16.05.2012
Quatre soirées
Soirée tendue
Entre de lourds piliers
Menaçant de tomber
Sous la pression constante
D'un plafond contrariant
Débordant
D'animosité
Soirée maussade
Aux couleurs du tapis
Rouge sombre mêlé de gris
Soirée glaciale
Plombée d'ennui
Comme un ciel de novembre
Triste et brumeux
Soirée où assis
Dans un coin d'une chambre
Nous veillons un corps
À jamais endormi
Jacques Herman
2012
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14.05.2012
Minuit moins le quart
Minuit moins le quart
Et quelques poussières
Moins dix
Moins huit
Moins six
Bientôt
Les aiguilles
Sur douze
Se rejoindront
Le temps va passer
Comme une caravane
Et toujours aux aguets
Les chiens fidèles
Aboieront
Jacques Herman
2012
16:30 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
13.05.2012
Outre-Rhin
Des brouillons de la vie
Passée Outre-Rhin
Ne me reste
Qu’un papier chiffonné
Jauni
Incertain
Qui ressemble à nos jours
De soleil transmutés
En des ors argentés
Ténébreux
Fragiles
Légèrement déteints
Sur le pont qui enjambe
Le fleuve tranquille
Tranquille
Des filles jeunes
Aux cheveux blonds
Comme les blés
Tous les jours défilent
Du soir au matin
Jacques Herman
2012
13:39 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Si et seulement si
Si et seulement si
Vous nous ouvrez tout grand vos ailes
Blanches comme au coeur
Les souvenirs lointains
Et que par un murmure
Léger de vos lèvres
Vous nous touchez le coeur
Si et seulement si
Nos âmes comme des cordes
Tendues se mettent à vibrer
De l’aube au soir
Et du soir au matin
Si et seulement si
Par vos mots et vos soupirs
Nous prenons la mesure
Du passé
Du présent
Et de notre avenir
Alors comme les morts
Ramenés à la vie
Nous nous mettrons debout
Rayonnants de lumière
En vous tendant les mains
Jacques Herman
2012
10:56 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
12.05.2012
Harangue
Le dimanche est tombé
Du calendrier
Comme une masse confuse
De tons emmêlés
Couleurs fracassées
Vert émeraude
Jaune de Naples
Et rouge foncé
Le dimanche est tombé
Comme un ange fragile
Dont les ailes se sont
Désarticulées
Le ciel déverse
Sur les débris
De la pluie à grands seaux
Le ministre du culte
Du haut de la chaire
Supplie les fidèles
De se mobiliser
L'heure est venue
Dit-il gravement
Pour ensemble à présent
Recoller les morceaux
Jacques Herman
2012
13:21 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
10.05.2012
On n'impose rien
On n’impose rien
Ni au souffle du vent
Ni à l’eau des ornières
Au contour d’un chemin
On ne force la main
Ni des grains de poussière
Ni des miettes du temps
Jacques Herman
2012
22:04 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
08.05.2012
Défloraison
La défloraison
C’est la chute inexorable
Des pétales du temps
A la morte-saison
C’est le bleu affadi
Le rouge défraîchi
Le jaune délavé
Des fleurs dans un vase
Dont l’eau n’a jamais
Eté renouvelée
C’est l’ombre des heures
Qui survole en courant
Les champs dénudés
C’est un peu du présent
Que nous conjuguons
Toujours au passé
Jacques Herman
2012
20:21 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
06.05.2012
Skull
Rire de toutes ses dents
Voir le monde de ses orbites vides
Grandes ouvertes
Sur le néant
Ne respirer plus
Que le dépôt
De la poussière du temps
Attendre patiemment
Le jugement dernier
Sans que plus rien ne semble
Le faire désirer
Ne plus percevoir
Les chuchotements
Les ragots
Les bruits de couloirs
Ne plus jamais trembler
Quand souffle le vent
Laisser venir à soi
Les vieux qui déjà
Sans le vouloir
Ont fait le premier pas
Juste frémir de joie
En imaginant
Qu’ils seront
Très bientôt suivis
Par les petits enfants
Jacques Herman
2012
10:39 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
04.05.2012
Myrtille
Dans les yeux de Myrtille
Que de poussières
Que de poussières
Rien à vrai dire qui ne scintille
Mais des cendres d’amours
Depuis longtemps refroidies
Et sur son corps
Que le vent dénude
Des relents de terre humide
Et des effluves de mort
Ses lèvres blanchies
N’articuleront plus
Jamais aucun mot
Au plus près de ses pieds
Je dépose des fleurs
Un brin défraîchies
Jacques Herman
2012
15:01 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
02.05.2012
Marrakech
Seize heures trente à Marrakech
Ce mardi trois janvier
De la montagne
Qui lui est dédiée
Atlas à ce que l’on dit
Va bientôt débouler
Les cheveux au vent
Il s’arrêtera
Dans une venelle
Près de la place
Jemâa el Fna
Sur la façade
D’une maison
De la ruelle on fixera
Rappelant à jamais
L’épisode insensé
Inattendu
Inespéré
De l’un des Titans
Une pierre gravée
Sur laquelle on lira
Cette étrange mention
C’est en ce lieu
Qu’Atlas s’arrêta
Pour humer l’air
De la médina
Jacques Herman
2012
14:41 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note



