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09/09/2008

Marmite

Rien à dire

Rien à déclarer

Je laisse mijoter

Les heures creuses

Dans le bouillon du temps

On y voit

En s’approchant un peu

Du bord de la marmite

Les grands songes vains des soirs d’été

Les images pleines de banalité

Quotidienne

Et des masses d’illusions

Qui camouflent les peines

Et qui noient les chagrins

On peut y jeter

Pourquoi le taire

Selon les goûts particuliers

Un assaisonnement

Savamment composé

De rêves lyophilisés

Que l’on aura mêlés

A des herbes amères

© Jacques Herman - 2008

19:35 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

07/09/2008

Accrochez-vous à moi

Il dit

Montez

Je dis

Le vent semble m’en empêcher

Il dit

Accrochez-vous à moi

 

Je dis

Ma confiance en vous

Est-elle bien placée

Et tandis que nos paroles

Planent comme des oiseaux

Des vérités que l’on attendait nues

S’avancent  vers nous vêtues

De la tête jusqu’aux pieds

Plus loin des soldats

En pagaille

Armés jusqu’aux dents

Noircissent l’horizon

Le ciel s’alourdit

De bruns et de verts profonds

Parcourus de veinules

Dans lesquelles circulent

De terribles poisons

Autre constatation

D’un gros nuage gris

Surgissent des chevaux

Munis de larges ailes

Qui ressemblent à celles

Des chauves-souris

Il dit

Montez 

Il répète

Montez

Je dis

Oui si vous insistez

Je suis en effet

Rempli pour moitié

De douce indifférence

Et mon absence

Ne se fera pas remarquer

Il dit

Mais vous tremblez

 

Je dis

Ce n’est qu’un léger frisson

Devant la pétrification

Du ciel et de la terre

Je ne reconnais plus

Les choses ordinaires

A tel point que d’aucuns

Murmurent que j’ai

Perdu la raison

© Jacques Herman - 2008

19:20 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

05/09/2008

Interrogatoire

Pleut-il
-Il pleut

Le vent souffle-t-il encore sur la plaine endolorie
-Un peu

A quoi pense-t-il
-A Dieu

Et ce bûcher
A quoi sert-il
-A l’incinérer

Mais il n’est pas mort
-Cela ne saurait tarder



Jacques Herman - 2008

11:30 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

03/09/2008

Lamento pour Belgrade

Entre deux pages d’un livre
De Milos Tsernianski
Dormait une fleur d’argent
Réveillée brutalement
Lorsqu’il m’advint d’ouvrir
Ce long Lamento
Pour Belgrade traduit
Par Slobodan Despot

La fleur aux cinq pétales
Pourquoi le taire
Comme un oiseau s’envola
Tournoya sur elle-même
Puis virevolta dans le salon
Sortit par la porte-fenêtre
Et rejoignit sur le balcon
Des fleurs très ordinaires

La nouvelle venue
Rayonnait de beauté
Resplendissante en sa nudité
Elle seule fut l’objet
Des convoitises
Des papillons



Jacques Herman - 2008

09:20 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

01/09/2008

Vos tétons

Belle marquise

Vos tétons

M’intrigueront toujours

Pour ne les avoir

Jamais tétés

Ni  même tâtés

Ni vus au grand jour

Je me borne à

Me les imaginer

A partir

A partir

D’un banal souvenir

De nichons en

Lumière tamisée

Tandis que je vieillis

Je vous entends me dire

Allez donc voir ailleurs

Si j’y suis

Je m’y rends de ce pas

Peu alerte des vieux

Plus près du trépas

Que des galipettes

Des jeunes années

Bercées d’amourettes

Tièdes ou torrides

Et riches toujours

De mille voluptés

J’ai les cheveux blancs

Les vôtres sont teintés

Mais vos seins débordants

N’ont pas pris une ride

Jacques Herman 2008

15:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

31/08/2008

Murs encollés

Les murs qu’on encolle

sont devenus sourds

par les couches d’affiches

qu’on y colle et décolle

depuis tant d’années

 

Leurs oreilles ont fini

par se boucher

 

Voilà pourquoi sans doute

on papote

on médit

on radote

impunément à leur pied

 

 

 

Jacques Herman - 2008

 

 

14:10 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

30/08/2008

Coquelicot

Emportée par le vent
Et le hasard peut-être
Une fleur des champs
Vint s’accrocher
Au volet vert et blanc
De la grande fenêtre
Au premier étage
De l’auberge qui
Déjà pleine à ras bord
De géraniums
De pétunias
D'anémones
N’en demandait pas tant

Gênée
Intimidée
La mine défaite
Et le coeur gros
Mal à l’aise en ce milieu
De belles autochtones
La fleur des champs
Rougit un peu
On eût dit un coquelicot




Jacques Herman 2005

09:25 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

29/08/2008

Nous qui restons ici-bas

Enlevé subitement

A leur tendre affection

Puisqu'il a plu à Dieu

De le rappeler à Lui

Il plongea sa famille

Ses proches

Ses amis

Dans la tristesse feinte

Ou la sincère affliction

 

Il est connu que ce sont

Les meilleurs qui partent

En premier

 

Et de m'interroger

Sur nous qui restons

Encore ici-bas

Tandis qu'au clocher

Sonne

Sonne

Triste et monotone

Le glas

 

 

ã Jacques Herman - 2008

 

13:35 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

27/08/2008

J'ai tout oublié d'elle

J’ai tout oublié d’elle
La douceur de ses seins
La couleur de ses yeux
Le manteau bleu
Qu’elle portait ouvert
Même en plein hiver
Par grand froid

J’ai tout oublié d’elle
Mais il m’arrive parfois
Qu’en frôlant une femme
Au hasard d’une rue
Virevoltent légères
Des fragrances qui
Ne me sont pas inconnues

Alors des morceaux
De son âme reviennent
Comme pour s'incruster en moi
Mais à chaque fois
Le vent cruel
Les emporte trop tôt


Jacques Herman - 2008

16:25 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

25/08/2008

Une barbe à papa

En marchant dessus

Il n’a pas entendu

La branche craquer

 

La forêt endolorie

Dénombre les crimes

Qu’il a commis

Aucun ne lui sera pardonné

Pas un péché ne lui sera remis

Comme le dit le curé

A moins qu’il ne se repente

Mais il ne s’est jamais repenti

 

Il écrase à l’envi

Escargots et limaces

Fleurs

Herbes

Feuilles vivantes

Dans l’attente

Indicible de leur agonie

 

Il cherche à déplaire

Aux nuages qui passent

La tête en l’air

Il leur fait des grimaces

 

Et l’orage gronde

Gronde

Mais il ne bronche pas

 

Le soir il s’en va

Faire un tour sur la

Grande roue

Et rit de voir

A ses pieds

Le monde si petit

Si petit

Pendant qu’il mange

Sa barbe à papa

 © Jacques Herman - 2008

12:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)