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25/07/2017

Une enquête s'ouvrit

UNE ENQUÊTE S’OUVRIT

 

 

A l’aube du huitième jour

A la frontière du champ

De blé que cultivait

Un pauvre paysan

Un général est mort

 

On ne doit qu’au hasard

D’avoir trouvé son corps

Troué de part en part

Et que l’on autopsia

Dit-on

Dans les règles de l’art

 

Dans l’une de ses poches

On découvrit

Chose étrange

Dans les pages d’un passeport

Une fleur totalement

Inconnue dans la flore

Trois plumes de mésange

Des brins de trèfle fané

Deux pétales de rose

Et quelques grains de blé

 

Dès lors on suspecta

Le cas d’être complexe

Une enquête s’ouvrit

Tout le monde en parla

 

Rarement un décès

En ces lieux suscitait

Un tel remue-ménage

 

Les cancans

Les rumeurs

Les commérages

Se répandaient

A toute vapeur

 

Les années ont passé

Sur le village

Mais les questions demeurent

Toujours sans réponse

Et ça

Vois-tu

C’est un pur bonheur

 

 

Jacques Herman

2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

12:38 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

17/07/2017

Doigt de l'ange

 

L’ange d’un doigt

Pointé vers le cercle

Paraît effleurer

Le point central

Où tout est un

 

De fait il ne touche rien

Mais il montre d’une main

Aussi légère

Qu’une brise matinale

L’au-delà du décor

Toujours éphémère

Et l’accès sans effort

À l’unique chemin

Vers la pleine lumière

 

Et d’une voix douce

L’ange murmure

Que c’est par sa conscience

Que l’homme est par nature

Relié au divin

 

 

Jacques Herman

2017

22:29 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

14/07/2017

Inaccessible ou lointain

INACCESSIBLE OU LOINTAIN

 

 

 

Tout ce que cela comporte

Tout ce que cela contient

Te demeurera

Pour toujours étranger

Inaccessible ou lointain

 

Regarde à droite

La dame à la licorne en son jardin clos

Mais sans aucune porte

 

À gauche

Le serpent de la genèse

Se faufilant à l’aise

Dans l’herbe bleue

Que la brise se plaît

À faire onduler

Apparemment en vain

 

Et dans un coin obscur

De la toile détendue

Une oreille poilue

Arrachée par le vent

 

Imagine ajouter

D’un pinceau élégant

Un soir de pleine lune

Une trompette

Un tambourin

Un couple de canards

Quelques bonnets phrygiens
Et perché à la tribune

Une sorte de chat botté

Qui nous foudroie du regard

 

 

Jacques Herman

2017

 

 

 

 

10:02 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (3)

01/07/2017

Et sur l'autre rive

ET SUR L’AUTRE RIVE

 

 

Les corps allongés

Dans les algues du port

Suintent

Tandis que perché sur la hune

Un aigle géant que le vent déplume

Ouvre ses ailes en fixant

De ses yeux perçants

La ligne d’horizon

Où le ciel divorce

A jamais de l’océan

Comme quoi?

Comme quoi?

Comme des mots qui se séparent

De l’air de la chanson

 

On l’entend qui hurle

D’une voix de stentor :

« Les femmes et les enfants d’abord! »

Puis :

« Transportez les vivants

S’il en reste

Dans les dunes à bâbord! »

 

Les vivants ?

Mais il n’en reste aucun

Pas même celui

Qui en ce jour écrit

Ces mots que vous lisez

 

Ah ! nous avons souffert

De ces longues attentes

Des batailles sans fin

Des luttes incessantes

 

Notre sang a coulé

Partout

Jusqu’aux trous

Qui servent parfois de sépultures

Où l’on porte en terre

Pêle-mêle

Les morts et les ordures

 

Ah ! nous avons souffert

Des gerçures du cœur

C’est la guerre !

C’est la guerre !

Certes

Mais nos âmes endurcies

Qui ont tremblé d’abord

Ont fini naufragées

Comme les barques pourries

Dans un coin du vieux port

 

Ah ! nous avons souffert

Des gerçures du cœur

C’est la guerre !

C’est la guerre !

Certes

Mais nos âmes endurcies

Entendent encore

Les tirs en embuscade

Le crépitement glauque

Des feux ravageurs

L’explosion des grenades

 

Et la douleur

Se fait lancinante

Sous les coups des aiguilles

Affûtées

Transperçantes

Arrachées aux cadrans

De vieilles horloges

Dont les heures

Comme nous

Ont échappé au temps

 

Et sur l’autre rive

Où campent les vivants

On dit qu’on s’interroge

Et qu’on reste vigilant

 

 

Jacques Herman

2017

 

 

20:38 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)