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22/10/2008

Elle regarde l'heure

Je me retrouve encore
Au milieu du voyage
Au mitan de ma vie
Au centre de mon âge
Dit-il et je ne sais que faire
Pour avancer
Ou revenir en arrière
Je vous appelle à mon secours

En l’écoutant je m’aperçois
Qu’elle a des yeux de velours
Légèrement embués
Elle ne lui répond pas
Allume la dernière
Cigarette du paquet
Et regarde l’heure qu’il est
Au cadran du clocher

Il semble avoir compris
Ne veut pas insister
Traverse le rue
Sans regarder

Deux ou trois passants
Disent avoir entendu
Un grand cri
Mais n’ont rien vu
De l’accident


Jacques Herman - 2008

17:35 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

21/10/2008

Du blé

Le corps décapité
Gît en plein milieu
Du chemin de terre
Ocrée
Poudreuse
La tête de l’homme
A cessé de rouler
En atteignant l’ornière
A deux pas du fossé

De part et d’autre
Du petit sentier
Court un ruban
De plantes épineuses
Et d’herbes sauvages
Et jusqu’au prochain village
A perte de vue
C’est le règne du blé
Du blé
Du blé


Jacques Herman - 2008

10:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

20/10/2008

Chemins de pensée

La pensée vagabonde
Se terre et réapparaît
Où personne ne l’attend
Elle se cache et
Subrepticement
Se faufile comme
Un oeil indiscret

Elle s’accroche souvent
Aux images d’enfance
Aux acquis d’autrefois
Elle dit alors je crois
Et tout en se murant
Dans un profond silence
Elle se déguise en foi

Mais quand elle virevolte
Qu’elle devient légère
S’écartant des chemins
De niaises oraisons
Et de toutes les voies
De la pauvre raison
Elle commence à me plaire


Jacques Herman - 2008

06:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

19/10/2008

A force de creuser

A force de creuser
La meuble argile de ton âme
Tu pourrais bien finir pendu
Et je t’imagine
Le soir venu
Silhouette noire
Sur ciel rougi

Le désespoir il faut d’abord
Que tu l’habilles
De tissus bariolés
Et que tu l’ornes de bijoux
A faire pâlir de jalousie
Tout le quartier

Tu l’attacheras
Comme s’il était
Un chien tenu au bout d’une laisse
On le remarquera
Sans rien savoir de lui
Comme on reluque les fesses
Des belles de nuit


Jacques Herman - 2008

17:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

18/10/2008

Ronde d'enfants

L’artiste tourmenté
Sur la digue de mer avance
Débordant d’hésitation
Puis dans l’indifférence
Générale tourne les talons
Revient sur ses pas
Et s’éponge le front

La mer en fin d’après-midi
S’avère silencieuse
Et les vagues se meurent
En légers clapotis

Le voici qui revient
Sans doute plongé
Dans des pensées profondes
Sur la plage en contrebas
Mais il ne les voit pas
Des enfants dansent une ronde
On les dirait issus
Du siècle passé


Jacques Herman - 2008

15:35 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

17/10/2008

L'arpenteur du monde

On a percé les murs
Chez l’arpenteur du monde
On a forcé la porte
D’entrée de sa maison
Violence gratuite
Immonde
Insulte au bon sens
Comme à la raison

Ensuite à l’intérieur
On s’est mis à casser
A détruire
A piller
Avec la rage au coeur

Il ne reste de lui
Qu’un corps dépourvu d’âme
Gisant sur un tapis
Les yeux grands ouverts
Et la plume à la main

On dit qu’il était
Poète à ses heures


Jacques Herman

09:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

16/10/2008

Jonas

Voitures de police
Camions de pompiers
Ambulances
Sirènes qui retentissent
A faire éclater
La voûte du ciel
A faire trembler
La Providence

Il est dix-sept heures dix
Une fois de plus
La mer vient de vomir hélas
Le corps d’un inconnu
C’est un jeune homme à moitié nu
Qui ressemble à Jonas

Mais Dieu n'a pas voulu
Le rassasier de jours
Ninive la grande ville
A depuis longtemps disparu
Au diable Son grand amour


Jacques Herman

09:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

15/10/2008

Allongés sur le dos

Chaque goutte de temps
Comme un acide traverse
Le jour et la nuit
Et nous rentre dedans
Nous cabosse
Nous transperce
Et nous marque à jamais
De ridules de vie

Lentement le sable
S’écoule entre nos doigts

Allongés sur le dos
Nous observons le ciel
Nous attendons le soir
Et cultivons l’espoir
D’y voir des étoiles nouvelles

Puis nous nous relevons
Un peu déçus
Un peu amers
Et nous marchons jusqu’au bout
De la plage déserte
En nous laissant bercer
Par le murmure de la mer

Tu souris à mes côtés quand je dis
Qu’au lieu de marcher
Nous courons à notre perte


Jacques Herman - 2008

12:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

14/10/2008

Comme un sac de billes

Des étoiles en pierre
Lui ont rempli le cœur
Devenu dur au fil des heures
Comme un sac de billes

Une sonbre lumière
Du ciel est descendue
Et l’a couronné
A jamais de douleurs
Insoupçonnées

Depuis sa vie n’est plus guère
Qu’humilitaion
Vaste désert
Affectif que nul ne peut maîtriser
Mais dont il est à la portée
De chacun de mesurer
L’immensité de l’étendue

Secrètement on espère
Qu’il rencontera
Sur la margelle du puits
Devant sa maison
Un geai des chênes
Peu farouche
Qui ne s’envolera pas
Avant de l’avoir entendu parler
Et qu’ensemble ils s’envolorent
Vers d’autres contrées
Vers d’autres contrées


Jacques Herman - 2008

06:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

13/10/2008

Les cuillères

Une cuillère à soupe
Une cuillère à dessert
Une cuillère à thé
Une cuillère pour avaler
Le sable chaud du désert

Une cuillère pour papa
Une cuillère pour maman
Trop de cuillères
Pour les petits enfants
Récalcitrants
Dame ce ne sont pas des oies
Que l'on cherche à gaver

Une cuillère enfin
Si possible en argent
Pour vider l'eau des ruisseaux
Des étangs
Des fleuves
Des mers
Des océans
De mes délires aussi
De temps en temps
Quand je me noie
Dans l'absurdité
De la vie ordinaire

Cuillères bonnes à tout faire
Je ne suis pas le seul
A ne vouloir quitter
Ce monde débile
Misérable et fou
Qu'avec la certitude
D'être pourvu de vous
Dans mon linceul


Jacques Herman - 2008

07:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)