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08/06/2009

Ne pas

Ne pas résister
A l’appel des sirènes

Ne pas tirer sur l’ambulance
Non plus

Ne pas tuer le temps
Sans disposer des moyens nécessaires

Ne pas signer de pacte
Devant notaire
Avec le diable dont les griffes
Se plantent profondément
Dans la chair déjà si faible
Par nature

Ne pas confondre
Les rochers de Mémise
Et le casque de Bérée
Ni Vincent Voiture
Et Honoré d’Urfé
Ni Sully Prudhomme
Et François Coppée
Ni la bise
Et le vent
Ni le Lac de Genève
Et le Lac Léman

Ne pas avaler
Les couleuvres quand
Bien même on les servirait
Sur un plateau d’argent

Ne pas plonger ses yeux
Dans les yeux embués
Des saints étêtés
Du martyrologe

Ne pas uriner
Contre le pied
Des lampadaires
A l’instar de ce chien
En mal de lumière

Ne pas convoler
En justes noces
Si les injustes
Sont à notre portée

Ne pas chercher midi
A quatorze heures trente-deux
Qui est l’heure du départ
Du train bleu
Quai dix-huit

Ne pas chercher noise
A la bonne du curé

Ne pas s’appuyer
Contre la balustrade
De crainte qu’elle ne se brise

Ne pas trembler comme une feuille
Ne pas cracher dans la soupe
Ne pas se mouiller
Surtout ne pas se mouiller
Sous peine d’être jeté
Au ban de la société
Bien pensante
Bien pensante


Jacques Herman
2009

14:54 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

j'ai lu peu de poèmes si longs chez toi!!!
on lit d'une traite, sans à peine prendre une respiration, pour ne pas en perdre une miette!

Écrit par : den.hall | 10/06/2009

tu as raison: c'est rare chez cette longueur de poème!

Écrit par : Jacques Herman | 10/06/2009

Les commentaires sont fermés.