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23/11/2008

Tournons la page

Une minute plus tard

La tache était faite

Eclatement de rougeur honteuse

Témoignage éphémère

D'une grave accident

Qui m'a rendu amer

Qui t'a rendue fiévreuse

 

En quels termes

Nous quitterons-nous

Les mots glissent comme le vent

Sur le sable roux

De la plage

Au soleil couchant

 

Tournons la page

Tournons la page

 

 

Jacques Herman

2008

11:36 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

22/11/2008

La lune

La lune solitaire
Dis-tu
Dis-tu
La lune solitaire a trouvé
Chaussure à son pied
Mais j'ignore tout
Tout
Tout
De l'identité
De l'heureux élu

Quelques esprits chagrins
Racontent que
Le malin
S'immisca dans l'affaire
Fut l'amant de la belle
Au grand dam du mari
Dont on chante partout
Comme une mazarinade
L'air de l'époux cocu
Cocu
Cocu
Mais la lune s'en fout
Mais la lune s'en fout


Jacques Herman - 2008

12:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

21/11/2008

Fin de ville

Laissez-moi tranquille

Vous savez bien que je ne peux rien changer

A l’effacement des maisons de la ville

Qu’il m’est impossible de modifier

L’étrange volonté de gommer les toits

Les murs

Les arbres et les fleurs des jardins

Publics et privés

 

La face rougie

Comme enfiévrée

Le vent n’y est pour rien

Les mains jointes

Les yeux embués

Vous me suppliez

 

Je ne puis et de loin

Corriger le plan divin

Mais je compatis à votre douleur

Comme ces pigeons qui ont cessé

Depuis longtemps de roucouler

Ou la marchande des quatre saisons

Qui pleure discrètement sous le balcon

De l’étude du notaire

 

Je ne perçois à présent

Pourquoi le taire

Que des cris stridents

Nés des douleurs brûlantes

Des plantes arrachées

 

On dit que

Selon toute vraisemblance

Il ne doit demeurer

De ces lieux en souffrance

Que nos souvenirs d’enfance

Et la bonne du curé

Dévêtue

Siphonnée

Qui danse

Qui danse

Hautaine et fière

Un tantinet lascive

Dans les allées du cimetière

Dont les tombes seront

Bientôt désaffectées

 

La ville se meurt

On va bientôt

La rayer de la carte

Un poète ami

S’écrie

Ô mon pays natal

On te crucifie

On te crucifie

Puis il s’élance à travers champ

Sur un cheval au galop

A la vitesse du vent

 

Jacques Herman - 2008

 

 

 

09:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

20/11/2008

Chevaux en tutu

Calme-toi
Calme-toi
Après tout que t’importe
Que des chevaux
Viennent danser
En tutu devant ta porte

Offre-leur du foin
Du vin
Des beignets au fromage

Ce corps de ballet
Inattendu me plaît
Ne serait-ce que par
L’odeur qu’il dégage


Jacques Herman - 2008

14:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

19/11/2008

Sous le train

Ne m’attends pas
Je viens de rater le train
Le vilain
Vient de m’écraser
Sous ses roues d’acier

Je me demande
Qui va ramasser
Les morceaux éparpillés
Sur la voie trois

Ne dis rien je te prie
Ne dis rien
Qu’on puisse dire enfin
Que tu restas sans voix


Jacques Herman - 2008

11:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

18/11/2008

Drôle de chien

C’est dimanche aujourd’hui
Il fait chaud
Je m’ennuie

Sur le trottoir d’en face
Un chien fait la grimace
Je crois bien qu’il se moque de moi

Depuis la corniche
Où les pigeons roucoulent
Il pleut des fientes
Blanchâtres

L’une d’elle atteint le bellâtre
Qui vient de sortir
Du bureau de tabac
Et le chien de partir
Dans un éclat de rire

Je fais comme si je ne les voyais pas


Jacques Herman - 2008

09:35 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

17/11/2008

Le pont de l'Abbé Lhomond

La rivière dit
Ne va pas plus loin
Ne dépasse pas le pont
De l’Abbé Lhomond

Et j’obéis
Sans rechigner
Sans me plaindre

Cette eau courante
Me fait frissonner

Mais qu’y a-t-il
En aval du pont
De l’Abbé Lhomond

Une eau moins cristalline
A cause de l’usine
Et beaucoup de poissons
Crevés


Jacques Herman - 2008

23:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

16/11/2008

L'inconnu

Dégoulinant d'humeurs visqueuses
Chapeauté d'algues vésiculeuses
Et refroidi
Par la mer dont il est sorti
Le voici marchant
Redoublant de prudence
Titubant comme un homme aviné
Sur la plage dépourvue
A cette heure de la journée
De la moindre présence
D’un bipède humain

Le cri des mouettes
Et des goélands
Dans le ciel marin
Lui remplit à ras bord les oreilles
Lui crève les tympans
En lui l'espoir soudain renaît
Alors que du pont
Du navire la veille
Comme un pierre
Il tombait


Jacques Herman - 2008

17:40 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

15/11/2008

Eau de pluie

Versez donc
Cette eau de pluie
Doucement mais
Avec grande industrie
Dans ma mémoire usée
Par les brûlures du temps

Qu’elle gonfle
Qu’elle gonfle
Comme une éponge
Ou comme une baudruche
Jusqu’aux limites
De l’éclatement

Je retrouverai
Les images perdues
Les voix disparues
Les gestes oubliés

Et je pourrai partir
La tête pleine
De souvenirs
Sur l’autre rive
Du bon côté


Jacques Herman - 2008

10:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

14/11/2008

Bruits de vaisselle

Un chat s’élance
Plein d’élégance
De la table du salon
Par la porte-fenêtre
Ouverte et atterrit
Sur le balcon
D’où l’on croit qu’il observe
La foule en déplacement

Bruits de vaisselle

Le chat se dore au soleil
La tête pleine de conquêtes nouvelles
Il s’étire
Il s’étire
Il bâille aux corneilles
Deux d’entre elles
Traversent le ciel
Au-dessus de la rue

Murmures au rez-de-chaussée
Je m’approche pour voir

Sur le trottoir
Une femme nue
Belle
Froide
Distante
Gantée de rouge
Chaussée de noir
Promène en laisse
Un porc baveux



Jacques Herman - 2008

07:20 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)