tremblé d’abord

Ont fini naufragées

Comme les barques pourries

Dans un coin du vieux port

 

Ah ! nous avons souffert

Des gerçures du cœur

C’est la guerre !

C’est la guerre !

Certes

Mais nos âmes endurcies

Entendent encore

Les tirs en embuscade

Le crépitement glauque

Des feux ravageurs

L’explosion des grenades

 

Et la douleur

Se fait lancinante

Sous les coups des aiguilles

Affûtées

Transperçantes

Arrachées aux cadrans

De vieilles horloges

Dont les heures

Comme nous

Ont échappé au temps

 

Et sur l’autre rive

Où campent les vivants

On dit qu’on s’interroge

Et qu’on reste vigilant

 

 

Jacques Herman

2017

 

 

20:38 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

24/06/2017

Tatouer le jour

Des mots indélébiles

Pour tatouer le jour

Naissent de ma plume

Endolorie qu’a engrossée l’amour

Et le vent sans dommage

Peut bien venir les battre

Comme sur l’enclume le fer

L’opération est sans retour

 

Il arrive parfois

Que dans le ciel les dieux

S’irritent ou enragent

Mais mon âme endurcie

Les attend au contour

Brûlant de tous ses feux

 

 

Jacques Herman

2017

16:03 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

18/05/2017

Que de nos mains humides

QUE DE NOS MAINS HUMIDES

 

 

 

Tiens donc voilà l’été qui meurt

Empressons-nous demain

Nous récolterons les cendres

Et peindrons en couleurs

Plus gaies l

Plus tendres

La longue saison qui vient

 

Ensemble décorons

La terre et le ciel

De guirlandes de fleurs

Et de pensées nouvelles

Avançons en dansant

Sur la piste des rêves

Le temps semble long

Mais la vie est trop brève

Pour cheminer à reculons

 

Que de nos mains humides

De la rosée des jours

Nous façonnions enfin

Et chacun tour à tour

Des rêves intrépides

Des projets d’avenir

Et des chansons d’amour

 

 

Jacques Herman

2017

 

18:25 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)