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31/08/2008

Murs encollés

Les murs qu’on encolle

sont devenus sourds

par les couches d’affiches

qu’on y colle et décolle

depuis tant d’années

 

Leurs oreilles ont fini

par se boucher

 

Voilà pourquoi sans doute

on papote

on médit

on radote

impunément à leur pied

 

 

 

Jacques Herman - 2008

 

 

14:10 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

30/08/2008

Coquelicot

Emportée par le vent
Et le hasard peut-être
Une fleur des champs
Vint s’accrocher
Au volet vert et blanc
De la grande fenêtre
Au premier étage
De l’auberge qui
Déjà pleine à ras bord
De géraniums
De pétunias
D'anémones
N’en demandait pas tant

Gênée
Intimidée
La mine défaite
Et le coeur gros
Mal à l’aise en ce milieu
De belles autochtones
La fleur des champs
Rougit un peu
On eût dit un coquelicot




Jacques Herman 2005

09:25 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

29/08/2008

Nous qui restons ici-bas

Enlevé subitement

A leur tendre affection

Puisqu'il a plu à Dieu

De le rappeler à Lui

Il plongea sa famille

Ses proches

Ses amis

Dans la tristesse feinte

Ou la sincère affliction

 

Il est connu que ce sont

Les meilleurs qui partent

En premier

 

Et de m'interroger

Sur nous qui restons

Encore ici-bas

Tandis qu'au clocher

Sonne

Sonne

Triste et monotone

Le glas

 

 

ã Jacques Herman - 2008

 

13:35 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

27/08/2008

J'ai tout oublié d'elle

J’ai tout oublié d’elle
La douceur de ses seins
La couleur de ses yeux
Le manteau bleu
Qu’elle portait ouvert
Même en plein hiver
Par grand froid

J’ai tout oublié d’elle
Mais il m’arrive parfois
Qu’en frôlant une femme
Au hasard d’une rue
Virevoltent légères
Des fragrances qui
Ne me sont pas inconnues

Alors des morceaux
De son âme reviennent
Comme pour s'incruster en moi
Mais à chaque fois
Le vent cruel
Les emporte trop tôt


Jacques Herman - 2008

16:25 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

25/08/2008

Une barbe à papa

En marchant dessus

Il n’a pas entendu

La branche craquer

 

La forêt endolorie

Dénombre les crimes

Qu’il a commis

Aucun ne lui sera pardonné

Pas un péché ne lui sera remis

Comme le dit le curé

A moins qu’il ne se repente

Mais il ne s’est jamais repenti

 

Il écrase à l’envi

Escargots et limaces

Fleurs

Herbes

Feuilles vivantes

Dans l’attente

Indicible de leur agonie

 

Il cherche à déplaire

Aux nuages qui passent

La tête en l’air

Il leur fait des grimaces

 

Et l’orage gronde

Gronde

Mais il ne bronche pas

 

Le soir il s’en va

Faire un tour sur la

Grande roue

Et rit de voir

A ses pieds

Le monde si petit

Si petit

Pendant qu’il mange

Sa barbe à papa

 © Jacques Herman - 2008

12:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

23/08/2008

L'envol des mots

Chacun des mots
De ses poèmes
Au matin blême
Fuit

Il ne reste à midi
Que le blanc des pages
Et dans le ciel
Inaccessibles
Des traces d’encre noire
Qui volent
En compagnie
D’oies sauvages

Le poète déçu
Amer
Attristé
S’assied alors sur la plage
Et regarde la mer
Jusqu’à ce que
Tombe le soir
Puis écrit de nouveau
Et se nourrit d’espoir



© Jacques Herman - 2008

17:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

22/08/2008

Par désoeuvrement

Allons bon
Fermons les yeux
Chantons la ritournelle
Des gens heureux

Un bandeau noir
Que l’on dit arc-en-ciel
Nous recouvre les yeux

Privé de vue
Nous somme des anges
Dépourvus d’ailes

On entend de partout
Des cris
Des bêlements
La terre frissonne
Des chiens aboient en bégayant
Des oies caquettent
Et juste à côté de moi
Deux chats ronronnent

Il ne fait pas très chaud
Et pourtant
J’enlève mon écharpe
Rouge et mon manteau
Et ma casquette
En laine d’astrakan
Puis me pends à ton cou
Par amour
Peut-être
Ou Dieu me pardonne
Par désoeuvrement

© Jacques Herman - 2008

22:35 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

20/08/2008

Comme un forcené

Il pleut des cordes et du miel
A l’ombre de ta raison
Tandis qu’au pied de ta maison
S’enracine un arc-en-ciel

C’est l’heure où la mégère
Aux trois mouflets
Vient à passer
La voilà qui reluque
De bas en haut
De haut en bas
La volée d’escaliers
Qui me sépare du toit
Et je me mets à hurler
M’époumonant comme
Un forcené

Puis prenant ses jambes à son cou
Elle disparaît à l’horizon

Je libère alors les papillons
Qu’un méchant garçon
Avait épinglés
Sur un carré de coton

Ils prendront leur envol
Reviendront à la vie
Aussitôt que la brise
Viendra souffler
Sur leurs ailes endolories



© Jacques Herman - 2008

09:30 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

18/08/2008

Entre les seins de ma voisine

Violonistes à vos violons
Contorsionnistes à vos contorsions
Boulangers à vos fourneaux
Plombiers à vos tuyaux
Que chacun prenne la place
Qui lui est dévolue

La mienne se situe
Entre les seins de
Ma voisine du
Cinquième étage

Elle m’a dit que bientôt
Mais qu’y puis-je
Elle irait s’établir ailleurs
Peut-être dans
Un autre pays
Moins pluvieux
Moins froid
Moins gris
Faut-il que moi aussi
Je déménage

Mais alors
Mais alors
Mais alors que ferais-je de
Mes chaises bancales
Ma commode Louis treize
Mon couple de bengalis
Et mon poisson dans son bocal


Jacques Herman - 2008

19:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Une goutte d'huile vierge

Une goutte d'huile

Vierge dite de la Pucelle

Coule sur le mur

De béton blanchi

Par le sel


Un doigt

Boudiné

Tente de l'arrêter

Dans la verticalité

De son voyage


Mais c'est sans compter

Que la finaude

A l'habitude

Des contournements


Sur la terrasse

Du café

Des clients âgés

Jouent aux cartes

Pour tuer le temps


Mais le temps ne l'entend

Pas de cette oreille

Le temps résiste

Il tient diablement

Bien le coup

Tandis que la goutte

D'huile se casse le cou

En atteignant la jointure

Du sol et du mur




© Jacques Herman - 2008

18:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)