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16/04/2008

La ligne d'horizon

Avouons

Avouons

Que la ligne d’horizon

Ce soir-là ne semblait

Guère en forme et qu’on

S’en inquiétait

Nous tombions de fatigue

Et Dieu visiblement

Ne se sentait nullement

Concerné

 

Au petit matin

Le monde nous parut

Etrangement changé

Nous découvrîmes effarés

Que l’horizon s’était pendu

A la branche d’un pommier

© Jacques Herman - 2008

17:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

15/04/2008

Marche en montagne

La neige était jaune

D’aucuns disent orangée

La bise nous étreignait

Comme un peignoir gelé

Et nul jamais ne décrira le ciel

D’un bleu cobalt foncé

Mêlé de cæruleum

Ou ce cirque des montagnes

Lointaines et comme

Délicatement voilées

Sans doute pour cacher

Leur nudité honteuse

Nous avancions à la file indienne

Portant nos sacs pleins à ras bord

De nos misères quotidiennes

Et de pensées brumeuses

Le soleil brillait encore

Nous marchions intrépides

Dès qu’il se fut couché

Fatigués

Epuisés

Nous ralentîmes le pas

On raconte  aujourd’hui

Qu’aucun d’entre nous

Ne revint à bon port

©  Jacques Herman - 2008

 

20:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

10/04/2008

A Nerval

Poète on m’invite

A prendre mon luth

Mais il est consterné

Par ma mélancolie

Qui brille de l’éclat

Du soleil employé

Au nettoyage des scories

Du ciel et de la terre

Ma seule étoile

C’est la pute

Bien vivante

Bien en chère

Qui depuis tant d’années

Arpente le trottoir

De ce côté du canal

Et qui porte comme un fardeau

Les couleurs sourdes de la misère

© Jacques Herman - 2008

08:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

09/04/2008

Cénacle animal

La grive en grève

Le canard boiteux

Le lion édenté

La biche aux abois

Se sont ralliés

A la cause commune

Des animaux malheureux


Les voici réunis

Par la force des choses

Pour se réconforter

Mutuellement


La vie me pèse

Comme un fardeau

Chuchote un homme

Qui lentement

Chemine au bord de l'eau

Puis-je me joindre à vous


Bienvenue parmi nous

Bienvenue parmi nous


Mais son pied glisse

Et le fleuve l'emporte

Le cénacle animal

Vient de fermer sa porte

Au nouvel arrivant

Sans l'avoir connu



© Jacques Herman - 2008


18:10 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

08/04/2008

Derniers jours de printemps

Le quai de gare paraissait vide

Cependant

Sur l'un des bancs non abrités

A la pluie et au vent largement exposé

Un homme âgé

S'il faut en juger par les rides

Semblait dormir ou rêvasser


A pas de loup

Je m'approchai

Du vieillard immobile

Sans doute trop timide

J'évitai de converser


Je m'aperçus alors

Qu'on l'avait éventré

Que le sol à ses pieds

Etait souillé du sang

De ses viscères

Ô pensai-je qu'il est navrant

De mourir sur un quai de gare

A la fin de l'hiver


Je m'éloignai sans presser le pas

Un peu triste en me disant

Qu'il ne verrait plus le printemps



© Jacques Herman - 2008


18:05 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

06/04/2008

Dites-moi que je me trompe

 

Dites-moi

Que je me trompe

Que mon reflet dans la vitrine

De la vieille mercerie

N'est pas ce profil de brise marine

Repu de lourde nostalgie

Mêlée de regrets emplâtrés

Qu'aurait ridés le temps

Sous une couche de couleurs

Tendres et pastellisées

 

Dites-moi

Que je me trompe

Quand j'aperçois

Dans le ciel presque noir

Monotone à pleurer

L'âcre fumée

Du crématoire

Qui ressemble à s'y méprendre

A la fille jeune et jolie

Que vous étiez

 

 

© Jacques Herman - 2008

 

 

 

 

18:30 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

05/04/2008

Lorsque la vieille ouvrit

Lorsque la vieille ouvrit

Les volets de

Son paradis

Dans le ciel bleu mêlé de gris

Elle aperçut des anges

 

D’une main de coutil gantée

Ni trop craintive

Ni téméraire

Elle leur fit signe d’entrer

 

Tandis qu’une infirmière

S’affairait à

Lui changer ses langes

 

 

© Jacques Herman - 2008

14:05 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

04/04/2008

Avaler des couleuvres

J’avale des couleuvres

Des cobras

Des vipères

Quelques serpents ailés

Mais on en trouve moins

Que naguère

Il m’arrive aussi

Pour vaincre mon ennui

D’avaler des contes

Et des récits

Totalement légendaires

De la sorte j’enrichis

Mon musée imaginaire

A parler franc j’avale

Quasi tout ce qu’on dit

Comme un vieux chien fidèle

A son maître soumis

Et qu’importe après tout

 Si j’avale de travers

Je digère

Je digère

Je digère

 

© Jacques Herman - 2008


18:05 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

02/04/2008

Cour d'école

Une goutte de sang s’est figée

En plein cœur  d’un pavé

Gris de la cour d’école

L’un des enfants

De la farandole

Saigne du nez

Nous ne savons rien

Pauvres mortels

De la douleur

D’une tache de couleur

Séchée

Tout autour de nous

Les arbres d’automne

Sourient

De leur feuillage roux

Qui déborde au-dessus

De la place publique

Mais de ce côté-ci

Le pion qui claudique

Allume une pipe

Et s’adosse à la grille

© Jacques Herman -2008

10:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

01/04/2008

Bricotine

La bricotine

Comme une traînée

De larme dessine

Un chemin zigzagant

Sur le mur en ciment

Un caillou minuscule

Insignifiant

Fait obstacle au parcours                                       

Semblablement

Au doigt que je pose

Comme agent déviant

Bricotine m’en veut

Me boude à l’évidence

Je conserve l’espérance

De reprendre un jour le jeu

© Jacques Herman - 2008

21:40 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)