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04/11/2007

Angle sud-est

Angle sud-est
Du marché aux puces
Arrivée du premier camelot
Il est sept heures à peine

Deux chevalets rapidement
Déployés
Un plateau posé
Mais de marchandise aucune

Premier passant
Je note
Absence d’attention
Un deuxième
Je note
Aucun intérêt
Le troisième s’est arrêté
Entame une courte
Discussion

Je cours en sa direction
Monsieur
Monsieur
A ce marchand
Qu’achète-t-on

Tant de choses dit-il
Qu’il vend à vil prix
Des émotions
Un sourire
Une joie
Un deuil effroyable
Une angoisse éprouvante
Des amours mortes
Des remords
Et de la compassion


© Jacques Herman - 2007

08:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Marquise vos beaux yeux

D'en finir marquise
Seriez-vous pressée

D'amour vos beaux yeux
Ne font plus mourir personne
Tout le monde se fout
Du regard que vous portez
Sur le monde et sur nous

C'est votre glas qui sonne
Au clocher de l'église
A présent vous pouvez
Loucher à votre guise
Et faire rire votre cocher


© Jacques Herman - 2007

08:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

03/11/2007

Cinq heures

Il a sonné cinq heures
Au clocher de l’église
Lentement des corbeaux
Tournoient au-dessus
Des rues inanimées
Noyées dans l’aube
Humide et grise
Comme un chagrin
Terne comme
Une vitre embuée
Insignifiante
Comme un miroir sans tain

Il a sonné cinq heures
Froides comme le coeur
De mon voisin
Ou comme la chair de ceux
Qui viennent de quitter
La noirceur de ces lieux
Et que l’on croit partis ailleurs



© Jacques Herman - 2007

09:40 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Je me gomme

Excusez-moi de prendre
Tant de place chez vous
De remplir insensé
Que je suis
Votre cœur
Et de me pendre
A votre cou

Excusez-moi si je
Ne suis qu’une ombre de plus
A convoiter vos appas

Il n’est finalement
Que mon effacement
Qui puisse me tirer
De ce faux pas

Je me gomme en conséquence
Et fais en sorte de ne pas
Laisser de trace
De ma présence


© Jacques Herman - 2006

06:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Silence de l'enfant mort-né

Je suis charmé
Par ta présence
Ô silence
De l’enfant mort-né

En quelques mots
Je rends hommage
A la nature parfois sauvage
Qui semble vouloir empêcher
Quelques élus
De voir le monde
Avec lucidité



© Jacques Herman - 2007

06:35 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

02/11/2007

Mots vieillis

Les brocanteurs s’installent
Tout au long du quai
Déballent
De lourds paquets
Etalent
Sur la pavé
Des tables bancales
Des cadres naguère dorés
Des abat-jour
Des livres poussiéreux
Dépenaillés
Des vêtements usagés
Portés par nos ancêtres
Des outils d’anciens métiers

Moi qui n’ai rien à vendre
Les mains vides je m’assieds
Sur un vieux tabouret
J’écris sur des bouts de papier
Des dizaines de mots
Totalement dépassés
Hors d’usage
Vieillis
Parfois prématurément

Ils n’ont plus de valeur
Ne comptent que pour le coeur
Et les passants les emportent
Gratuitement


© Jacques Herman - 2007

20:25 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Mon pembroke welsh corgi

Notre bateau
Glisse sur l'eau noire
Et nourris d'espoir
Nous fendons les vagues
L'œil rivé sur un horizon
Que nos pensées embrument

De la monotonie
Surgiront peut-être
Pour nous distraire un peu
Les chants enjôleurs des sirènes
Dont le vaste domaine
S'étend sous nos pieds

J'ouvre ma blague à tabac
Et je bourre ma pipe
Mais je n'ai plus de feu

Un compagnon de voyage
Me fait remarquer
Les coudes sur le bastingage
Que la lune est pleine
Et qu'elle nous en veut
Il dit aussi qu'elle a du sang
Dans les cheveux

Mon pembroke welsh corgi
S'est assoupi
A côté de la porte des cuisines


© Jacques Herman - 2006

11:25 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Belgrade

Belgrade ô mes amours
Jamais lasses d'attendre
Les mères tisonnent la cendre
Les yeux fermés
Et les seins lourds

Je me souviens de cette fille
Belle comme un rayon de lune
Un manteau de brume
La protégeait de la pluie

Belgrade ô mes amours
Il ne pleut plus dans les rues
Les filles sont nues
Aux carrefours


© Jacques Herman 2005

11:25 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Buter contre un corps torturé

Des cris atroces
Résonnent dans le bois
Virevoltent autour des troncs
Grimpent vers les hautes branches
Et bousculent sans indulgence
La sérénité des oiseaux

Le promeneur solitaire s'arrête de marcher
Retient son souffle
Tente mais en vain d'apaiser son inquiétude
Et sa fébrilité
C'est un homme aux abois
Qui s'interroge en silence
Et dont le cœur se met
A battre la chamade

Le temps passe
Comme une éternité
La peur à présent
Cède la place
A la sérénité
Le promeneur solitaire
Poursuit son chemin
En sifflotant un air
D'Aristide Bruant
Mais ses pieds soudain
Butent contre
Le corps torturé d'un enfant


© Jacques Herman 2005

11:20 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

01/11/2007

Au carrefour d'Epandes

De mes rêvasseries
Interlopes et brumeuses
Elle surgit souvent
Inattendue
Mystérieuse
Au carrefour d'Epandes
En contrebas
De la forêt

Elle se tient debout
Les bras écartés
Comme pour régler
La circulation
Nue de la tête aux pieds
Se demandant
Sans doute
Qui va la remarquer

Elle s'agite un peu
Quand au bout de la route
Pointent les feux
D'un véhicule inconnu

Il m'arrive parfois
Emergeant du sommeil
De trouver le drap blanc
Qui lui sert de linceul
Jeté comme
Une serpillière
Sur le dossier d'une chaise
A côté de mon lit


© Jacques Herman - 2006

11:20 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)