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28/02/2017

Le poème comme un chien

LE POEME COMME UN CHIEN

 

 

Le poème parle à lui-même

Pour se gonfler les poumons

Puis il soupire

Ferme les yeux

On dirait qu’il s’étire

Se couche sur le papier

Comme le chien dans son panier

 

Il s’endort seul

Et seul il se réveille

Au matin blême

En tendant l’oreille

 

Doucement le poète

Enserre son cou d’un collier de cuir

Accroche une laisse

Et s’apprête à le sortir

Mais il lape quelques mots

Désaltérants dans sa gamelle

Fait le gros

Et souvent sans rechigner

Passe la porte du palier

 

Le poème tourne en rond

Puis se soulage

Dans l’herbe bleue du jardin

Et remonte aussitôt

La besogne faite

 

Comme il n’a pas de lecteur

Pas de public

Pas d’auditeur

Il vaque à ses méditations

Pensif

Dépité

Songeur

Mais il jouit de la chaleur

De sa petite maison

 

 

Jacques Herman

2017

02:06 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (3)

26/02/2017

Janvier

JANVIER

 

 

Janvier cache en son cœur

Tous les mois à venir

Il sait qu’il va mourir

Mais rumine en secret

 

Les jours passent

Comme un chatouillement

Comme ces flaques d’eau

Que l’on croirait frémir

Et qui bientôt trépassent

Sous le soleil ardent

 

Illusions projetées

Sur l’écran des nuits sombres

Qui tapissent le temps

Rêves qui se meurent

Sous le glaive des ombres

Qui surgissent toujours

Au tout dernier moment

 

Janvier joue l’innocence

Feint de tout ignorer

Il garde le silence

Et au dernier instant

Passe la main

À peine tremblante

Au mois de février

 

 

Jacques Herman

2017

 

 

 

 

 

 

 

 

17:51 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

20/02/2017

Tu chuchotes à ton ombre

TU CHUCHOTES A TON OMBRE

 

 

 

Le petit bateau prend l’eau

L’immensité grise

De la mer éclate

Tu chuchotes à ton ombre

Et ton Dieu ne répond pas

 

Mais le fleuve étoilé

Du ciel toujours t’épate

Et dans ton rêve ultime

Tu t’y vois habiter

 

Par ta raison vieillie

Pleine de rides

De vieillard édenté

Ton embarcation

Soudain lâche les brides

Et l’imagination

Te sert alors de guide

 

Dans un champ jaune d’algues

Te voilà fin prêt

Enfin à te noyer

 

 

Jacques Herman

2017

 

 

 

 

11:40 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Roi de paccotille

Les siècles ruissellent

Des tours médiévales

Et des blondes cheminées

De l’usine bancale

Des contrefaçons du temps

 

Du ciel gris de Payne

Que la main de Dieu

Entrouvre à l’instant

Tombent des flots incessants

De fleurs jaunes orangées

Dont le goût sur tes lèvres

Ressemblent au miel

Elles en trouvent gênées

 

Tu tripatouilles entre tes doigts

Blancs comme la craie

Une cordelette à nœuds

Qui te sert de mesure

Ton âme vole à l’aventure

Et l’oiseau imbécile

Qui défèque sur moi

Se fait petit en s’éloignant

 

Tu me dis bêtement

Te voilà devenu roi

 

De quel Etat

Et de quel temps ?

 

Ta réponse est brumeuse

Sans doute fallacieuse

Mais qu’importe en te voyant

Sourire je suis ravi

Satisfait et content

 

Le blé va mûrir

Dis-tu mais je sais

Sa mort inéluctable

Je joue carte sur table

Puisque la mienne aussi

Finira lamentable

Comme une goutte d’eau

Que la terre sablonneuse

Avalera goulument

 

 

Jacques Herman

2017

 

 

 

11:36 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

La mort lui tomba dessus

LA MORT LUI TOMBA DESSUS

 

 

La mort lui tomba

Dessus comme un frisson

Comme un peu de soleil

D’humeure assassine

Vient occire un glaçon

Comme on tourne un bouton

Pour tuer la lumière

Comme l’ arrêt du temps

Qu’inflige un revolver

Dans les mains d’un enfant

 

La mort lui tomba dessus

Comme éclatent les rires

Sans rime ni raison

 

Il n’a rien vu venir

Et de grands oiseaux noirs

Se dilatent et remplissent

Le ciel à l’horizon

 

Jacques Herman

11:33 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Rives solitaires

Les nuits n’ont plus de fin

Les humeurs au matin

Comme des brouillards

Toujours s’épaississant

S’emparent sans vergogne

Des rives solitaires

 

Dans le sable insulaire

Nos regards acérés

S’attardent sur les traces

Profondes

Inquiétantes

De pieds de géants

 

Le ciel nous fait signe

Dans son obstination

A ne pas s’éclaircir

Dans la marche du temps 

 

Tout concourt à nous dire

Que les anges rechignent

Avec ostentation

A semer dans nos cœurs

Des propos rassurants

 

Jacques Herman

2017

10:20 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)