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24/10/2008

Ton beau cou blanc

Le temps passe

Le temps passe

Mais ton beau cou blanc

Porte encore la trace

Des derniers instants


J'imagine le monstre

Qui s'est jeté sur toi

En t'arrachant la vie

Par la pression des doigts

Qu'il avait crochus

Selon le légiste


Je n'ai rien osé dire

Vu mon incompétence

Je lis ici la mort et la douleur

Et je me fonds dans le silence

Du présent qui se déchire

Et se dérobe sous nos pas



Jacques Herman - 2008



Le temps passe

Le temps passe

Mais ton beau cou blanc

Porte encore la trace

Des derniers instants


J'imagine le monstre

Qui s'est jeté sur toi

En t'arrachant la vie

Par la pression des doigts

Qu'il avait crochus

Selon le légiste


Je n'ai rien osé dire

Vu mon incompétence

Je lis ici la mort et la douleur

Et je me fonds dans le silence

Du présent qui se déchire

Et se dérobe sous nos pas



Jacques Herman - 2008



23:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

La fille de l'abribus

Emmitouflée dans des vêtements d’hiver
La goutte au nez à cause du froid
Qui risque de l'amidonner
Les mains de moufles gantées
Elle tente mais en en vain
D’entrer
Dans le royaume des vers
D’un livre entrouvert
Tandis que moi
De ma fenêtre fermée
Je l’observe qui
Attend l’autobus
A moins que ce ne soit le trolley
L’un et l’autre sur la ligne
Passent dans les deux directions
Du Pas-de-Cran
Au centre-ville
Du centre-ville
Au Pas-de-Cran
Trois fois par jour
A l’exception
Des jours de fête

Lit-elle vraiment
Me dis-je ou
Fait-elle semblant
Pour ne devoir parler à personne

Dans un recoin de ma tête
Des images foisonnent
Je lui construis à son insu
Un monde nouveau
Plein de rennes et de traîneaux
De neige durcie
Et d’étoiles rougies
Par la vigueur du vent


Jacques Herman - 2008

15:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

23/10/2008

Funérailles

Ah ce qu'elle rit
Ce qu'elle s'amuse
Tandis que la voix
Étouffée du pasteur
Traverse les cloisons
Si minces de la bière
Dans laquelle elle gît
Un peu à l'étroit

Soudain retentissent
Les paroles mièvres
D' une oraison de mauvais aloi
C'est l'officiant qui prie
Pour l'éternel repos
De la défunte

Le légitime époux
Bellâtre à souhait
Et falot
Qui plus est
Fait semblant de pleurer
Mais ses yeux sont plus secs
Que l'écorce du figuier

La belle a crevé
On ignore de quoi
Elle avait soixante ans
Elle fut autopsiée
Mais le mari
En voyage quand
Elle décéda
Détient un alibi
Parfaitement imparable

Dans le fond de l'église
Un adolescent
Se cache derrière
Le dernier pilier
C'est me dit-on l'amant
Coupable
De l'avoir trop aimée



Jacques Herman - 2008

12:20 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

Questions à vendre

Nous voici donc au terme du voyage
A peine plus loin
Que d’où nous sommes partis
Nous n’avons finalement acquis
Que les douleurs de l’âge
Et rempli des paniers
D’angoissantes questions

Nous n’en savons que faire
Et sur elles-mêmes aussi
Nous nous interrogeons

Nous nous égosillons
Questions à vendre
Questions à vendre
Mise à prix deux francs
Qui dit mieux

Mais personne
Personne
Personne n’en veut


Jacques Herman - 2008

08:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

22/10/2008

Elle regarde l'heure

Je me retrouve encore
Au milieu du voyage
Au mitan de ma vie
Au centre de mon âge
Dit-il et je ne sais que faire
Pour avancer
Ou revenir en arrière
Je vous appelle à mon secours

En l’écoutant je m’aperçois
Qu’elle a des yeux de velours
Légèrement embués
Elle ne lui répond pas
Allume la dernière
Cigarette du paquet
Et regarde l’heure qu’il est
Au cadran du clocher

Il semble avoir compris
Ne veut pas insister
Traverse le rue
Sans regarder

Deux ou trois passants
Disent avoir entendu
Un grand cri
Mais n’ont rien vu
De l’accident


Jacques Herman - 2008

17:35 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

21/10/2008

Du blé

Le corps décapité
Gît en plein milieu
Du chemin de terre
Ocrée
Poudreuse
La tête de l’homme
A cessé de rouler
En atteignant l’ornière
A deux pas du fossé

De part et d’autre
Du petit sentier
Court un ruban
De plantes épineuses
Et d’herbes sauvages
Et jusqu’au prochain village
A perte de vue
C’est le règne du blé
Du blé
Du blé


Jacques Herman - 2008

10:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

20/10/2008

Chemins de pensée

La pensée vagabonde
Se terre et réapparaît
Où personne ne l’attend
Elle se cache et
Subrepticement
Se faufile comme
Un oeil indiscret

Elle s’accroche souvent
Aux images d’enfance
Aux acquis d’autrefois
Elle dit alors je crois
Et tout en se murant
Dans un profond silence
Elle se déguise en foi

Mais quand elle virevolte
Qu’elle devient légère
S’écartant des chemins
De niaises oraisons
Et de toutes les voies
De la pauvre raison
Elle commence à me plaire


Jacques Herman - 2008

06:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

19/10/2008

A force de creuser

A force de creuser
La meuble argile de ton âme
Tu pourrais bien finir pendu
Et je t’imagine
Le soir venu
Silhouette noire
Sur ciel rougi

Le désespoir il faut d’abord
Que tu l’habilles
De tissus bariolés
Et que tu l’ornes de bijoux
A faire pâlir de jalousie
Tout le quartier

Tu l’attacheras
Comme s’il était
Un chien tenu au bout d’une laisse
On le remarquera
Sans rien savoir de lui
Comme on reluque les fesses
Des belles de nuit


Jacques Herman - 2008

17:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

18/10/2008

Ronde d'enfants

L’artiste tourmenté
Sur la digue de mer avance
Débordant d’hésitation
Puis dans l’indifférence
Générale tourne les talons
Revient sur ses pas
Et s’éponge le front

La mer en fin d’après-midi
S’avère silencieuse
Et les vagues se meurent
En légers clapotis

Le voici qui revient
Sans doute plongé
Dans des pensées profondes
Sur la plage en contrebas
Mais il ne les voit pas
Des enfants dansent une ronde
On les dirait issus
Du siècle passé


Jacques Herman - 2008

15:35 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

17/10/2008

L'arpenteur du monde

On a percé les murs
Chez l’arpenteur du monde
On a forcé la porte
D’entrée de sa maison
Violence gratuite
Immonde
Insulte au bon sens
Comme à la raison

Ensuite à l’intérieur
On s’est mis à casser
A détruire
A piller
Avec la rage au coeur

Il ne reste de lui
Qu’un corps dépourvu d’âme
Gisant sur un tapis
Les yeux grands ouverts
Et la plume à la main

On dit qu’il était
Poète à ses heures


Jacques Herman

09:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)