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28/09/2012

Sans incident

Les yeux bandés

Avec pour seul espoir

D’atteindre le trottoir

D’en face sans tomber

Elle était attentive 

Aux bruits ordinaires

De nos agitations

 

Les marchands ambulants

De glace et de ballons

Le gros chien qui aboie

Intempestivement

Les chauffeurs imprudents

Le chaton trop confiant

Et les enfants jouant

A saute-mouton

 

Contre toute attente

Elle est arrivée

De l’autre côté

De la grande avenue

A demi-nue

Et sans incident

 

 

Jacques Herman

2012 

21:16 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

24/09/2012

Tu attends le train

Tu attends le train

De deux heures vingt-deux

Mais il ne viendra pas

Il ne serait pas

D’humeur à bouger

Si l’on se fie

Aux dernières rumeurs

 

L’un a osé dire

De lui qu’il avait peur

L’autre qu’il entendait

Ainsi  manifester

Mais personne

A parler franc

N’est bien informé

 

Cela fait longtemps

Qu’on l’entendait se plaindre

A longueur de journée

Mais nul n’a jamais su

L’objet de ses douleurs

Ce que l’on peut dire

Sans risque d’erreur

C’est qu’il n’est pas prêt

Pour l’heure d’arriver

 

 

Jacques Herman

2012

 

08:04 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

20/09/2012

Chaque jour du ciel

Chaque jour du ciel

Naissent silencieuses

Un peu timides d’abord

Comme les débutantes

Des étoiles nouvelles

 

On les nomme pour mieux

Se les approprier

Comme pour leur donner

Le droit fondamental

A leur propre existence

 

On les montre du doigt

On leur parle parfois

Familièrement

Ou avec déférence

Selon le cas

 

Mais on finit toujours

Par les assimiler

Comme celles que

Nous connaissions déjà

Depuis tant d’années

Fidèles logeuses 

Des profondeurs du ciel

Qu’elles entendent habiter

 

 

Jacques Herman

2012

 

12:25 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

16/09/2012

Je t'écris des mots verts

Je t’écris des mots verts

Tout droit sortis

Des brumes du coeur

Et qui vont se faner

Inexorablement

Comme ces fleurs

Fraîchement coupées

Dont la vie éphémère

Ne tient qu’au désir

De survie dérisoire

 

Je t’écris des mots verts

D’une plume tremblante

Et mal assurée

 

Je t’écris des mots verts

Comme l’herbe tendre

Où tu t’es couchée

 

 

Jaques Herman

2012

 

21:09 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

12/09/2012

Tu t'assieds sur la vague

Tu t’assieds sur la vague

Le regard perdu

Juste un peu au-dessus

De la ligne d’horizon

 

Tu te laisses conduire

Minuscule fétu

Poussé par les vents

Et la force de l’eau 

Puissante de l’océan

Tu n’as de regret

Que celui d’être né

 

Parfois tu te plais

A t’imaginer

Qu’au-delà des limites

Fragiles du temps

Des vibrations d’espoir

Se profileraient

De l’autre côté

 

Que tous les dieux du ciel

Et tous ceux de la terre

Te mènent à bon port

Quand les rideaux épais

En s’ouvrant t’offriront

Le sourire avenant

Et les bras de la mort

 

 

Jacques Herman

2012

 

08:29 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

08/09/2012

La cruche et la jetée

Tant va la cruche à l’eau

Qu’elle finit par se briser

Contre les rochers sombres

De la longue jetée

Qui fait montre de diviser

La mer en deux parties

Dont la seconde se perd

Dans la brume infinie

Qui bouche l’horizon

 

La cruche en éclatant

Hurle à nos oreilles

Comme le rire strident

Des minutes moqueuses

Vaincues dans le sang

Par les heures

Sereines

Fières et silencieuses

Préparées au combat

Depuis très longtemps

 

La jetée ne dit mot

Fait mine d’ignorer

Le sort inéluctable

De la cruche brisée

Et les vagues écumeuses

La fouettent durement

Ou selon la force des vents

Les jours et les humeurs

Se font douces comme

Des rêves caressants

 

 

Jacques Herman

2012

 

22:08 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

04/09/2012

Insultes du temps

La façade était blanche

La moindre souillure 

Rompait sa perfection

Un cri tombé du ciel

Des larmes brûlantes

D’un nuage attristé

Une fiente inattendue

D’un oiseau de passage

S’ajoutaient aux 

Insultes du temps

Aux injures subies

Par tous les bâtiments

Noirceur des fumées

Taches et fêlures

Chant zigzagant

Des moindres fissures

 

Pareille à notre âme

Une façade 

N’est jamais blanche

Que jusqu’à ses

Premiers tourments

 

 

 

Jacques Herman

2012

 

12:48 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)