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12/10/2007

L'automne ici s'achève

à Liza Lo Bartolo Bardin

La plaine est rose
Jusqu'aux arbres qui cernent
L'horizon brumeux
Et près de l'étang
Assis sur un banc
J'observe les choses
De la terre et du ciel

Il n'est pas un oiseau
Qui puisse échapper
A mon acuité
Visuelle

Il n'est sans doute que
Le vent qui change de
Direction
Dont je ne mesure pas l'action
Sur la chute des feuilles

L'automne ici s'achève
Il est à mes rêves
Ce que sont à l'amour
Les murs d'une prison


© Jacques Herman - 2007

23:44 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Au tribunal

Deux bouts de ficelle
Qui ne s'étaient jamais rencontrés
Furent unis
Sans l'avoir demandé
Par un artisan
Plutôt mal inspiré

Le fil rapidement s'usa
Le couple ne s'entendait pas

Incompatibilité d'humeur
A dit le juge
Affaire suivante

Et l'on vit entrer
Dans le tribunal
Un couple de hérissons
Mal assortis

Que faites-vous ici
Dis-je

Nous divorçons
Nous divorçons
Affaire piquante



© Jacques Herman - 2007

14:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Brouillard dedans ma tête

J'ai du brouillard
Dedans ma tête
Et des crapauds
Qui sautent joyeux
Dans mes artères
Une envie de me taire
Mâtinée du besoin furieux
De dire quelque chose
Pour tuer le temps

J'ai du brouillard
En moi qui ne se dissipera
Sans doute jamais
Brouillard à couper au couteau
Purée de pois
Qu'alourdit un crachin
D'automne finissant
A vous faire froid
Dans le dos
Pour un long moment

J'ai du brouillard
Dans les yeux
Larmes non versées
Par pudeur retenues
Et qui restent accrochées
Sur le bord des paupières
Qu'elles rougissent
Qu'elles rougissent
Comme des marques malvenues



© Jacques Herman - 2007

13:21 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Des roses coupées

Elle effleure les fleurs
D'un tendre regard
D'abord
Puis avec un sécateur
Impitoyablement
Elle sectionne
Les tiges et confectionne
En souriant
Un superbe bouquet

Elle n'entend jamais
Les cris angoissés
Des roses
Qu'elle arrache à la vie
C'est la moindre des choses
Qu'elle tiennent longtemps
Dans l'eau qu'elle change
De temps en temps
Dans un vase en porcelaine
Bleue striée de blanc




© Jacques Herman - 2007

12:20 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Ne pas voir et n'être pas vu

Tant qu'à faire ma mie
Je préfère vous suivre
Comme l'ombre d'un chien
Apeuré
Parce qu'il sait
Les dangers du monde

Et j'irai me cacher
Dans un trou que l'on vient
De creuser
Dans les dunes
Face à l'océan

J'entendrai
Depuis ma tombe
Sans jamais m'en lasser
Assurément
Le bruit des vagues
Qui se meurent
Sur la plage
Et le souffle du vent

Rien de moins
Rien de plus
Que le bonheur intégral
De ne pas voir
Et de n'être pas vu



© Jacques Herman - 2007

12:19 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Une goutte de sueur

Il est tombé dans mon jardin
Une goutte de sueur
Si grosse qu'elle l'a rempli
En un tour de main
Elle a chu de ton front dégarni

Elle a creusé comme un acide
Un tracé si profond
Qu'il ressemble à la ride
Du penseur qui se morfond

A partir de ce jour
Il ne poussera plus
En ce lieu presque mort
Que de rares pensées
Et si Dieu le veut
Des feuilles de salade
Pour réjouir le coeur
De quelques herbivores



© Jacques Herman - 2007

05:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

11/10/2007

Bus de cinq heures

On me pousse
On me bouscule

L'autobus
De cinq heures
Vous comprime
Vous compresse
Vous compacte les gens
Comme des sardines
Dans des boîtes en fer blanc

Des odeurs âcres de sueur
Se mêlent aux relents
Plus ou moins naturels
Des pauvres voyageurs

On se pincerait le nez
Certes mais
Il faut respirer

On se résigne bêtement
Demain tout va recommencer



© Jacques Herman - 2007

21:18 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Miettes de temps

Permettez-moi de ramasser
Dessous la table
Les miettes de temps
Que vous avez perdues
Et de les jeter
Dans l'urne de
Feu Jean Delarue
Qui était horloger
Et qui décéda
Voici deux ans à peine
D'un rhume mal placé

Mon geste incongru
N'est que l'expression
De mon désir profond
D'atténuer sa peine


© Jacques Herman - 2007

20:31 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Ô Jeanne

Vous ressemblez de loin
De très loin je l'avoue
A un lapin
Qu'un chasseur met en joue
Et qui tremble de peur

J'avance à pas lents
Dans l'immense forêt
Qui s'étend au-delà du vieux cimetière
J'écrase les feuilles
De la morte saison
Quelques escargots
Et des champignons

C'est après votre image
Que sans cesse je cours

Je suis à bout de force
Mon souffle se fait court
Et j'ahane

Ô Jeanne
Cessez donc de jouer
A cache-cache avec moi
Ce n'est plus de notre âge





© Jacques Herman - 2007

20:27 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Canal

Tous les livres sont morts
Noyés dans le canal
Il n'en reste que deux
Que j'aperçois flottant
A la surface de l'eau
Mais pour combien de temps
Encore
Me dis-je

Passent un lépreux
Un officier de marine
Totalement éméché
Une beauté flamboyante
Entièrement nue
Les cheveux au vent
Assise en amazone
Sur un cheval âgé
Et deux filles vêtues
Selon les canons
D'une mode passée
Depuis très longtemps
Elles jouent au cerceau
Et chantent une chanson
Qui m'est inconnue

Je me penche un instant
Par dessus la barrière
Qui me sépare de l'eau
Et j'observe le manège
Des poissons


© Jacques Herman - 2007

20:25 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)