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03/11/2007

Je me gomme

Excusez-moi de prendre
Tant de place chez vous
De remplir insensé
Que je suis
Votre cœur
Et de me pendre
A votre cou

Excusez-moi si je
Ne suis qu’une ombre de plus
A convoiter vos appas

Il n’est finalement
Que mon effacement
Qui puisse me tirer
De ce faux pas

Je me gomme en conséquence
Et fais en sorte de ne pas
Laisser de trace
De ma présence


© Jacques Herman - 2006

06:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Silence de l'enfant mort-né

Je suis charmé
Par ta présence
Ô silence
De l’enfant mort-né

En quelques mots
Je rends hommage
A la nature parfois sauvage
Qui semble vouloir empêcher
Quelques élus
De voir le monde
Avec lucidité



© Jacques Herman - 2007

06:35 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

02/11/2007

Mots vieillis

Les brocanteurs s’installent
Tout au long du quai
Déballent
De lourds paquets
Etalent
Sur la pavé
Des tables bancales
Des cadres naguère dorés
Des abat-jour
Des livres poussiéreux
Dépenaillés
Des vêtements usagés
Portés par nos ancêtres
Des outils d’anciens métiers

Moi qui n’ai rien à vendre
Les mains vides je m’assieds
Sur un vieux tabouret
J’écris sur des bouts de papier
Des dizaines de mots
Totalement dépassés
Hors d’usage
Vieillis
Parfois prématurément

Ils n’ont plus de valeur
Ne comptent que pour le coeur
Et les passants les emportent
Gratuitement


© Jacques Herman - 2007

20:25 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Mon pembroke welsh corgi

Notre bateau
Glisse sur l'eau noire
Et nourris d'espoir
Nous fendons les vagues
L'œil rivé sur un horizon
Que nos pensées embrument

De la monotonie
Surgiront peut-être
Pour nous distraire un peu
Les chants enjôleurs des sirènes
Dont le vaste domaine
S'étend sous nos pieds

J'ouvre ma blague à tabac
Et je bourre ma pipe
Mais je n'ai plus de feu

Un compagnon de voyage
Me fait remarquer
Les coudes sur le bastingage
Que la lune est pleine
Et qu'elle nous en veut
Il dit aussi qu'elle a du sang
Dans les cheveux

Mon pembroke welsh corgi
S'est assoupi
A côté de la porte des cuisines


© Jacques Herman - 2006

11:25 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Belgrade

Belgrade ô mes amours
Jamais lasses d'attendre
Les mères tisonnent la cendre
Les yeux fermés
Et les seins lourds

Je me souviens de cette fille
Belle comme un rayon de lune
Un manteau de brume
La protégeait de la pluie

Belgrade ô mes amours
Il ne pleut plus dans les rues
Les filles sont nues
Aux carrefours


© Jacques Herman 2005

11:25 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Buter contre un corps torturé

Des cris atroces
Résonnent dans le bois
Virevoltent autour des troncs
Grimpent vers les hautes branches
Et bousculent sans indulgence
La sérénité des oiseaux

Le promeneur solitaire s'arrête de marcher
Retient son souffle
Tente mais en vain d'apaiser son inquiétude
Et sa fébrilité
C'est un homme aux abois
Qui s'interroge en silence
Et dont le cœur se met
A battre la chamade

Le temps passe
Comme une éternité
La peur à présent
Cède la place
A la sérénité
Le promeneur solitaire
Poursuit son chemin
En sifflotant un air
D'Aristide Bruant
Mais ses pieds soudain
Butent contre
Le corps torturé d'un enfant


© Jacques Herman 2005

11:20 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

01/11/2007

Au carrefour d'Epandes

De mes rêvasseries
Interlopes et brumeuses
Elle surgit souvent
Inattendue
Mystérieuse
Au carrefour d'Epandes
En contrebas
De la forêt

Elle se tient debout
Les bras écartés
Comme pour régler
La circulation
Nue de la tête aux pieds
Se demandant
Sans doute
Qui va la remarquer

Elle s'agite un peu
Quand au bout de la route
Pointent les feux
D'un véhicule inconnu

Il m'arrive parfois
Emergeant du sommeil
De trouver le drap blanc
Qui lui sert de linceul
Jeté comme
Une serpillière
Sur le dossier d'une chaise
A côté de mon lit


© Jacques Herman - 2006

11:20 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Moisson

Si tu traces
Des sillons
Qui s'effacent
A quoi bon

Les poètes ont raison
De s'ouvrir aux mots qui passent
S'ils restent simples comme la vie
Que mènent
Ces paysans qu'on aime
Quand ils sèment
Dans la terre fertile
Nourricière
Des graines
Qui deviendront du blé



© Jacques Herman - 2007

07:20 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Il y a tant d'oubli

On trouve des amours
Solides comme l’airain
Que le divorce aspire
Et que gomme le temps

Et des listes de noms
Qu’on grave dans la tête
Ou qu’on y enchaîne
Mais qui après dix ans
Ne vous disent plus à rien
C’était du sapin
Qu’on prenait pour du chêne

Il y a tant d’oubli
Qui remplit ces tonneaux
Que l’on tente parfois
De vendre à la criée
Mais personne ici-bas
Ne s’intéresse au vide
Du temps passé

Et les barriques c’est navrant
Alors s’entassent
Sur les quais morts
Du port
Où ne passe
Que le temps


© Jacques Herman - 2007

07:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

31/10/2007

Hommage à André Chédel

Quand il ne me
Restera plus
Rien d'autre que
Ce drapeau noir
A brandir
J'irai sur ta
Tombe t'offrir
Une brassée
De fleurs sauvages

Avec force et vigueur
Dans le sang de la pierre
Je graverai ton nom
Et je le remplirai
Des couleurs du temps

Frère André Chédel
J'attends encore un peu
Que naissent ici et là
Dans la voûte étoilée
Des étoiles nouvelles

Tu connais mieux que moi
Le secret de la voie
Qui nous conduit à
L'Orient Eternel



© Jacques Herman - 2007

13:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)