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01/11/2007

Il y a tant d'oubli

On trouve des amours
Solides comme l’airain
Que le divorce aspire
Et que gomme le temps

Et des listes de noms
Qu’on grave dans la tête
Ou qu’on y enchaîne
Mais qui après dix ans
Ne vous disent plus à rien
C’était du sapin
Qu’on prenait pour du chêne

Il y a tant d’oubli
Qui remplit ces tonneaux
Que l’on tente parfois
De vendre à la criée
Mais personne ici-bas
Ne s’intéresse au vide
Du temps passé

Et les barriques c’est navrant
Alors s’entassent
Sur les quais morts
Du port
Où ne passe
Que le temps


© Jacques Herman - 2007

07:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

31/10/2007

Hommage à André Chédel

Quand il ne me
Restera plus
Rien d'autre que
Ce drapeau noir
A brandir
J'irai sur ta
Tombe t'offrir
Une brassée
De fleurs sauvages

Avec force et vigueur
Dans le sang de la pierre
Je graverai ton nom
Et je le remplirai
Des couleurs du temps

Frère André Chédel
J'attends encore un peu
Que naissent ici et là
Dans la voûte étoilée
Des étoiles nouvelles

Tu connais mieux que moi
Le secret de la voie
Qui nous conduit à
L'Orient Eternel



© Jacques Herman - 2007

13:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

Je suis un poète minuscule

Je suis un poète minuscule
Au point de ne pas
M'apercevoir moi-même
Et je me couvre de ridicule

Je me cherche parfois dans l'ombre
Abandonnée par un poète voisin
Mais il y fait souvent si sombre
Que la nuit semble soudain
Descendre sur moi
Sans crier gare

Quand il se fait un peu tard
Dans le fond de mon coeur
Il m'arrive de rêver
Qu'un lecteur inconnu
Aura peut-être lu
Sur une nappe de papier
Quelques vers qu'il m'a pris
D'y griffonner



© Jacques Herman - 2007

13:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

J'ai croisé Baudelaire

J’ai croisé Baudelaire
Dans le quartier latin
Plein de monde à
Cette heure-là
Mais personne ne l’a
Reconnu semble-t-il

Je récitai comme
Quelqu’un qui marmonne
Doucement entre les dents
Quelques grands vers
Qui sonnent
Comme des matins clairs
Et traversent les temps

J’ai croisé Baudelaire
Dans le quartier latin
Collier rouge et poil blanc
Drôle de nom pour un chien



© Jacques Herman - 2007

08:10 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

30/10/2007

Klaxons

L’un crie l’autre se tait
Je hurle si ça me plaît
Qu’attendez-vous
Qu’attendez-vous
Pour faire entendre votre voix

Dans le concert des klaxons
Les bruits faibles sont
Imperceptibles
Et le silence à vrai dire
Nous ferait bien mourir
D’ennui

Criez de plus en plus fort
Comme des putois
Faites-vous entendre des morts
Et des vivants à la fois


© Jacques Herman - 2007

09:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Hommage à Cioran

J'ai parfois une pensée
Emue pour ces milliards
De gens heureux
De ne pas être nés
Et je confesse qu'il m'arrive
Alors d'être envieux

Chaque jour qui vient
Est une goutte appelée
A tomber
Dans mon verre
Le temps passe
Il se fait tard
Le verre est presque plein


© Jacques Herman - 2007

09:10 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Vers l'île qu'on aperçoit à l'Est

Tout est fini
Vous pouvez aller
Voir ailleurs si nous y sommes

La barque est crevée
Vous devrez écoper
Sachez qu'il vous faut
Atteindre l'île avant minuit

Ce soir
La lune brillera
Par son absence
Vous naviguerez dans la nuit noire
Et dans l'ennui

Deux d'entre vous
Rameront ferme
Les yeux fixés vers l'Orient
D'où viendra le vent

C'est un paramètre dont
Il faudra tenir compte
Vous naviguerez
A contre-courant


© Jacques Herman - 2006

07:10 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

29/10/2007

Du goudron

On ne voit pas de chats
Dans la Rue des Chats
Ni de femme étêtées
Dans le Rue de la Femme sans Tête
On ne voit pas de fripons
Dans la Venelle des Voleurs
Ni de l'écume au Square
Des Grands Ecumeurs
Non
Non
Non
On ne voit partout que
Du goudron
Du goudron
Du goudron
Et parfois aussi
Dès que tombe le soir
Des femmes lourdement fardées
Arpentant les trottoirs


© Jacques Herman 2007

08:10 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Incommunicabilité II

J'aimerais tant que tu me comprennes
Mais je ne peux que formuler
Des mots d'une banalité
Pathétique et affligeante

Tu t'en doutes assurément
Mais tu te confonds en excuses
Comme si tu voulais m'épargner

Tandis que de mon côté
Je cherche à traduire
Mes douleurs
Mes craintes
Mes désirs
Et je ternis
Comme un miroir ancien
Qui se fragilise
Au fil du temps
Et se brise
Inopinément



© Jacques Herman - 2007

07:05 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Ton jardin secret

Jusqu'ici tu vivais seule
Dans un jardin secret
Entouré de hauts murs
Et de fortes cloisons
L'unique porte qui
M'y donnait accès
Résidait dans mon imagination

Je m'inondais de rêves
Fabriqués à foison
J'élaborais des plans
Que je complexifiais
En savants labyrinthes

Aujourd'hui je détiens
La clé que depuis
Longtemps je convoitais
Désormais je partage
Les beautés
Les fragrances
Les mystérieuses humeurs
De ton jardin secret


© Jacques Herman 2005

05:10 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)