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27/10/2009

Lumière

J'y vois clair enfin

Ce n'est pas trop tôt

 

La pénombre vient

D'être vendue

A la foire aux chapeaux

 

Et l'ombre est morte

Lâchement abattue

Par un trait de lumière

Sur le trottoir devant ma porte

 

 

Jacques Herman

2009

18:41 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

26/10/2009

Vive la mariée

Tu t'apprêtes à sortir

A te mêler 

Discrètement à la foule

Qui rentre de la plage

 

Sur le chemin sablonneux 

Qui longe les dunes

Tu marches d'un pas décidé

 

Mais tu fais attention

A ne pas tomber

Devant tout le monde

Il ne faudrait pas 

Te ridiculiser

 

Et voilà l'orage

Qui se met de la partie

Qui déchire

Le ciel ardoisé

 

Tu te dis qu'il serait sage

De ne pas traîner

Tu te mets à courir

 

Du haut du phare

Au bout de la jetée

Un vieillard crie

De toutes ses forces

Vive la mariée

 

Des mouettes volent

Au-dessus de nous

On les entend rire

 

 

Jacques Herman

2009

15:33 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

25/10/2009

Pénombre

Le jour se meurt

Gilbert aussi

 

Dans la chambre

La pénombre s'épaissit

 

On dirait que des fleurs

S'ouvrent et se ferment

Alternativement

Entre la tête du lit

Et la tête du mourant

 

Quand la vie fait naufrage

Le coeur s'obscurcit

La femme de Gilbert

S'exerce au veuvage

 

 

Jacques Herman

2009

11:34 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

24/10/2009

Une histoire

C'est une histoire 

Saugrenue

Inconvenante

Incongrue

Qu'il convient 

De taire

Ou d'effacer

 

A vos pelles

Fossoyeurs

Il faut qu'on l'enterre

Et qu'elle meure oubliée

 

Vous me demandez

Madame

S'il s'agit

D'un conte à dormir debout

D'une fable

D'une rumeur

D'un mythe qu'on véhicule

Chez les folliculaires

Et chez les chroniqueurs

A deux sous

 

Bien au contraire

C'est une histoire vraie

Que l'on dirait apparentée

A ces boeufs écorchés

De Soutine

Une histoire

Avec du sang qui dégouline

Et qui sue la douleur

 

 

Jacques Herman

2009

00:09 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

23/10/2009

Qu'il se mouche

Son nez déborde d'émotion

Mais qu'il se mouche

Dit-on 

Qu'il se mouche

 

Le sable à ses pieds se dérobe

La vague roule son écume

Sur la vague suivante

Et meurt d'inanition

Entre les algues et

Les coquillages

 

Il apprend par coeur

Les leçons du ciel

Et de la plage

Tous deux déserts

A cette heure

En cette saison

 

 

Jacques Herman

2009

22:33 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

22/10/2009

Cordes

Il a souri
Il nous a dit
Il faut à présent
Que je m'en aille
L'orage approche

Quand il s'est mis
A pleuvoir des cordes
On l'a vu tendre la main
Cueillir l'une d'entre elles
Et s'y pendre

Il ne nous reste de lui
Qu'une image un peu floue
Qui flotte entre terre et  ciel
Juste au-dessus des champs


Jacques Herman
2009

08:56 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

21/10/2009

Combattant

Assis
Fatigué
Repu
Il digère
Le sang qu'il a bu
Dans les entrailles fragmentées
De la terre
Déchiquetée
Mise à nu
Par l'ivresse
Et l'opacité
Des voracités guerrières


Jacques Herman
2009

16:53 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

20/10/2009

Etang long d'Arbaz

Il trempa l'index
De sa main droite
Dans l'Etang Long d'Arbaz
Le pointa vers le ciel
Encore clair
A cette heure du jour
Puis traça
Soigneusement
Des lettres
Invisibles à nos yeux

Comme nous lui demandions
Ce qu'il avait écrit
Nous fûmes surpris
De voir l'empressement
Avec lequel il effaça
Les mots du bout de ses doigts


Jacques Herman
2009

00:32 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

19/10/2009

Angora

La ville déborde d'ennui

Comme un fleuve qui 

Ne peut plus retenir ses eaux

Derrière les volets mi-clos

De l'agence de voyage

Un angora ronronne

Le silence ambiant

Vient d'être rompu 

Par le cri du boucher

Qui s'est coupé un doigt

Et saigne abondamment

 

 

Jacques Herman

2009

14:44 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

18/10/2009

Musique de roseaux

Tout en elles
Est musique de roseaux

Sur l'écran bleu du ciel
D'un index encré de rouge
J'écris leur partition

Elles chantent l'âme à nu
Leurs vérités intimes
Leurs chaudes profondeurs
Comme des oiseaux

Et nous feignons de croire
Que nous avons tout vu
Tout entendu
Nous jouons la carte
De l'indifférence

Et quand nous les avons perdues
A l'horizon de nos vanités
Nous les pleurons en silence


Jacques Herman
2009

11:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)