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15/10/2010

Le regard ombrageux des passants

Prendre une feuille morte - l'essence de l'arbre importe peu -  et la rouler entre les doigts, très doucement, jusqu'à ce qu'elle se brise bruyamment.

 

Suivre des yeux le vol imaginaire d'un bourdon, si possible en imitant, avec détachement et sans inhibition, son insupportable vrombissement.

 

Regarder la lune, les yeux dans les yeux, jusqu'à l'éblouissement, puis dénombrer les cratères en faisant coulisser les billes colorées  d'un boulier compteur.

 

Se coiffer d'un entonnoir géant, s'affubler d'un nez rouge de clown, par nature déstabilisant, et marcher en titubant, le sourire aux lèvres jusqu'au bout de l'avenue. S'arrêter en miaulant au pied du dernier réverbère ou se prosterner   humblement devant la première fille nue sous un manteau d'astrakhan.

 

Enfin, s'il en est temps encore, rentrer chez soi, relever avec soin les impressions du jour, avant de s'endormir avec l'image du regard ombrageux des passants.

 

 

Jacques Herman

2010

 

13:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

il est, je crois, plus facile de s'arrêter en miaulent au bord d'un réverbère que de trouver une fille nue sous son manteau d'astrakan, à moins que la fourrure synthétique soit acceptée!

Écrit par : denhall | 16/10/2010

Les commentaires sont fermés.