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21/10/2009

Combattant

Assis
Fatigué
Repu
Il digère
Le sang qu'il a bu
Dans les entrailles fragmentées
De la terre
Déchiquetée
Mise à nu
Par l'ivresse
Et l'opacité
Des voracités guerrières


Jacques Herman
2009

16:53 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

20/10/2009

Etang long d'Arbaz

Il trempa l'index
De sa main droite
Dans l'Etang Long d'Arbaz
Le pointa vers le ciel
Encore clair
A cette heure du jour
Puis traça
Soigneusement
Des lettres
Invisibles à nos yeux

Comme nous lui demandions
Ce qu'il avait écrit
Nous fûmes surpris
De voir l'empressement
Avec lequel il effaça
Les mots du bout de ses doigts


Jacques Herman
2009

00:32 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

19/10/2009

Angora

La ville déborde d'ennui

Comme un fleuve qui 

Ne peut plus retenir ses eaux

Derrière les volets mi-clos

De l'agence de voyage

Un angora ronronne

Le silence ambiant

Vient d'être rompu 

Par le cri du boucher

Qui s'est coupé un doigt

Et saigne abondamment

 

 

Jacques Herman

2009

14:44 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

18/10/2009

Musique de roseaux

Tout en elles
Est musique de roseaux

Sur l'écran bleu du ciel
D'un index encré de rouge
J'écris leur partition

Elles chantent l'âme à nu
Leurs vérités intimes
Leurs chaudes profondeurs
Comme des oiseaux

Et nous feignons de croire
Que nous avons tout vu
Tout entendu
Nous jouons la carte
De l'indifférence

Et quand nous les avons perdues
A l'horizon de nos vanités
Nous les pleurons en silence


Jacques Herman
2009

11:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

17/10/2009

Antilyrisme

Je voudrais apprendre
Le langage du vide
M'approcher avec vous
De l'ivresse du néant
Mais je reviens sans cesse
Antilyrique en diable
Aux chiens sans collier
A la brume du soir
Aux prostituées
Au charme incomparable
Des odeurs du canal
Au profil de l'usine
A l'effacement de soi

Je veux vivre entouré
De lascives sirènes
De vieux anges déchus
De vrais anarchistes
D'écorchés vifs
Qui ne cicatrisent pas
Et courir après vous
Sans ménager ma peine
Vous saisir par les bras
Et vous couronner reine
Du royaume des fous


Jacques Herman
2009

10:47 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

16/10/2009

Qu'importe

Faut-il vous dire
Combien d'étoiles
Vous tournent autour de la tête
Et combien je suis bête
D'avoir omis
D'en informer le monde

Je vous dirai tout
Ce que vous voulez entendre
Et je m'efforcerai
De publier vos louanges partout

Pardonnez à mon chien
D'avoir fait ses besoins
Si près de votre porte
C'est une manie
Chez ce toutou
Quand nous nous promenons
Dans votre quartier

Sans doute
Votre arrogance
Et votre suffisance
Ne sont pas à son goût

Qu'importe
Après tout
Ce qui compte
C'est qu'on parle de vous


Jacques Herman
2009


17:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

15/10/2009

Jardin secret III

J'ai rempli
Ton verre à ras bord
D'amitié douce
Et de velours
Le petit col blanc
Qui le chapeaute
Est de la mousse d'amour

Ne le bois pas
Comme on avale
Une fine au comptoir

Considère-le
Comme ce que je voudrais
Qu'il soit à tes yeux
Un signe
Une parole
Un attouchement discret

Puis cherche en toi les clés
Susceptibles d'ouvrir
La porte dérobée
Du grand jardin secret


Jacques Herman
2009

17:08 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

14/10/2009

Quand il s'ouvrit les veines

Quand il s'ouvrit les veines
Sur le trottoir
Au milieu du jour
C'est de l'encre qui coula

Dans la rue
Chacun ferma
Ses portes
Ses fenêtres
Ses volets
Puis se terra
Comme pour éviter
D'assister à la scène

L'agonie parut
Interminable

L'encre autour de lui sécha
Elle était rouge
Comme du sang


Jacques Herman
2009

01:44 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

13/10/2009

Monologue

Je parle à tout ce qui m'entoure
A l'hirondelle
Au geai des chênes
Aux pigeons qui roucoulent dans la cour

Je parle à la porte du presbytère
Toujours entrouverte
A la glycine fleurie
Au lierre
A l'herbe verte
Que la neige plus que les ans
Blanchit

Je parle aux voisins
Aux belles de nuit
Au fils du notaire
Au boulanger
A la bouchère
A la grande ourse aussi

Je parle à mes pieds
Posés sur un coussin
Je parle aux salamandres
Aux limaces du jardin
Au feu lointain qui rougit l'horizon

Je parle aux oiseaux
Je parle au vent
A l'orage qui gronde
A la nuit des temps
Au soleil luisant
Et aux crapauds


Jacques Herman
2009

09:31 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

12/10/2009

De la corniche de la tour

Tu montes au sommet de la tour
Tu enjambe la balustrade
Et comme un funambule
Sans balancier
Tu tends les bras
Et tu avances
Pas à pas
Dans la corniche

Tu sais bien qu'elle cédera
Mais tu ignores
L'endroit précis
D'où tu partiras
Tête baissée
Dans le décor

Un craquement surgit
Tu trembles un peu
Tu te dis
Ma dernière heure
Est venue
Mais tu te trompes

Encore un pas
La corniche craque
Cette fois
Et tu tombes comme un oiseau blessé
Dont on aurait brisé les ailes


Jacques Herman
2009

17:52 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)