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20/04/2016

Dans nos cours d'école

Tous les jours du monde

S'écrasent sur les toits

Et y laissent des traces

Que le ciel nous envoie



Mais hélas nous portons

Toujours davantage

Notre regard sur nous

Et aux choses d'en haut

Nous préférons souvent

Notre petite image



Pourtant dans le ciel gris

Des anges nous survolent

Mais dans nos cours d’école

Nous n’avons jamais appris

Qu’à nous rouer de coups

 

 

Jacques Herman 2016

12:16 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

11/04/2016

Il est si petit

Il est si petit

Mon ami

Qu’il rentre chez lui

Par un trou de serrure

 

Et pour passer la nuit

Il s’en va se coucher

Sur un brin de tissu

Probablement issu

D’une déchirure

Provoquée par le vent

Dans la haute voilure

D’un voilier d’antan

 

Au réveil il s’étire

Se lève en bayant

Manque de s’étaler

A peine levé

En trébuchant sur

Un grain de poussière

 

Il s’ennuie à mourir

Sa vie n’est que douleur

Grande peine et misère

Et depuis bien longtemps

Il ne cherche qu’à fuir

Dans les bras de la mer

Aux eaux noires 

Mais vives

Et s’y faire engloutir

En un très court instant

 

 

Jacques Herman

2016

 

10:03 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

05/04/2016

Les anges passent

Comme au soleil couchant

Quand les ombres s'étirent,

Les ailes des anges 

Traînent en s'allongeant

Sur les aridités

De nos raisonnements

Et la logique expire.

 

Le souffle du vent

Et celui de l'Esprit

Commencent alors

A mêler la douceur

De leurs voix spécifiques.

 

Et dans la profondeur

De l'âme et du cœur,

Tout n'est plus que fissure

Dans nos raisonnements,

Embargo dramatique

Sur le lieu et le temps.

 

C'est le point de rupture

Entre les éléments,

Qui lentement s'impose,

Et l'ordinaire des choses

Est alors mis à part

Des usages communs.

 

Souvent, dans le tréfonds

De nos fragilités,

Nous croyons percevoir

Enfin le point central

Qui nous relie au ciel.

 

Mais les anges soudain, 

En regardant ailleurs

S'en vont à tire d'aile,

Loin du profond mystère

Qu'ils viennent d'engendrer.

 

 

Jacques Herman

 

18:21 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

01/04/2016

Dire Dieu

On peut dire l'homme ou le chien

La pente du chemin

La couleur des fleurs

Et l'heure qu'affiche le cadran.

 

Mais par manque de pot,

On ne peut dire Dieu

Qui dit de lui qu'il est « Je suis »

Mais que nul n'a jamais vu

Et qu'on attend comme cet ingénu

Qui n'en finira jamais

D'attendre Godot.

 

Dire Dieu n'est concevable

Qu'apophatiquement

De fait, on ne le voit 

Pas plus que le vent

A moins que le regard

Se porte sur les feuilles

De Sasafras ou de figiuers

Qui aiment s'agiter

Certains jours au soleil levant.

 

Et cependant 

Paradoxe émouvant

Nous voyons Dieu

Indirectement,

Non pas en contemplant les cieux,

Mais en ouvrant plus grand nos yeux.

En quelques circonstances,

Dans son terrible silence,

C'est bien lui soudain qui surgit.

 

On l'aperçoit dans les bras

Qu'on ouvre aux  enfants,

Dans l'arme qu'on retourne

Épargnant l'ennemi,

Dans le baiser du père 

Au fils prodigue de retour,

Dans l'affamé nourri

Par un geste d'amour,

Dans l'étoile guidant

Le marin sur la mer,

Dans le sourire ému

Jailli d'un cœur amer,

Dans l'espoir souhaité

A cet homme inconnu

Qu'on mène à l'hôpital

Dans un hélicoptère,

Dans l'obole versée

Aux pauvresses du coin.

Dans le vol d'un oiseau

Dont les ailes ont guéri.

On l'aperçoit aussi

Dans un chant liturgique

Un modeste cantique

Chanté à l'unisson

Peut-être sur fond d'orgue

Et plus sûrement encore

Sur fond d'accordéon.

 

Dire Dieu c'est relever

Du pardon reçu des hommes

Que l'on croyait perdus,

C'est la fleur que l'on cueille

Pour que la main tremblante

L'offre à des inconnus.

 

Dire Dieu c'est savoir

Que la Grâce qu'il donne

Nous absout de nos fautes,

Nous invite aussitôt

A nous approcher de lui,

Nous priant d' occuper

L'une de ces  chambre hautes

Des plus désirables

Avec vue imprenable

Sur la voûte étoilée.

 

 

Jacques Herman

 

15:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

29/03/2016

Jésus en Flandre

La plaine est immense

Et les arbres tordus 

Par le vent se penchent

Sur Jésus

 

Il est venu s'asseoir

Au pied de l'un d'eux

Dans les Flandres ce soir

Un peu

Comme s'il faisait fi

Des foules d'antan

Des suiveurs

Des suivants

 

Et dans le ciel gris

D'une lourdeur étrange

Seuls volent des anges

Au vent de l'Esprit

 

Sur le pain de nos vies

On étend une couche

Mince de beurre rance

 

Dernière entourloupe

La bière remplace

Le vin dans la coupe

Et nous faisons silence

 

Sans que jamais au monde

Nous nous y attendions

En ce lieu plein d'absences

Surgit une chanson

 

Ce ne sont plus ici

Les cantiques austères

Ou les hymnes sévères

Et les orgues géantes

Qui nous réuniront

Mais les airs populaires

Qui se donnent à nous

Comme autant de prières

Nées d'un accordéon

 

 

Jacques Herman

 

15:47 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

19/03/2016

Parfum d'enfance

PARFUM D'ENFANCE

 

 

Entre les deux murs 

De nos inconsistances

Un rôdeur s'est faufilé

Comme un vent qui traîne

Dans le cambouis du temps

 

C'est le parfum d'enfance

Qui ravive les jours

Hésitants et trembleurs

Héraults de pacotille

Nourris d'impatience

Regards attardés

Que l'on croit en avance

Sur le cadran du cœur

 

Ce sont des couleurs

Estompées et fugaces

Mêlées aux odeurs

Âcres de la mer

Sur le sable à marée basse

 

C'est un chant d'espérance

Qui ne demande rien

D'autre qu'un envol

Des notes dans le ciel

Sans y laisser leur trace

 

C'est un mot qu'on regrette

De n'avoir jamais dit

Que dans l'ombre secrète

Des désirs engloutis

 

Ce sont des grains d'amour

Des pépites de vie

Que nos mains ni nos cœurs

N'ont jamais saisies

 

 

Jacques Herman

2016

 

10:56 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

12/03/2016

Le Temple

LE TEMPLE

 

 

Le Royaume est la clé

De quelques insomnies

Qui s'étendent de l'est

A l'ouest 

Du nord au midi

Du zénith au nadir

 

De la voûte visible

Étoilée lumineuse

Un lourd fil à plomb

Lourdement sans rien dire

Descend vers le pavé

Comme un totem axial

Né de nuées laiteuses

 

Les portes du Temple

Semblent déjà closes

De l'essence de rose

S'élève et se répand

Du hikal au débir

 

Trois cierges lumineux

A l'Orient indiquent

L'unité retrouvée

 

D'un coin d'ombre surgit

Une douce musique

Un tapis mosaïque

Au centre est déposé

 

Face à la Justice

On va tirer l'épée

Fraîche du fourreau

Et devant la Clémence

Chacun vient toucher

Le bord de son chapeau

 

Au pied des colonnes

Qui encadrent l'entrée

On surveille l'ensemble

De tous les cherchants

Qui souffrent peut-être

Mais qui persévèrent

Dans la franche lumière

Des espoirs triomphants

 

 

Jacques Herman

2016

 

10:54 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

05/03/2016

Dans le dépérissement

DANS LE DEPERISSEMENT

 

 

Ici-bas tout finit

Dans le dépérissement

De nos traces le jour

D'un trop grand coup de vent

 

La vague inattendue

Emporte le marin

Qui sombre dans la mer

Et se dissout 

Inéluctablement 

Dans le milieu salin

 

Le temps sur son parcours

Roule le tambour

Des fanfares fugaces

Nos routes et chemins

S'arrêtent et puis s’effacent

 

Sans cesse sous le ciel

Surgiront à l'envi

Des rêves éphémères

Sans plus d'importance

Qu'un fléau de balance

Dépourvu de plateaux

Incongru comme le cri

D'un oiseau sans défense

 

 

Jacques Herman

2016

 

10:53 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

05/09/2015

Combien de temps encore

Quand vous verrez glisser

Blanches dans le vent

De l'arrière-saison

Des mouettes rieuses

Dans le ciel orageux

 

Quand vous entendrez

Crever au loin les vagues

Entre des cris de goélands

Et sur un banc pourri

Crépiter le feu

Dans le coeur transi

D'un couple d'amoureux

Qui s'y tient assis

 

Alors du regard

Balayez tout le port

 

Combien de temps encore

Avant que la mort

Ne vous arrache d'ici

 

 

Jacques Herman

2015 

 

 

11:51 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

19/08/2015

Dimanche en hiver

Rien n’est plus désolant

Plus sinistre et plus gris

En hiver qu’un dimanche

En fin d’après-midi

 

Quand la rue se remplit

De vide et de silence

Que les oiseaux bavards

Se taisent sur les branches

Des arbres dévêtus

 

Quand le doute surgit

Des fissures du ciel

Et se résout en pluie

 

Quand on sait que le jour

A venir sera gris

 

Jacques Herman

16:51 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)