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11/06/2009

Un parfum qui te ressemble

Sur la table une nappe

Dans les jaunes orangés

Sur la nappe des assiettes

Des couverts

Deux tranches de pain

Une poire et

Quelques raisins

Un verre à moitié plein

De vin de pays

Sur la chaise un journal

Défraîchi

Qu’on a lu sans doute

D’un oeil distrait

Près de la porte sur un guéridon

Une bougie allumée

Deux flacons 

Quelques pièces de monnaie

Et dans l’air une fragrance

Elégante et légère

Comme ce parfum 

Que tu portais naguère

Avant de nous quitter

Jacques Herman

2009

19:01 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

10/06/2009

L'heure passe

L’heure passe
S’arrête
Repart
Hésite un instant
Revient sur ses pas
Se gratte le cadran
Du bout du doigt
On dirait bien
Qu’elle s’interroge

Elle me paraît
Un peu fiévreuse
Un brin tremblante
Mal assurée

Mystère du temps
Question sans réponse
Pensée frémissante
Rêve éveillé


Jacques Herman
2009

14:56 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

09/06/2009

Un peintre du dimanche

Couleurs de peau
Couleurs du temps
Couleurs de l’arc-en-ciel
Qui nous lierait à Dieu
En suspens
Dans le vide quelque part
Au-dessus de nous

Couleurs d’un jour d’été
Couleurs affadies des soirées automnales
Qui raccourcissent
Ma bonne dame c’est effrayant
Comme le temps passe

Couleurs des naufrages
Des trous dans l’océan
Des distorsions de l’espace
Couleurs des naufragés
Dont les corps abîmés
Feront probablement
L’objet d’une autopsie

Bien qu’en milieu de semaine
Un peintre du dimanche
Installe son chevalet
Son petit tabouret
Sort deus couteaux
Trois pinceaux
Ouvre une boîte vide
Qu’on aurait cru pleine
Puis du bras
Droit qu’il tend
Prend des mesures
Et sourit bêtement


Jacques Herman
2009

14:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

08/06/2009

Ne pas

Ne pas résister
A l’appel des sirènes

Ne pas tirer sur l’ambulance
Non plus

Ne pas tuer le temps
Sans disposer des moyens nécessaires

Ne pas signer de pacte
Devant notaire
Avec le diable dont les griffes
Se plantent profondément
Dans la chair déjà si faible
Par nature

Ne pas confondre
Les rochers de Mémise
Et le casque de Bérée
Ni Vincent Voiture
Et Honoré d’Urfé
Ni Sully Prudhomme
Et François Coppée
Ni la bise
Et le vent
Ni le Lac de Genève
Et le Lac Léman

Ne pas avaler
Les couleuvres quand
Bien même on les servirait
Sur un plateau d’argent

Ne pas plonger ses yeux
Dans les yeux embués
Des saints étêtés
Du martyrologe

Ne pas uriner
Contre le pied
Des lampadaires
A l’instar de ce chien
En mal de lumière

Ne pas convoler
En justes noces
Si les injustes
Sont à notre portée

Ne pas chercher midi
A quatorze heures trente-deux
Qui est l’heure du départ
Du train bleu
Quai dix-huit

Ne pas chercher noise
A la bonne du curé

Ne pas s’appuyer
Contre la balustrade
De crainte qu’elle ne se brise

Ne pas trembler comme une feuille
Ne pas cracher dans la soupe
Ne pas se mouiller
Surtout ne pas se mouiller
Sous peine d’être jeté
Au ban de la société
Bien pensante
Bien pensante


Jacques Herman
2009

14:54 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

07/06/2009

Cristaux

Tu sais que quand il neige en moi
Je crains que ma peau
Ne se couvre d’une fine
Pellicule de froid
Comme une sorte de verglas
Et j’imagine
Sur mes joues
Des patineurs
Et des skieurs de fond
Qui s’en donnent à coeur joie

Je me gifle alors violemment
Des cristaux se détachent
Et deviennent autant
D’étoiles éphémères
Qui scintillent dans la lumière
Et qui meurent en fondant


Jacques Herman
2009

14:49 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

06/06/2009

Paroles océanes

Le vent caresse 

Le ventre lisse

Des brise-lames

Et des femmes 

Allongées sur le sable nu

De la plage

La mer inlassablement

Répète son discours

Mais elle en modifie

Le ton à l’infini

Auprès d’elle je ne cours 

Aucun risque d’ennui

Dans un profond silence

Je l’écoute parler

Je tente de percer

Le mystère qui l’entoure

Et je prends des notes

A l’évidence

Vaines

Futiles

Au regard de la science

A l’instar

Des billets d’amour

Jacques Herman

2009

14:48 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

05/06/2009

La lune est morte

La lune est morte dans son lit
De quoi qu’elle est morte dis
De quoi qu’elle est morte
La lune est morte d’ennui

Désormais vois-tu
Le ciel n’appartient plus
Qu’au soleil le jour
Aux étoiles et aux planètes la nuit

As-tu remarqué
Que les planètes pleurent

Pourquoi qu’elles pleurent dis
Pourquoi qu’elles pleurent

Question de proximité
Sans doute
Question de proximité


Jacques Herman
2009

14:44 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

04/06/2009

Le colleur d'affiches

Chaque jour à l'aube

Des murs en souffrance

Le colleur d'affiches

Vient arracher 

Des bouts du silence

Qui remplissait 

La ville endormie

 

Il y colle alors

L'insupportable bruit

Des matins douloureux

De l'agitation frénétique

Des réveils agités

 

Dans l'ombre bleutée

D'un long corridor

Par la porte entrouverte

J'observe 

Le lent déclin du jour

Le colleur d'affiches

Me dis-je

Est bientôt de retour

 

 

Jacques Herman

2009

11:08 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

03/06/2009

Une ombre

Il marche dans son ombre
Et elle en souffre
L’ombre
Elle en souffre

Elle voudrait
Qu’on entende sa plainte
Aussi aimerait-elle
Pouvoir hurler

Mais une ombre
Ça n’a pas de cordes vocales
Pas de langue non plus
Qu’elle tournerait sept fois
Dans une bouche
Dont elle est dépourvue

Une ombre
Au regard des dieux
C’est moins que rien
Ça ne fait que coller
A ceux qui refusent
De se faire traverser
Par la lumière
Du soleil dans la rue

Une ombre cependant
Ne passe pas nécessairement
Totalement Inaperçue
Il suffit pour la voir
Que nous baissions les yeux
Vers le trottoir


Jacques Herman
2009

22:37 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

02/06/2009

Mes scories

Il se peut qu’un rideau
Tendu comme la peau
D’un tambour
Bouche l’extrémité
Du couloir qui conduit
A la tour

Sans pousser le ridicule
Jusqu’à le vérifier
Je m’assieds
A même le sol
Le dos plaqué
Contre le mur
Les jambes repliées

Dans ma tête endolorie
A travers la forêt
Vierge de mes pensées
Un vent mauvais circule
Qui balaie tout
Et tout emporte
A l’exception
De mes scories


Jacques Herman
2009

10:17 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)