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05/11/2007

Inondation

Décrue dans la Gard
Un mort dans le Var
Et l'eau s'en vient
Et l'eau s'en va
Implacablement

La boue mortelle emporte
La vie des gens
La vie des bêtes
La vie des choses du quotidien
Puis s'empresse d'aller
Sécher au soleil
Un peu plus loin

L'amour est pareil
A ces inondations
Il emplit le coeur
Jusqu'au débordement
Puis glisse vers ailleurs
Imperceptiblement
Et se rétrécit en séchant


© Jacques Herman 2005

07:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Des fleurs non répertoriées

Avril mille deux cent vingt-deux
Il vient de tout abandonner
Jusqu'aux miettes destinées
Aux oiseaux de passage

Il observe le ciel
Et entre les nuages
Il espère trouver la réponse de Dieu

Mais le temps soudain vient se remettre au beau
La bise a chassé la dernière espérance
Il songe alors à noyer
Son chagrin dans la Dranse

Et l'on dit qu'à l'endroit
Où il perdit la vie
Poussent des fleurs non répertoriées


© Jacques Herman - 2007

06:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Une clé

Une clé pour ouvrir
Nos coeurs à l’amour

Une clé pour résoudre
Les mystères de la vie
Si lourds que nous restons collés
Sur le plancher des vaches
Tandis que là-haut
Des oiseaux ordinaires
Libres et
Dépourvus d’attaches
Tournoient dans l’air
Et se rient de nous

Une clé pour entrer
Dans la roseraie des sages
Qui s’orne de mille fleurs
Et dont la porte est fermée
Par de puissants verrous

Enfin par-dessus tout
Contre l’humeur chagrine
Une clé pour ouvrir
Des boîtes de sardines
Que nous trouvons
A notre goût


© Jacques Herman - 2007

00:05 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

04/11/2007

Tout s'efface

Tout s’efface
Comme de la craie sur un tableau
Mais il subsiste parfois
Sans qu’on le veuille
Sans qu’on s’en aperçoive
Des traces
Ici
Et là

Tout s’efface
La mémoire se vide
A mesure que
Sur le front les rides
Gagnent en profondeur

Le temps passe
Le temps fuit
C’est bientôt l’heure
Des Parques
Et la rupture du fil
De la vie



© Jacques Herman - 2007

11:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Jugement

C’est l’heure des règlements de comptes

A ma gauche la chair flétrie
Des vieilles qui naguère
Arpentaient le trottoir
A ma droite les corps délavés
Des victimes expiatoires
Que l’on dit s’être trompées
De route
Et devant moi
Majestueux
Sûr de lui
Le regard sombre
La narine frémissante
L’imposante présence de celui
Qui se prend pour Dieu
Et que jamais le doute
Ne vient effleurer

Il fend l’air de se dextre
Prononce un jugement
Et se tournant vers moi
Me supplie d’écouter

Je fais assurément
Preuve d’inattention
C’est le moment
Me dis-je de
Quitter la scène
Dans la plus grande discrétion



© Jacques Herman - 2007

10:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Angle sud-est

Angle sud-est
Du marché aux puces
Arrivée du premier camelot
Il est sept heures à peine

Deux chevalets rapidement
Déployés
Un plateau posé
Mais de marchandise aucune

Premier passant
Je note
Absence d’attention
Un deuxième
Je note
Aucun intérêt
Le troisième s’est arrêté
Entame une courte
Discussion

Je cours en sa direction
Monsieur
Monsieur
A ce marchand
Qu’achète-t-on

Tant de choses dit-il
Qu’il vend à vil prix
Des émotions
Un sourire
Une joie
Un deuil effroyable
Une angoisse éprouvante
Des amours mortes
Des remords
Et de la compassion


© Jacques Herman - 2007

08:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Marquise vos beaux yeux

D'en finir marquise
Seriez-vous pressée

D'amour vos beaux yeux
Ne font plus mourir personne
Tout le monde se fout
Du regard que vous portez
Sur le monde et sur nous

C'est votre glas qui sonne
Au clocher de l'église
A présent vous pouvez
Loucher à votre guise
Et faire rire votre cocher


© Jacques Herman - 2007

08:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

03/11/2007

Cinq heures

Il a sonné cinq heures
Au clocher de l’église
Lentement des corbeaux
Tournoient au-dessus
Des rues inanimées
Noyées dans l’aube
Humide et grise
Comme un chagrin
Terne comme
Une vitre embuée
Insignifiante
Comme un miroir sans tain

Il a sonné cinq heures
Froides comme le coeur
De mon voisin
Ou comme la chair de ceux
Qui viennent de quitter
La noirceur de ces lieux
Et que l’on croit partis ailleurs



© Jacques Herman - 2007

09:40 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Je me gomme

Excusez-moi de prendre
Tant de place chez vous
De remplir insensé
Que je suis
Votre cœur
Et de me pendre
A votre cou

Excusez-moi si je
Ne suis qu’une ombre de plus
A convoiter vos appas

Il n’est finalement
Que mon effacement
Qui puisse me tirer
De ce faux pas

Je me gomme en conséquence
Et fais en sorte de ne pas
Laisser de trace
De ma présence


© Jacques Herman - 2006

06:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Silence de l'enfant mort-né

Je suis charmé
Par ta présence
Ô silence
De l’enfant mort-né

En quelques mots
Je rends hommage
A la nature parfois sauvage
Qui semble vouloir empêcher
Quelques élus
De voir le monde
Avec lucidité



© Jacques Herman - 2007

06:35 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)