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21/05/2008

De nos terres limoneuses

Il pleut sur les sillons
De la sueur des anges
Et le diable y mêle
Tant que faire se peut
Ses ardeurs ignées
Toujours nouvelles
Ou pour le moins renouvelées

C’est ainsi que vit
Sous nos pas le limon

Ah ma chère
Nous ne dirons jamais assez
Comme il est bon
De fermer les paupières
De proclamer l’huis clos
De ne plus rien attendre d’en-haut
Et de goûter enfin
Aux douces joies de dessous terre
Et aux senteurs éternelles


© Jacques Herman - 2008

15:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

19/05/2008

Deux oeufs

C’est toi le blanc

C’est moi le jaune

Et nous nous marierons

Notre joie se mesure à l’aune

De l’amour que nous nous vouons

Ron

Ron

Petit patapon

 

Dépêchons-nous

Dépêchons-nous

Et surtout échappons

A la brouille des œufs qu’on casse

Mais le sable coule

Et le temps passe

Il est trop tard

Nous cuisons

© Jacques Herman - 2008

21:35 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

18/05/2008

Chats

La rue déborde
C’est dégoûtant
De siamois
De chats persans
Et de chartreux
Jaloux à mort de congénères
Vulgaires chats de nos gouttières
Qui les prennent de haut

L’écart entre eux
Paraît infime
A parler franc
Il m’ indiffère
Quoique chacun
De nous pauvres humains
Fonctionne de la même manière


© Jacques Herman - 2008

13:35 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

17/05/2008

Pour mon cadeau d'anniversaire

Pour mon cadeau d’anniversaire
Offrez-moi une photo
De Desnos ou Ferré
D’Aragon ou Prévert
Que je puisse l’encadrer
De l’eau que mes paupières
Ne peuvent retenir longtemps

Les humeurs viciées par le temps
Sur le verre toujours dépose
Comme une fine poussière
Semblable au silence qu’imposent
Les murs d’un cimetière
Et qui défie
Les rires et les chants
Des poètes gisant
A six pieds sous terre


© Jacques Herman - 2008

22:30 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

16/05/2008

Spiegelgasse eins

Je penserais à toi

Desnos même si

Tu n'avais pas quitté Compiègne

 

Ton destin ne s'inscrit pas

Dans la vie que tu menas

Mais ta marque en vérité

Brille dans l'empreinte laissée

Par les seins de Mylène

Sur la vitre embuée

Par les soins de Tzara

 

Deux aréoles depuis

Coulées dans le bronze

De mes nuits anciennes

Sans trembler

Régulièrement me reviennent

Comme ces ultimes traces

Effacées depuis longtemps

Au regard indifférent

Des promeneurs

De la Spiegelgasse

 

 

(c) Jacques Herman - 2008

 

 

22:10 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

14/05/2008

La luna e i falo



A Guido Hurlimann




San Stefano Belbo

Que ne suis-je d'ici

Plus près de toi

Au coeur de ta poésie

Paradis sans Dieu

Sans Maître

Sans faux bruits


Ô Pavese

Je crois avoir lu dans tes yeux

Les étoiles de la mort

Ce sont celles qui brillent

Qui brillent

Et qui pour des siècles scintillent encore


Alors

Que tout aura passé

Tant nos défécations

Que nos conventions bourgeoises

Et les absurdités du monde

Et les immondes illusions

De nos rêves démesurés




 

©Jacques Herman - 2008



17:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

12/05/2008

Cafés cyanure

A Charles-Georges Chouéri

 

Garçon

Deux cafés cyanure

Et débordant de crème 

L'un pour Charles-Georges

Et l'autre pour moi-même

Et donnez deux biscuits

A ce chihuahua

Qui nous poursuit

Depuis qu'un imbécile heureux

Semble avoir réussi

A se croire plus fort que lui

 

Mais dites-moi garçon

Quel est ce bruit

Que nous percevons

De l'autre côté du jardin

 

C'est un gibet que l'on construit

Depuis ce matin

 

 

Jacques Herman - 2008 

 

 

 

18:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

02/05/2008

Prends garde

Prends garde à l’arrière-boutique
Elle déborde de dangers
L’équilibre des choses à mes yeux
Demeure énigmatique

Prends garde
Prends garde
Je t’aurai prévenu

Mais il ouvre la porte
Et tout roule
Tout dévale
S’affaisse
S’écroule
De son corps inerte
La vie s’en est allée
Par d’autres chemins

Silence
Silence
Qui va là
Qui va là

C’est le malin
C’est le diable qui l’emporte



© Jacques Herman - 2008

19:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

01/05/2008

Le garagiste

C’est de l’eau grasse
Noirâtre qui passe
Dessous la porte
De l’atelier

Une eau puante
Moussue et répugnante
Vient lentement
Tout inonder

Le niveau monte
Jusqu’aux genoux
Du garagiste debout
Bizarrement penché
Sur le capot
D’une ancienne Delahaye

Il semble mort depuis longtemps
Je me charge d’emporter le corps
De le traîner vers
La grande cour pavée
Du côté nord

Je suis apparemment
Le seul survivant



© Jacques Hermn 2008

19:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

30/04/2008

Les rameurs

C’était un long sanglot
Qui planait comme
Une coulure du vent
Sur l’émeraude des flots

Ils ramaient sans cesse
Tout de blancs vêtus
Comme des fantômes
Dont le regard perdu
Se tend vers l’infini
Sans rien y voir de plus
Qu’une brume un peu froide
D’où surgirait l’espoir

Mais le temps leur a paru si long
Et la fatigue si pesante
Qu’ils n’ont pas même vu
Descendre la nuit noire


© Jacques Herman - 2008

19:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)