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01/07/2008

Mourir de rire

Laisse donc tourner le monde
Sur son axe favori
Dieu l'a dit-on
Sans doute
Toujours voulu ainsi

Laisse-le tourner à l'envi
Et dans ta main potelée saisis
Le bilboquet de mon enfance
Approche-toi du canal
Et chante avec moi
Qu'elle est belle la vie
Qu'elle est belle la vie

Entre la rangée
Des peupliers argentés
Communément dits de Hollande
Et les bâtiments sombres
De la raffinerie
Chante encore avec moi
Qu'elle est belle la vie
Qu'elle est belle la vie

Mais qu'ai-je donc au fond de mes poches
Que je triture entre mes doigts
C'est de la mort aux rats
Pour mourir de rire
Le jour où j’en
Crèverais d'envie




(c) Jacques Herman - 2008

16:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

30/06/2008

J'ai vu

J’ai vu dans le tramway

Des vaches qui broutaient

Entre les sièges où personne

N’aurait voulu s’asseoir

J’ai vu dans la bouse du soir

De superbes reflets

Irisés

A l’instar des corsets

Des mouches vrombissantes

J’ai vu dans le canal

Un corps qui flottait

Et la douleur ardente

D’un homme qui pleurait

Au milieu du pont tournant

J’ai vu dans les cours

Des maisons anciennes

A l’abri des persiennes

Des regards indiscrets

Toujours aux aguets

Du passage du temps

© Jacques Herman - 2008

18:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

29/06/2008

Narcisses

Ah me dis-tu
Qu’il me soit permis
D’éviter que mon nom
Si prestigieux
Ne côtoie
Ceux des moins que rien
J’en serais mon ami
Gravement malheureux
Grièvement blessé
Profondément atteint

Qu’on ne me mêle pas
Je te le demande
Je t’en prie instamment
Je t’en supplie
A la piétaille vulgaire
A la valetaille ordinaire
Je suis l’un des plus grands
Du monde littéraire
Depuis l’aube des temps

***

Prétentieux
Suffisants
Amoureux de vous-mêmes
Souffrez qu’en ces lignes
Je me rie de vous
C’est un pareil trépas
Qui vous unit à nous
Et les âges qui passent
Irrémédiablement effacent
Chacune de nos traces
Comme des poignées de sable
Emporté par le vent



© Jacques Herman - 2008

11:40 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

28/06/2008

Nommer des fleurs nouvelles

Je te donne des noms
De fleurs à inventer
Artificielles si tu le veux
Fleurs en tissu
Feurs en papier
Mais permets-moi
Ô jardinière bien aimée
De me trouver enclin
A leur préférer
Des senteurs naturelles

Un marchand de rêves
Me refuse le droit
De nommer l’âme des choses
Je t’offre donc ces mots
Dont tu baptiseras
Des tulipes nouvelles
Des jasmins à ce jour
Totalement inconnus
Et par-dessus tout des roses
Par-dessus tout des roses


© Jacques Herman - 2008

18:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

27/06/2008

Au fil de ma vie

Quand les Parques
Fileront
Dévideront
Couperont
Le fil de ma vie

Toujours aux aguets
Mes proches
L’embobineront

Souvenir plus gai
Que l’urne funéraire
Moins lourd aussi
Que le poids de la pierre

Et les vieilles tricoteuses
Mes tendres amies
A coup sûr l’emploieront

Il n’y a pas
De petites économies



© Jacques Herman - 2008

13:05 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

26/06/2008

Tout raté

J’ai tout raté ma belle
Depuis la fois première
Où j’ai vu
Les couleurs du ciel
Et parfois j’enrage

Je vais filer à toute allure
Et manquant encore
Le dernier virage
Me planter dans le décor
Et mourir écrasé
Dans les entrailles d’un mur


© Jacques Herman - 2008

09:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

25/06/2008

La montagne n'est plus

Chaque jour
A toute heure
La montagne accueillait
A ce que l’on dit
Dans le coeur de sa roche
Le désespoir du monde

Mais l’acidité finit
Par avoir raison d’elle
Et sa masse imposante
Petit à petit
S’effondra

Elle n’est plus à présent
Qu’une plaine fumante
Par novembre embrumée

Le bruit court qu’aujourd’hui
Dépourvue de la peine
D’autrui
Elle pleure sur
Sa destinée
Et tant pis
Si parfois
Le fleuve déborde
Et vient l’inonder



© Jacques Herman - 2008

13:05 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

24/06/2008

Chasse à courre

Les aboiements de la meute
Font vibrer la forêt
Et les arbres de
Toutes leurs feuilles tremblent

Le cor retentit
Si violemment
Que le ciel légèrement
Voilé se déchire
Et rougit
Comme ensanglanté

Un cheval hennit
Sa cavalière est tombée
Un inconnu
Sorti d’on ne sait où
Se précipite vers elle
Elle s’est cassé le cou
Elle ne bouge plus



© Jacques Herman - 2008

13:05 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

23/06/2008

L'horloge parlante

Au troisième top
Il sera très exactement
Quatorze heures trente-trois

L’horloge me parle
Personnellement

Je l’appelle parfois
Plusieurs fois par jour
Nous venons de nouer
Une liaison
L’horloge et moi filons
Le parfait amour


© Jacques Herman - 2008

13:10 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

22/06/2008

Accent circonflexe

Je suis un cheval d’arçon
Un jeu de construction
Un masque en papier mâché

Garçon
Garçon
Un café

J’égrène dans ma tête des mots
Les aligne sur le papier
Me pose en roi du chapelet
Mais ma parole je rêve
Avec un circonflexe

Garçon
Garçon
Un café

Passe une femme
Belle comme un papillon
Deux ailes à papillon

Garçon
Garçon
Je suis pressé

Comme un citron Monsieur

Comme un citron



© Jacques Herman - 2008

13:10 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)