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21/11/2008

Fin de ville

Laissez-moi tranquille

Vous savez bien que je ne peux rien changer

A l’effacement des maisons de la ville

Qu’il m’est impossible de modifier

L’étrange volonté de gommer les toits

Les murs

Les arbres et les fleurs des jardins

Publics et privés

 

La face rougie

Comme enfiévrée

Le vent n’y est pour rien

Les mains jointes

Les yeux embués

Vous me suppliez

 

Je ne puis et de loin

Corriger le plan divin

Mais je compatis à votre douleur

Comme ces pigeons qui ont cessé

Depuis longtemps de roucouler

Ou la marchande des quatre saisons

Qui pleure discrètement sous le balcon

De l’étude du notaire

 

Je ne perçois à présent

Pourquoi le taire

Que des cris stridents

Nés des douleurs brûlantes

Des plantes arrachées

 

On dit que

Selon toute vraisemblance

Il ne doit demeurer

De ces lieux en souffrance

Que nos souvenirs d’enfance

Et la bonne du curé

Dévêtue

Siphonnée

Qui danse

Qui danse

Hautaine et fière

Un tantinet lascive

Dans les allées du cimetière

Dont les tombes seront

Bientôt désaffectées

 

La ville se meurt

On va bientôt

La rayer de la carte

Un poète ami

S’écrie

Ô mon pays natal

On te crucifie

On te crucifie

Puis il s’élance à travers champ

Sur un cheval au galop

A la vitesse du vent

 

Jacques Herman - 2008

 

 

 

09:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

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