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23/11/2007

Tu salues les choses

Tous les matins
Tu salues les choses
Les objets à portée de main

Tu dis
Bonjour la rose
Je dois renouveler ton eau

Tu dis
Bonjour l'oiseau
Et tu penses
Que sa cage est son paradis

Tu dis
Bonjour mon livre
De chevet dont la lecture n'est
Pas encore finie

Tu dis
Bonjour ticket
D'entrée au Théâtre du Midi
Où je suis allé voir jouer Marcel
Mon voisin de palier
Toujours avide de compliments
Un rien paumé
Cependant

Tu dis
Bonjour machine à café
Bonjour le sucre dans
Son sucrier
Bonjour petit pot à lait
Petite fenêtre à la vitre cassée
Petit univers étriqué

Et tu te grattes la tête
Et tu te grattes la tête


© Jacques Herman - 2007

14:25 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

L'heure d'aboyer

L'heure d'aboyer
Dans l'arrière-cour
Vient de sonner
Mon amour
Lui dit-elle

Il s'exécuta
Se mit à quatre pattes
Puis aboya si fort
Que les murs de la ferme
Commencèrent à trembler
Et le toit vacilla

Les vaches dans l'étable
Se bouchèrent les oreilles
Et les cochons cessèrent de grogner
Que les hommes sont bêtes
Me dit l'un d'entre eux
D'une voix grave et bien posée

Le chien du fermier
Ne supportait pas
La concurrence
Déloyale
Il se suicida
Dans l'indifférence
Générale


© Jacques Herman - 2007

07:40 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

22/11/2007

Entre Valère et Tourbillon

Un souffle léger
Comme une promesse
Glisse entre Valère et Tourbillon
Et se répand
Comme une caresse
Sur la ville de Sion

Deux Sédunoises
Assises sur un banc
De la Planta remarquent
L'inattention
Des passants pressés

Elles voudraient les interpeller
Leur dire
Observez
Prenez un peu de temps
Laissez vous inspirer
Ce vent n'est pas ordinaire
C'est un souflle sacré

Mais les passants pressés
Jamais ne sauront
Qu'un souffle léger
Comme une promesse
Glisse entre Valère et Tourbillon
Et se répand
Comme une caresse
Sur la ville de Sion




© Jacques Herman - 2007

10:40 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Appel

J'en appelle à César
A Morphée
Aux dieux Lares
A Salluste
Au chanteur qui vient de casser sa guitare
En la fracassant de rage sur un trottoir parisien
En ce dimanche matin
Plutôt brumeux

J'en appelle à tous ceux qui me haïssent
Me détestent
Me vomissent

J'en appelle à la mort
Qui ne manque jamais
Aucun de ses
Rendez-vous

J'en appelle à toi le facteur-poète flamand
Qui publiait sous le nom
De Freek Dumarais
Mais qui s'appelait autrement
Comme le temps passe
Comme le temps passe

J'en appelle à Lucien
A Platon
Aux martiens
Aux femmes girafes que me fit connaître Vitold de Golish
J'en appelle à la main baladeuse
A l'oeuf dur de Prévert
A son comptoir d'étain
Mais aussi à l'omelette baveuse
Et aux tout petits riens
De la vie ordinaire



© Jacques Herman - 2007

08:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

21/11/2007

Dans l'air du soir

Et voilà dans l'air du soir
Les effluves mourants du jour
Résidus de carburants
Fragrances estivales
Odeurs persistantes de plats cuisinés
Avec amour
Parfums divers accrochés aux nuages
Et qui retombent à travers
Une pluie fine légère
Qui roule sur les toits
Des maisons de la ville

Nous traînons le pas
Dans les rues
Le square
Et sur la place du Marché

Un chat traverse en courant
La grande Avenue
De la Liberté

La lune dans le noir
Aujourd'hui paraît verdâtre

J'accélère le pas
Je longe le canal
Le Café des Amis
Vient de fermer ses portes
La fatigue m'envahit
Incommensurable
Encombrante
Pesante comme un étau




© Jacques Herman - 2007

08:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Vente de jours

Les jours invendus
Sont remis dans la course
Parfois rajeunis
Reprisés
Repeints
Ils ne datent pas d'hier

Hier à l'évidence
N'est guère vendable
Beaucoup de nos clients
Préfèrent les jours anciens
Quand bien même certains
Nous l'avons constaté
Souffrent déjà d'usure

Leur succès se mesure
A l'aune de
L'ancienneté



© Jacques Herman - 2007

08:10 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

20/11/2007

Elle pérorait

Elle prononçait les mots
Comme on crache des pépins
La bouche en cul de poule
Et la moue dédaigneuse

Le soir on la voyait
Souvent qui pérorait
Debout près du miroir
Du grand salon

A ce qu'on dit la prétentieuse
Mourut d'une fluxion de poitrine
Un matin froid de novembre

Des fleurs de givre s'étaient formées
Sur la fenêtre de sa chambre



© Jacques Herman - 2007

13:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

La poétesse

Sa bouche s'ouvre sur le ciel bleu
Comme une fleur au soleil printanier
De ses lèvres pulpeuses
Elle déclame à l'univers
Des paroles sirupeuses
Et des vers
Mièvres à souhait

Les arbres en la voyant
Prennent leurs branches à leur cou
Et s'autodéracinent
On les voit parfois courir
Dans la lande voisine
Ou à travers champs

Il suffit de peu de temps
Pour qu'en de telles circonstances
Les nuages s'amoncellent
Et déversent leurs humeurs
Sur nous qui ne prenons garde
De fuir au bon moment


© Jacques Herman - 2007

09:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

19/11/2007

Inaperçus

Que faire du temps
Qui passe et qui blanchit
Nos cheveux tandis
Que nos rides se creusent
Et que dire à ceux qui
N’ont cure de la
Grande Faucheuse
Et préfèrent à tout prendre
Un jour imprévu
Se rendre
A son appel
Entre ses doigts crochus
Et cherchent avant tout
A passer inaperçus

Quand le vent mauvais
Les emporte au-delà
De la dernière porte
Plus personne ici-bas
Ne perçoit leurs cris d’horreur
Ni les tristes échos
Des déchirements intérieurs

Ils passent encore inaperçus
Ils passent encore inaperçus



© Jacques Herman - 2007

21:10 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Confusion

Je percevais des fleurs
Des parfums déguisés
Lilas à l'odeur
De poivre ou de café
Roses aux senteurs
D'huile camphrée
Plus rien ne répondait aux leçons du passé

Ma mémoire olfactive
S'était fait la malle
Et de sombres pensées
Enfumaient l'horizon


© Jacques Herman - 2007

12:10 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)