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14/07/2008

Couperosée

Qu'elle est belle la mariée

Rebondie

Boudinée

A souhait couperosée

Les seins débordant d'aise

Et les aisselles trempées

Qui laissent des traces

 

Assis sur une chaise

Du bistrot face

A la mairie

Je cherche l'époux

Le voilà qui la suit

A deux pas

La rejoint

Et sourit

Pour la photographie

 

 

© Jacques Herman - 2008

12:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

13/07/2008

Dessin d'enfant

A peine entrevu

Le nuage fondit

Comme du sucre dans

Un liquide attiédi

On l’aperçut un moment

Qui serpentait lentement

En dessinant des volutes

Dans un ciel filandreux

Triste

Lourd

En mélanges de gris

L’enfant voulut croquer l’instant

Comme on l’eût fait en photographie

De sa poche il sortit un morceau de carton

Un crayon gras et puis

Se mit à dessiner la pluie

Par anticipation

 

 

© Jacques Herman - 2008

11:10 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

12/07/2008

Miroir brisé

Je ris toujours aux éclats
Quand un miroir se brise
Et qu’emportée par la bise
Mon image morcelée
S’en va

Je ris plus amèrement
Quand apportée par le vent
L’image recomposée
Me revient
Contre mon gré

Pour en venir à bout en fin
Je déploie des efforts
Inconsidérés
Mais le miroir est plus fort
Que vous ne le croyez



© Jacques Herman - 2008

16:40 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

11/07/2008

Nous te cherchions

Nous te cherchions
Nous te trouvions
Lumière parfois blafarde
Mais signifiante comme
Un amer vu du large

Et qu’importait que la camarde
Nous narguât
Tu étais là
Plein de silence
Et de la précieuse présence
Que l’on perçoit
Mais que
Les yeux ne remarquent pas


© Jacques Herman - 2008

16:40 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

10/07/2008

A quoi penses-tu

A quoi penses-tu

Quand tu t’appuies au bastingage

Les yeux rivés sur l’infini

Et le cœur sans doute rempli

A ras bord de trop lourds bagages

A quoi penses-tu

A ceux qui sont restés au port

Et dont pertinemment tu sais

Qu’ils ne t’ont jamais aimé

Et qu’ils n’en ont rien à cirer

De ton ultime voyage

Mais à qui toi tu tiens encore

A quoi penses-tu

Toi qui vois trembler ton image

Au fil de l’eau

Comme le reflet ridé

De ton âme volage

Lâche prise

Lâche prise

Quitte le pont

Quitte le pont

© Jacques Herman - 2008

23:35 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

08/07/2008

Les esprits malins

Le long des murs
Ils serpentent
Dans le soleil à midi plein
Il arrive parfois
Qu'ils invitent des passants
A contempler le ciel
A compter les nuages
Et puis mine de rien
Comme des bêtes sauvages
Ils leur mordent les pieds
Les mollets
Les genoux
Tandis que le venin
Se répand dans les corps
Fatigués par le poids
De la douleur et
De la chaleur ardente

Les cadavres se ramassent
En fin de journée
La voirie les entasse
Puis s'en va les jeter
Dans une fosse commune
Où les corps en masse
Roulent sous un quartier de lune

Et la ville
S'endort
Tranquille
Tranquille



© Jacques Herman - 2008

12:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

06/07/2008

La nudité des choses

Deux verres côte-à-côte
En toute intimité
Entièrement vidés
S'observent en silence
Tandis que le vent
Vient de se lever
Et soulève la nappe
Au grand dam de la tablée
Quelle indécence

On s'épie du coin de l'œil
La gêne comme le sang circule
Sans crier gare
Et fait rougir les joues
Dans la demi-noirceur
Du soir

Il se fait tard
On a trop bu
On nage dans les eaux glauques
Des convenances ridicules

Un garçon dénudé
Apporte une bouteille
De rosé d'Anjou
Personne ne paraît
L'avoir remarqué
Sinon la vieille édentée
Qui clame mais en vain
Parce qu’elle ne peut plus guère
Que marmonner
Que les verres même vides
Sont bourrés d'innocence
Et qu'il n'est pas de table
Au monde qui manque
De décence

On n'a pas bien saisi
Dans l'assemblée ce qu'elle a dit
Mais la bougie sous son nez
Lui souligne les rides




© Jacques Herman - 2008

12:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

04/07/2008

C'est le présent qui file

Voilà le comptoir

Qui relie les deux bouts

De la terre

 

On y dépose des verres

A peine bus

Car le temps passe

 

On court

On court

On s’essouffle

On transpire

Puis on rejoint la masse

Grouillante des rues

 

C’est le présent qui file

Entre les doigts

Comme le jus

Du citron que l’on presse

Dans une tasse de thé

 

Vite

Vite

Plus vite encore

Ne perdons pas les places

Qui nous sont réservées

 

 

 

 

© Jacques Herman - 2008

 

 

 

 

10:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

03/07/2008

De pluie et de beau temps

A l’âge où l’on passe son temps

Calé dans un fauteuil roulant

Plus rien ne s’offre à soi

Que des heures pensives

Qui s’égrènent lentement

 

Les vieux  n’ont de prise

Que sur les vestiges

De leur passé

Tandis que le futur

Reste l’ombre indécise

Toujours vaguement grise

Ou faussement bleutée

 

Ils se tournent alors

Vers leurs petits-enfants

A quelques encablures

 Des heures dernières

Et la voix tremblotante

Pour ne pas leur sembler

Ni trop aigris

Ni trop amers

Ils ne parleront que

De pluie et de beau temps

 

 

 

© Jacques Herman - 2008

23:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

02/07/2008

Clouer le bec au temps

Dans l’ombre bleutée
Des peupliers de Hollande
A cette endroit précis
De leur longue rangée
Où nous avons conscience
De ne pas être vus
Nous enlaçons le temps
De nos bras vigoureux
Puis nous l’attachons
Dépouillé
Nu
A la naissance du soir
Contre l’un des grands troncs

Hormis les arbres
Le ciel et nous
Nul n’a rien remarqué

Nous lui clouons le bec
Avec un clou si long
Que l’arbre se met
Aussitôt à saigner

Il n’est rien plus beau
De plus jubilatoire
Que le temps crucifié


© Jacques Herman - 2008

12:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)