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13/09/2010

Titus

C’était un soleil vert qui éclairait le temps qui si longtemps fut sien. Les heures les plus douces qu’avec Titus il passa, se laissaient parfois traverser par le vent.

 

Il pleuvait des notes que les dieux égrainaient mais que Titus et lui ne récoltaient que dans les moments de rare silence.

 

Il en était qui pourrissaient au sol et dont les os blanchis finissaient par éclater comme des bulles de savon.

Les autres, en s’envolant, s’accrochaient elles-mêmes aux portées. Elles savaient instinctivement où et quand s’arrêter.

 

Il suffisait alors de faire asseoir la solitude sur le tabouret du piano. Elle cousait parfois de ses doigts fins de dentellière les portées sur les pages, puis réunissait les feuilles en cahiers jusqu’au surgissement, ni infime, ni grandiose, de la partition, complète et irisée comme une écaille de poisson.

 

C’était le lieu, c’était l’instant, de l’effacement momentané du monde.

 

 

Jacques Herman

17:12 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

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