02.09.2010
L'ai-je si mal descendu
L’AI-JE SI MAL DESCENDU
L’ai-je si mal descendu
Que les marches sous mon poids
Se sont dérobées une à une
Et qu’allongé
Face à terre
J’absorbe la poussière
Des lames de bois
Du plancher de la scène
Ton regard
Sur moi porte la haine
Et tes yeux bleus
Me vrillent le cœur
Dans les coulisses
On rit
Le pompier de service
Se tient les côtes
Le public aussi
Dans la salle semble trouver
Le spectacle désopilant
Relève-toi
Hurle une rouquine
Assise au premier rang
Ce soir-là le rideau
Est tombé sur moi
Définitivement
Jacques Herman
2010
23:12 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
01.09.2010
Se plaindre un peu
Dans les pieds de la table
Les os
Semblent avoir
Terriblement souffert
Les pieds furent replâtrés
Rééduqués
Par kinésithérapie
Préparés
A la marche lente
Sur la tapis
D'aucuns parmi vous
Craignaient le pire
Mais la table n'est jamais partie
Sous d'autres cieux
Voir si la vie
Lui convenait mieux
Sous d'autres latitudes
Elle a beaucoup souffert
Des coups qu'elle a subis
Le plateau lui-même
Fut atrocement rayé
Sur une centaine d'années
Bien des jours lui furent rudes
Le soir
En hiver surtout
Il arrive qu'on l'entende
Gémir
Et se plaindre un peu
A l'heure du coucher
Jacques Herman
2010
22:08 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
30.08.2010
Grisâtre
Grisâtre le corps
Pendu au bout
De la corde semble
Blanchir par désir
De rejoindre le monde
Fébrile
Embrasé
Bouillonnant
Ecumeux
Frénétique
Des vivants
Il ne conservera
Quasi rien de la mort
Sinon d'âcres odeurs
Et des stigmates au cou
Les oiseaux piaillent
Les chiens aboient
Le grand chêne s'en fout
Flegmatique
Placide
Serein
Il s'élève dans le ciel
Où il creuse son trou
Jacques Herman
2010
10:54 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
29.08.2010
C'est ici ma maison
La lune montre du doigt la mer
C'est ici ma maison nous dit-elle
Et nous l'écoutons gravement
Réceptifs jusqu'aux frémissements
De l'écume des vagues
Nous tentons vainement
De compter les étoiles
Qui se reflètent dans l'eau
Noire de l'océan
Mais aussitôt la magie
Du soir est rompue
Brisée
Défaite
Anéantie
L'erreur dit la lune
C'est le dénombrement
Compter n'entraîne que misère
Vous venez d'arracher
Les ailes de l'oiseau
La vérité ne vaut
Pas l'ombre d'un mystère
Jacques Herman
2010
09:59 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
28.08.2010
Je crois qu'ici je pourrais vivre
Je crois qu’ici je pourrais vivre
Je pourrais écrire
Et je pourrais mourir
Je crois qu’ici mes yeux
Ne verraient que la pierre
Les rochers tendus
Vers l’infini du ciel
Mais enracinés
Dans les braises d’enfer
Et qui ont tant souffert
Qu’ils se sont écartés
De la marche du monde
Je crois qu’ici je pourrais vivre
Mieux qu’en leurs villes malodorantes
Surexcitées
Immondes
M’abandonner aux vagues des champs
Aux remous du torrent
Aux ondulations des troupeaux
Sous la houlette de bergers sans âge
Vivre au plus loin
Du vrombissement
Des fats et des faux sages
Si pleins d’eux-mêmes
Qu’ils frisent l’explosion
Je crois qu’ici je pourrais vivre
Un peu sauvage
Auprès de chèvres et de moutons
Jacques Herman
2010
14:33 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
27.08.2010
Des étoiles si lasses
Il est tombé du ciel
Des étoiles si lasses
Qu'elles ont fini
Par s'en décrocher
Dans l'herbe bleue du soir
Embrumée par les dieux
Leurs menus débris
Echappent à la vue
Et au soleil levant
Leur lumière éclatée
Ne pourra passer
Qu'inaperçue
C'est ainsi qu'à nos yeux
Pourtant grands ouverts
N'apparaîtra plus
Que du gazon vert
Jacques Herman
2010
00:29 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
26.08.2010
Nous nous forgerons
Nous nous forgerons
Des masques d'ancêtres
Nous confectionnerons
Des vêtements démodés
Puis ensemble
Nous visiterons
Le camp désaffecté
Il n'en reste que ruines
Toits effondrés
Murs délabrés
Et la lourde présence
Du temps passé
Qui se mesure
A l'aune du silence
Mais personne à ce jour
Ne s'est risqué
A la démolition
Dans la grande allée
Des poteaux d'exécution
Chacun d'eux
Pourrait à l'évidence
Te parler des souffrances
Qui s'y sont incrustées
Et du ciel où les dieux
Brillaient par leur absence
Jacques Herman
2010
11:22 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
25.08.2010
Il fut un temps ma soeur
Il fut un temps ma soeur
Où l’on ne comptait
Les heures qu’au gré du vent
Et selon nos humeurs
Il fut un temps ma soeur
Où nous marchions ensemble
Dans l’ocre clair des champs
Il fut un temps ma soeur
Où nous nous promenions
Le long du grand canal
Qui relie Bruges à Gand
La Flandre Occidentale
A la Flandre Orientale
La côte à l’arrière-pays
Il fut un temps ma soeur
Où nous traînions les pieds
Dans l’insouciance le jour
Dans les rêves la nuit
Et nous cheminions
Chargés de certitudes
Il fut un temps ma soeur
Un temps béni des dieux
Où nous étions à l’abri
Des affres de la solitude
Jacques Herman
2010
14:42 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note



