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11/10/2007

Miettes de temps

Permettez-moi de ramasser
Dessous la table
Les miettes de temps
Que vous avez perdues
Et de les jeter
Dans l'urne de
Feu Jean Delarue
Qui était horloger
Et qui décéda
Voici deux ans à peine
D'un rhume mal placé

Mon geste incongru
N'est que l'expression
De mon désir profond
D'atténuer sa peine


© Jacques Herman - 2007

20:31 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Ô Jeanne

Vous ressemblez de loin
De très loin je l'avoue
A un lapin
Qu'un chasseur met en joue
Et qui tremble de peur

J'avance à pas lents
Dans l'immense forêt
Qui s'étend au-delà du vieux cimetière
J'écrase les feuilles
De la morte saison
Quelques escargots
Et des champignons

C'est après votre image
Que sans cesse je cours

Je suis à bout de force
Mon souffle se fait court
Et j'ahane

Ô Jeanne
Cessez donc de jouer
A cache-cache avec moi
Ce n'est plus de notre âge





© Jacques Herman - 2007

20:27 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Canal

Tous les livres sont morts
Noyés dans le canal
Il n'en reste que deux
Que j'aperçois flottant
A la surface de l'eau
Mais pour combien de temps
Encore
Me dis-je

Passent un lépreux
Un officier de marine
Totalement éméché
Une beauté flamboyante
Entièrement nue
Les cheveux au vent
Assise en amazone
Sur un cheval âgé
Et deux filles vêtues
Selon les canons
D'une mode passée
Depuis très longtemps
Elles jouent au cerceau
Et chantent une chanson
Qui m'est inconnue

Je me penche un instant
Par dessus la barrière
Qui me sépare de l'eau
Et j'observe le manège
Des poissons


© Jacques Herman - 2007

20:25 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Madame est morte

Madame est morte de componction
Son mari devenu moine
L'avait abandonnée
Dans les bras de Morphée
Jardinier du château

Un soir qu'elle parut assoupie
Sur un banc de l'allée
Une suivante s'approcha d'elle
Puis s'écria
Madame est morte
Madame est morte
Et Morphée prit la porte
Et disparut à jamais


© Jacques Herman - 2007

20:22 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Fais risette à la dame

Pan
Pan
Q
Q
Tu feras
Risette à la dame
Je m'en tape répond-elle

Petite effrontée
Rugit la mère
Qui enchaîne
Eh pardi
Mais c'est la Mère Ubu
Perdue
De vue
Depuis la mort
De Jarry

Pan
Pan
Q
Q
Fais risette
A la dame
Vous savez
La petite
C'est tout le portrait
De son père

Pan
Pan
Q
Q
A la fin veux-tu te taire
Fais risette
Fais risette
Je te dis
Excusez-la Madame Ubu
Elle ne fera pas risette
Et c'est tout ça de foutu


© Jacques Herman - 2007

20:20 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Une vache en ville

Une vache brune
Débordant d’ardeur
Déambule au cœur
De la vieille ville

Elle s’embête à mourir
Ne trouve rien à brouter
Hormis le chapeau
Si richement orné
De la femme du maire

Un enfant apeuré
Tente de se cacher
Dans l’ombre d’un réverbère

Je poursuis mes emplettes
Le temps file
Le temps file
Ah ma chère
Si vous saviez
Le temps file
Et je suis pressé


© Jacques Herman - 2007

08:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (4)

Au carrefour d'Epandes

De mes rêvasseries
Interlopes et brumeuses
Elle surgit souvent
Inattendue
Mystérieuse
Au carrefour d'Epandes
En contrebas
De la forêt

Elle se tient debout
Les bras écartés
Comme pour régler
La circulation
Nue de la tête aux pieds
Se demandant
Sans doute
Qui va la remarquer

Elle s'agite un peu
Quand au bout de la route
Pointent les feux
D'un véhicule inconnu

Il m'arrive parfois
Emergeant du sommeil
De trouver le drap blanc
Qui lui sert de linceul
Jeté comme
Une serpillière
Sur le dossier d'une chaise
A côté de mon lit


© Jacques Herman - 2006

08:05 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Victime ou bourreau

Vous vous penchez à la fenêtre
Grassouillette à souhait
Victime ou bourreau
Le saura-t-on jamais

Et qu'importent les traces
De poignard qu'il portait
Ce soir-là dans le dos
Qu'importent les marques
De ses ongles sur vos seins

Un odeur âcre de mort
Et d'étreinte avortée
Rôde encore dans la chambre

La ville vibrante
Dans la chaleur du soleil d'été
Déborde de joie

Je vous observe de près
Vous êtes nimbée
De lumière rosâtre

Du mal qu'on vous a fait
De celui que vous fîtes
On ignorera tout
Mais je garde en mémoire
Les rougeurs des baisers
Portés à votre cou


© Jacques Herman - 2007

02:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

10/10/2007

Pendaison

J’ai voulu me pendre
Mais la branche trop tendre
A plié sous mon poids

Je suis tombé bien bas

© Jacques Herman - 2006

08:35 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Et la lune sourit

La ville est suspendue
A ses lèvres et l'écoute
Pérorer

De sa bouche surgissent
Des mots colorés
Qui explosent au ciel
Comme un feu d'artifice

Un chat de gouttière
Vient à passer
Devant le micro
De l'orateur

Un vol inattendu
De corbeaux insensibles
A l'heure grave qui sonne
Distrait aussi les auditeurs

Le charme puissant
Se trouve rompu
Comme une brindille
Fragile qu'on
Brise entre les doigts

Et la lune sourit
Au-dessus des toits


© Jacques Herman - 2007

08:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)