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06/11/2007

Fête foraine

Pas un souffle vent
Chaleur accablante
Insupportable fumet
De saucisses grillées

Cris
Bousculades
Récriminations enfantines
Laxisme parental

Qu’il pleuve bon sang
Qu’il pleuve

La pulpe du goudron
Montre le bout
De son nez

Déjections canines
Baraques foraines
Barbe à papa
Pêche aux canards
Tir à la carabine
Marchand de nougat

Qu’il pleuve bon sang
Qu’il pleuve

Barquettes en carton
Résidus de mayonnaise
Papiers gras
Ivrognes en goguette
Aboiements
Chansonnettes
Sifflements

Qu’il pleuve bon sang
Qu’il pleuve

Manèges enchantés
Train fantôme
Palais des glaces
Frites écrasées
Sous les semelles des passants

Je m’en retourne chez moi
Je m’évapore
Je pars
Je fous le camp
Je quitte les lieux
Je m’efface


© Jacques Herman - 2007

08:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Faites attention où vous mettez les pieds

Le fleuve s’est arrêté de couler
Sur le pont je le vois
Comme la photographie
D’un instant qui s’est
Immobilisé

Faites attention
Où vous mettez les pieds
Me dit une voix
Mais je n’aperçois
Personne

Attention à quoi
Me risqué-je

Aux oiseaux morts
Qui jonchent le sol
Moineaux
Hirondelles
Martinets
Etourneaux

Les aiguilles de l’horloge
Du clocher de Saint-Jean
Se sont figées
Sur le cadran

Et les nuages là-haut
Semblent épinglés
Définitivement
Sur la voûte du ciel



© Jacques Herman - 2007

08:25 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Villes nues

En ai-je vu des villes nues
Fantomatiques
Naguère si vivantes
Aujourd’hui désertées

L’une m’a retenu
Entre ses murs lézardés
Si je l’habite aujourd’hui
C’est qu’en ses replis
Les plus sombres
Je crois parfois apercevoir des ombres
D’hommes de femmes et d’enfants
Que je n’ai pas connus

Elle n’est pas encore morte
Du moins pas entièrement
Il suffit de passer la porte
De s’y attarder un court instant

En cas de grande affluence
Assurément je m’en irai
Sur la pointe des pieds
Vers d’autres coins de France



© Jacques Herman - 2007

08:05 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

La marche du monde

En dehors des deux rives enrichies de légendes
Excepté le poids lourd des récits amplifiés
Par les apports nouveaux des générations
Rien ici ne suscite le moindre intérêt
Le fleuve s’écoule tranquille
Et semble charrier l’ennui

Du ciel souvent sombre au-dessus de la ville
Descendent parfois
Des poussières d’étoiles
Au coeur de la nuit sur le toit des maisons
Sur les arbres du parc
Et même au fil de l’eau
Perturbant les poissons
Qui ne demandent rien
De plus que la paix de l’onde

Devant ce tableau
Où la tristesse abonde
Il n’arrive parfois
De m’interroger
Sur le destin des choses
Et la marche du monde



© Jacques Herman - 2007

07:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

05/11/2007

Il pleut sur mon papier

Il était charpentier
Il tomba du toit
S'écrasa sur le pavé
Et depuis
On parle de lui
Comme d'un héros
Mort à la tâche

Le toit de ma maison
Reste inachevé
Il pleut sur mon papier

Mais à chaque fois
Que je m'essuie les yeux
L'encre sèche et je veux
Ecrire encore
Quelques mots
En mémoire de toi
Qui me léguas
Cette maison
Abandonnée


© Jacques Herman - 2006

08:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Inondation

Décrue dans la Gard
Un mort dans le Var
Et l'eau s'en vient
Et l'eau s'en va
Implacablement

La boue mortelle emporte
La vie des gens
La vie des bêtes
La vie des choses du quotidien
Puis s'empresse d'aller
Sécher au soleil
Un peu plus loin

L'amour est pareil
A ces inondations
Il emplit le coeur
Jusqu'au débordement
Puis glisse vers ailleurs
Imperceptiblement
Et se rétrécit en séchant


© Jacques Herman 2005

07:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Des fleurs non répertoriées

Avril mille deux cent vingt-deux
Il vient de tout abandonner
Jusqu'aux miettes destinées
Aux oiseaux de passage

Il observe le ciel
Et entre les nuages
Il espère trouver la réponse de Dieu

Mais le temps soudain vient se remettre au beau
La bise a chassé la dernière espérance
Il songe alors à noyer
Son chagrin dans la Dranse

Et l'on dit qu'à l'endroit
Où il perdit la vie
Poussent des fleurs non répertoriées


© Jacques Herman - 2007

06:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Une clé

Une clé pour ouvrir
Nos coeurs à l’amour

Une clé pour résoudre
Les mystères de la vie
Si lourds que nous restons collés
Sur le plancher des vaches
Tandis que là-haut
Des oiseaux ordinaires
Libres et
Dépourvus d’attaches
Tournoient dans l’air
Et se rient de nous

Une clé pour entrer
Dans la roseraie des sages
Qui s’orne de mille fleurs
Et dont la porte est fermée
Par de puissants verrous

Enfin par-dessus tout
Contre l’humeur chagrine
Une clé pour ouvrir
Des boîtes de sardines
Que nous trouvons
A notre goût


© Jacques Herman - 2007

00:05 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

04/11/2007

Tout s'efface

Tout s’efface
Comme de la craie sur un tableau
Mais il subsiste parfois
Sans qu’on le veuille
Sans qu’on s’en aperçoive
Des traces
Ici
Et là

Tout s’efface
La mémoire se vide
A mesure que
Sur le front les rides
Gagnent en profondeur

Le temps passe
Le temps fuit
C’est bientôt l’heure
Des Parques
Et la rupture du fil
De la vie



© Jacques Herman - 2007

11:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Jugement

C’est l’heure des règlements de comptes

A ma gauche la chair flétrie
Des vieilles qui naguère
Arpentaient le trottoir
A ma droite les corps délavés
Des victimes expiatoires
Que l’on dit s’être trompées
De route
Et devant moi
Majestueux
Sûr de lui
Le regard sombre
La narine frémissante
L’imposante présence de celui
Qui se prend pour Dieu
Et que jamais le doute
Ne vient effleurer

Il fend l’air de se dextre
Prononce un jugement
Et se tournant vers moi
Me supplie d’écouter

Je fais assurément
Preuve d’inattention
C’est le moment
Me dis-je de
Quitter la scène
Dans la plus grande discrétion



© Jacques Herman - 2007

10:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)