Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

30/09/2007

Tout est eau

Des fleuves et des canaux
Des rivières et des ruisseaux
Tout est eau
Tôt comme l'aube d'été
Tôt comme Pâques cette année
Tôt comme moi
Qui dois prendre le train
Train quotidien


© Jacques Herman - 2007

22:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Appelle-moi

Appelle-moi
C'est ton silence
Qui m'est insupportable
Appelle-moi
Qu'importe pourquoi
Je me plie à
Tous tes désirs
Mais de grâce
Appelle-moi
Ne me laisse pas
Dans les parvis du monde
Dans les coulisses sombres
Du théâtre de la vie
Appelle-moi
Tu sais que je reste
Quoiqu'il arrive
A l'écoute
Le coeur palpitant
L'esprit plein de doutes
Appelle-moi


© Jacques Herman - 2007

16:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Relève-toi

Résiste
Relève-toi
Un peu de courage
Et de dignité
Voyons

C'est quoi
Cette loque humaine
Ce haillon
Couché face
Contre terre
Réponds

Quoi
Tu ne bronches pas
Es-tu sourd
Voyons
Réponds
Es-tu sourd

Es-tu sourd
Réponds
Voyons

Non Monsieur
Non
Me dit une voix
Inconnue
Il ne bougera pas
Il vient de mourir
Et j'ai bien de la peine




© Jacques Herman - 2007

15:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Moisson

Si tu traces
Des sillons
Qui s'effacent
A quoi bon

Les poètes ont raison
De s'ouvrir aux mots qui passent
S'ils restent simples comme la vie
Que mènent
Ces paysans qu'on aime
Quand ils sèment
Dans la terre fertile
Nourricière
Des graines
Qui deviendront du blé



© Jacques Herman - 2007

15:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Votre glaciale majesté

Tant que le froid recouvre
Votre cœur et y dépose
Ces tout petits glaçons
Qui le couronnent de majesté
Saisir nos peines
Nos douleurs
Nos chagrins
Vous est un monde étranger

Nous faut-il attendre la belle saison
Les réchauffements de l'été
Et poser le bâillon
Sur nos susceptibilités

Faut-il dès à présent
Nous incliner devant vous
Selon le protocole
De la cour des grands et des gens bien nés
Nous jeter à vos pieds
Et nous y confondre
En parfaite humilité


© Jacques Herman 2005

15:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

A côté de l'oratoire

Nous marchons en silence
Sur les feuilles tombées
Ce matin des platanes
Nous croisons à côté
D'un petit oratoire
Des hommes encapuchonnés

Un chien sans collier
S'approche du ruisseau
Pour y boire
Et le ciel à l'ouest
S'est enflammé

Que sommes-nous
Venus faire ce soir
En ces lieux retirés
Imbibés de mystère

Au pied d'un arbre dénudé
Une femme s'est agenouillée
Et s'abîme en prières
Que Dieu veuille l'écouter


© Jacques Herman - 2006

15:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

A l'ami mort depuis trente ans

Sous terre
Que signifie le jour
Que signifie la nuit
Quel est le sens du temps
Qui passe
Ami
Que j'ai tant pleuré

La mort t'a figé
Dans la terre humide
D'un cimetière
De banlieue

Lorsqu'on t'y plongea
On affirma
Péremptoirement
Que tu t'étais endormi
Paisiblement
Dans ton lit

Ce matin
Mais tu l'ignores
Il ne fait pas très beau
Le ciel comme un bateau
Navigue dans les gris

En trente ans
Le monde a changé
Et nous avons vieilli
Nous irons te rejoindre
Bientôt
Et si tu le veux
Nous en parlerons ensemble


© Jacques Herman 2005

15:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Dernières paroles

La vie s'éloigne
De lui à petits pas
Et la mort le remplit
Goutte à goutte
On perçoit dans la chambre
Les prémices du trépas

Il tremblote un peu
Regarde le plafond
En direction des cieux

Il sait
Que tout sera bientôt fini
Dans un ultime effort
Il articule encore
Deux ou trois mots

Autour du lit
On tend l'oreille
On ne le comprend pas
Les héritiers sont à l'écoute

On lui demande de répéter
On serait prêt
Sans aucun doute
A le brusquer
Pour qu'il articule mieux
Mais rien n'y fait

Moi qui n'ai pas
L'ouïe très fine
J'ai compris
Qu'il a dit
Simplement
Je m'en vais



© Jacques Herman - 2007

11:37 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Dire les choses à l'envers

L'automne a déposé
Sur ta bouche un parfum
Frais et vanillé
Peu commun

Et depuis lors tu parles
En inversant les mots
Pour la vie
Tu dis mort
Tu dis nuit
Pour le jour
Haine pour amour
Tu confonds bas et haut
La surface et le fond

Voilà pourquoi j'attends
Dans la brume et l'impatience
La prochaine saison

Les frimas de l'hiver
Sûrement t'empêcheront
De dire les choses
Du monde à l'envers



© Jacques Herman - 2007

11:30 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Simon

Les yeux de Simon
Faut-il ô silence
En parler toi qui
Ne vis
Que d'indifférence
Se fixent au centre
Du grand plafond blanc

Alors lentement
Très lentement
Simon du regard
Décroche des nuages
Un à un puis les pose
Devant lui
Comme des pétales de roses
Précautionneusement

Sans l'ombre d'un cérémonial
L'un après l'autre nous nous levons
Nous nous éclipsons
Lucide plus
Que de raison
Simon reste seul à la table du fond


© Jacques Herman - 2007

11:30 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)