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02/08/2008

Jours saumâtres

Je suis sorti dans la fumée blanche
Tiède vapeur des jours saumâtres
Pour dénombrer les cailloux jaunâtres
Des deux sentiers
Qui partagent le jardin clos
De l'asile d'aliénés

Je ne suis pas encore guéri
De mes blessures accablantes
Le serai-je jamais
Tout ici me paraît
Tourner au ralenti

La vie trépidante
Se déroule comme un tapis
De l'autre côté de la grille
Blanche mais parsemée
De taches de rouille
Et de parties écaillées
Rugueuses
Râpeuses
Au toucher



© Jacques Herman - 2008

21:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

30/07/2008

Voici venus

Voici venus
Inattendus
Les jours où l’espérance éclaire
L’espèce humaine tout entière
Dont il ne reste plus
Que quelques survivants

Nous touchons à la fin des temps
Et la vérité s’avance nue
Depuis l’horizon qui scinde
En deux parties le monde
Le ciel en haut
En bas la mer
Plus près de nous l’ancrage en terre
Profondément dans la fange immonde



© Jacques Herman

13:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

29/07/2008

La Garonne La Garonne

Pour les sillons qu’il va tracer
Pour la semence qu’il va lancer
Du geste auguste que l’on sait
Le paysan lorgne le ciel
Parce qu’il le croit habité
Par des anges
Puis il se met à prier
En remuant un peu les lèvres
Quelques pater
Quelques ave
Voilà que le tour est joué
La saison sera bonne
La récolte abondante

A cet instant précis
Tout de piété saisi
Il ne peut se douter
Que l’inondation
De sa vallée chérie
Emportera tout
Son blé
Sa maison
Sa famille

Tandis que le chat
Dans un coin de l’étable ronronne
Que les enfants jouent
Avec sa femme et rient
On est encore loin
D’entendre retentir le nom
Du fleuve comme un cri
La Garonne
La Garonne
Quand elle aura quitté son lit



© Jacques Herman - 2008

10:20 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

27/07/2008

Une empreinte une trace

Voilà ces quelques mots
Que je vous destinais
Depuis longtemps déjà
Ils ne vous parviendront jamais
Mais qu'importent s'ils logent là
Où le temps seul les inscrits

Ils sont comme l'empreinte
Du ciel et de la terre
Des petits et grands mystères
De l'ici-bas
De l'au-delà
Face auxquels vous et moi
Ne pouvons
Que nous taire

Vous tous ici présents
Par le corps et par l'esprit
Je vous fais les témoins
De ma peine immense
Qui se profile au loin
Et très souvent en marge
De ma désespérance

Mais rien de ce que
Je fais n'est involontaire
J'ignore qui je suis
Certes mais je persévère
A laisser dans l'espace
Au-dessus de nos têtes
Une empreinte
Une trace
Et le reste m'indiffère


(c) Jacques Herman - 2008

18:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

25/07/2008

La montagne humiliée

La montagne rit jaune
Ses reflets bleutés
Dans le lac ont pali

Nous tendons l'oreille
Vers elle et l'on saisit
Ces mots issus de sa douleur

Je suis à cette heure
Profondément blessée
Vexée
Humiliée

Puis la montagne pleure
Pleure
Pleure
Elle enrage
Elle fulmine

Les eaux du lac alors
Se mettent à gonfler
Tant et si bien
Que l'on craint
Que les rives soient inondées



(c) Jacques Herman - 2008

17:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

23/07/2008

Du côté d'Arbaz

Tout ici-bas
Ma chère n'est que paraître
Je viens ici
Pour vous convaincre
Qu'il m'aurait plu de naître
Sous forme d'animal
Sans pieds
Sans mains
Mais cependant
Muni de pattes
Ou d'ailes
Ou de nageoires
Pour arriver
A me mouvoir
Dans l'air
Ou dans l'eau
Sur l'herbe tendre des prés
Ou pour vous suivre à la trace
Pas à pas
Dans les pentes rocheuses
Des Alpes valaisannes
Si possible du côté d'Arbaz



© Jacques Herman - 2008

17:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

21/07/2008

Pas une étoile

Pas une étoile dans la noirceur du jour
Que l'herbe folle vient envahir
Mais jusqu'au bout de l'horizon
Cette obsédante déraison
Surgie de glauques marécages
Et d'insondables épaisseurs
Née dans les replis cachés
De l'âme ou bien du coeur

C'est ici que se promènent
Sans les avoir invités
Déformés
Affadis
Déteints
Décolorés
Ou démesurément grossis
Des souvenirs
Des souvenirs
Des souvenirs

Mais de la sombre épaisseur
Des vanités humaines
Où retentit ton rire
Tonitruant
Comme un cri d'animal
Jaillissent sans fin
Les puanteurs du mal
Qu'à longueur de journée
Malgré moi
Malgré toi
Malgré tout
Je respire
Je respire
Je respire



© Jacques Herman - 2008

17:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

19/07/2008

Flèches assassines

L'arc-en-ciel vient décocher
Ses flèches assassines
Diversement colorées
Tandis que nous courons
Nous mettre à l'abri des ruines
Du château-fort qui domine
La vallée

La rouge a rallumé le feu
Du foyer dont la cendre
Paraissait refroidie
Depuis très longtemps

La bleue l'orange
La violette et l'indigo
Manquent souvent leur coup
Ce sont la jaune un peu
Et la verte surtout
Dont je me méfie


© Jacques Herman - 2008

17:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

17/07/2008

La chair molle du jour

Enfonce bien tes doigts
Dans la chair molle du jour
Tendre comme un velours
Et regarde là-haut
Les anges qui se rient
Des vanités humaines
De ceux qui s’emparent
Du devant de la scène
Et qui se glorifient
Des honneurs éphémères
Facilement acquis

Regarde aussi là-haut
Les nuages qui passent
Fragiles et délicats
Comme le résultat
Des humbles certitudes
Des mains de dentellières
Et tu comprendras
Et tu comprendras



© Jacques Herman - 2008

17:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

15/07/2008

Jusqu'à la déraison

Si l’on peut vous aimer
Sans rime ni raison
L’amour qu’on vous porte
Ressemble à ce frisson
Qui traverse la peau
Qui pénètre le corps
Et fait naître à l’envi
Des mots insensés
Qui deviennent de l’or
Jusqu’à la déraison


(c) Jacques Herman - 2008

14:40 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)