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20/02/2017

Tu chuchotes à ton ombre

TU CHUCHOTES A TON OMBRE

 

 

 

Le petit bateau prend l’eau

L’immensité grise

De la mer éclate

Tu chuchotes à ton ombre

Et ton Dieu ne répond pas

 

Mais le fleuve étoilé

Du ciel toujours t’épate

Et dans ton rêve ultime

Tu t’y vois habiter

 

Par ta raison vieillie

Pleine de rides

De vieillard édenté

Ton embarcation

Soudain lâche les brides

Et l’imagination

Te sert alors de guide

 

Dans un champ jaune d’algues

Te voilà fin prêt

Enfin à te noyer

 

 

Jacques Herman

2017

 

 

 

 

11:40 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Roi de paccotille

Les siècles ruissellent

Des tours médiévales

Et des blondes cheminées

De l’usine bancale

Des contrefaçons du temps

 

Du ciel gris de Payne

Que la main de Dieu

Entrouvre à l’instant

Tombent des flots incessants

De fleurs jaunes orangées

Dont le goût sur tes lèvres

Ressemblent au miel

Elles en trouvent gênées

 

Tu tripatouilles entre tes doigts

Blancs comme la craie

Une cordelette à nœuds

Qui te sert de mesure

Ton âme vole à l’aventure

Et l’oiseau imbécile

Qui défèque sur moi

Se fait petit en s’éloignant

 

Tu me dis bêtement

Te voilà devenu roi

 

De quel Etat

Et de quel temps ?

 

Ta réponse est brumeuse

Sans doute fallacieuse

Mais qu’importe en te voyant

Sourire je suis ravi

Satisfait et content

 

Le blé va mûrir

Dis-tu mais je sais

Sa mort inéluctable

Je joue carte sur table

Puisque la mienne aussi

Finira lamentable

Comme une goutte d’eau

Que la terre sablonneuse

Avalera goulument

 

 

Jacques Herman

2017

 

 

 

11:36 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

La mort lui tomba dessus

LA MORT LUI TOMBA DESSUS

 

 

La mort lui tomba

Dessus comme un frisson

Comme un peu de soleil

D’humeure assassine

Vient occire un glaçon

Comme on tourne un bouton

Pour tuer la lumière

Comme l’ arrêt du temps

Qu’inflige un revolver

Dans les mains d’un enfant

 

La mort lui tomba dessus

Comme éclatent les rires

Sans rime ni raison

 

Il n’a rien vu venir

Et de grands oiseaux noirs

Se dilatent et remplissent

Le ciel à l’horizon

 

Jacques Herman

11:33 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Rives solitaires

Les nuits n’ont plus de fin

Les humeurs au matin

Comme des brouillards

Toujours s’épaississant

S’emparent sans vergogne

Des rives solitaires

 

Dans le sable insulaire

Nos regards acérés

S’attardent sur les traces

Profondes

Inquiétantes

De pieds de géants

 

Le ciel nous fait signe

Dans son obstination

A ne pas s’éclaircir

Dans la marche du temps 

 

Tout concourt à nous dire

Que les anges rechignent

Avec ostentation

A semer dans nos cœurs

Des propos rassurants

 

Jacques Herman

2017

10:20 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

09/10/2016

Vision

VISION

 

Comme un fruit que le vent croque

Elle éclate sans bruit

C’est la nuit qui emporte

Ses pépins à l’envi

Et la porte grinçante

Se referme sur lui

 

Il étire les bras

Saisit d’une main

Osseuse une proie

De passage

 

Dans le ciel un nuage

Gonfle puis rétrécit

A l’instar d’un visage

Dont on ne sait

S’il grimace ou sourit

 

Jacques Herman

2016

 

 

12:41 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

20/04/2016

Dans nos cours d'école

Tous les jours du monde

S'écrasent sur les toits

Et y laissent des traces

Que le ciel nous envoie



Mais hélas nous portons

Toujours davantage

Notre regard sur nous

Et aux choses d'en haut

Nous préférons souvent

Notre petite image



Pourtant dans le ciel gris

Des anges nous survolent

Mais dans nos cours d’école

Nous n’avons jamais appris

Qu’à nous rouer de coups

 

 

Jacques Herman 2016

12:16 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

11/04/2016

Il est si petit

Il est si petit

Mon ami

Qu’il rentre chez lui

Par un trou de serrure

 

Et pour passer la nuit

Il s’en va se coucher

Sur un brin de tissu

Probablement issu

D’une déchirure

Provoquée par le vent

Dans la haute voilure

D’un voilier d’antan

 

Au réveil il s’étire

Se lève en bayant

Manque de s’étaler

A peine levé

En trébuchant sur

Un grain de poussière

 

Il s’ennuie à mourir

Sa vie n’est que douleur

Grande peine et misère

Et depuis bien longtemps

Il ne cherche qu’à fuir

Dans les bras de la mer

Aux eaux noires 

Mais vives

Et s’y faire engloutir

En un très court instant

 

 

Jacques Herman

2016

 

10:03 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

05/04/2016

Les anges passent

Comme au soleil couchant

Quand les ombres s'étirent,

Les ailes des anges 

Traînent en s'allongeant

Sur les aridités

De nos raisonnements

Et la logique expire.

 

Le souffle du vent

Et celui de l'Esprit

Commencent alors

A mêler la douceur

De leurs voix spécifiques.

 

Et dans la profondeur

De l'âme et du cœur,

Tout n'est plus que fissure

Dans nos raisonnements,

Embargo dramatique

Sur le lieu et le temps.

 

C'est le point de rupture

Entre les éléments,

Qui lentement s'impose,

Et l'ordinaire des choses

Est alors mis à part

Des usages communs.

 

Souvent, dans le tréfonds

De nos fragilités,

Nous croyons percevoir

Enfin le point central

Qui nous relie au ciel.

 

Mais les anges soudain, 

En regardant ailleurs

S'en vont à tire d'aile,

Loin du profond mystère

Qu'ils viennent d'engendrer.

 

 

Jacques Herman

 

18:21 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

01/04/2016

Dire Dieu

On peut dire l'homme ou le chien

La pente du chemin

La couleur des fleurs

Et l'heure qu'affiche le cadran.

 

Mais par manque de pot,

On ne peut dire Dieu

Qui dit de lui qu'il est « Je suis »

Mais que nul n'a jamais vu

Et qu'on attend comme cet ingénu

Qui n'en finira jamais

D'attendre Godot.

 

Dire Dieu n'est concevable

Qu'apophatiquement

De fait, on ne le voit 

Pas plus que le vent

A moins que le regard

Se porte sur les feuilles

De Sasafras ou de figiuers

Qui aiment s'agiter

Certains jours au soleil levant.

 

Et cependant 

Paradoxe émouvant

Nous voyons Dieu

Indirectement,

Non pas en contemplant les cieux,

Mais en ouvrant plus grand nos yeux.

En quelques circonstances,

Dans son terrible silence,

C'est bien lui soudain qui surgit.

 

On l'aperçoit dans les bras

Qu'on ouvre aux  enfants,

Dans l'arme qu'on retourne

Épargnant l'ennemi,

Dans le baiser du père 

Au fils prodigue de retour,

Dans l'affamé nourri

Par un geste d'amour,

Dans l'étoile guidant

Le marin sur la mer,

Dans le sourire ému

Jailli d'un cœur amer,

Dans l'espoir souhaité

A cet homme inconnu

Qu'on mène à l'hôpital

Dans un hélicoptère,

Dans l'obole versée

Aux pauvresses du coin.

Dans le vol d'un oiseau

Dont les ailes ont guéri.

On l'aperçoit aussi

Dans un chant liturgique

Un modeste cantique

Chanté à l'unisson

Peut-être sur fond d'orgue

Et plus sûrement encore

Sur fond d'accordéon.

 

Dire Dieu c'est relever

Du pardon reçu des hommes

Que l'on croyait perdus,

C'est la fleur que l'on cueille

Pour que la main tremblante

L'offre à des inconnus.

 

Dire Dieu c'est savoir

Que la Grâce qu'il donne

Nous absout de nos fautes,

Nous invite aussitôt

A nous approcher de lui,

Nous priant d' occuper

L'une de ces  chambre hautes

Des plus désirables

Avec vue imprenable

Sur la voûte étoilée.

 

 

Jacques Herman

 

15:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

29/03/2016

Jésus en Flandre

La plaine est immense

Et les arbres tordus 

Par le vent se penchent

Sur Jésus

 

Il est venu s'asseoir

Au pied de l'un d'eux

Dans les Flandres ce soir

Un peu

Comme s'il faisait fi

Des foules d'antan

Des suiveurs

Des suivants

 

Et dans le ciel gris

D'une lourdeur étrange

Seuls volent des anges

Au vent de l'Esprit

 

Sur le pain de nos vies

On étend une couche

Mince de beurre rance

 

Dernière entourloupe

La bière remplace

Le vin dans la coupe

Et nous faisons silence

 

Sans que jamais au monde

Nous nous y attendions

En ce lieu plein d'absences

Surgit une chanson

 

Ce ne sont plus ici

Les cantiques austères

Ou les hymnes sévères

Et les orgues géantes

Qui nous réuniront

Mais les airs populaires

Qui se donnent à nous

Comme autant de prières

Nées d'un accordéon

 

 

Jacques Herman

 

15:47 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)