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09/10/2007

Le texte court

C'est un texte si court
Que la page semble blanche
Si vite lu
Que le temps d'y penser
Il a disparu
Le texte court
Court
Et son titre même
S'est échappé


© Jacques Herman 2005

01:10 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (3)

08/10/2007

Un triple sot

Un triple sot
Chantait en haut
D’une échelle si grande
Que nul ici-bas
Ne pouvait rien entendre

Par inadvertance
Selon d’aucuns
Selon d’autres afin
De rompre le silence
Il laissa tomber
Les notes les plus graves
Du fond de son gosier

Sur le trottoir on n’eut pas
A déplorer de blessés
Sans doute les notes étaient-elles émoussées

Ceux qui furent touchés
Semblent n’avoir rien vu

Souvent sans le vouloir
Nous passons à côté
Des choses essentielles
De ces temps
Dont on dit
Qu’ils sont les derniers



© Jacques Herman – 2007

23:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Coiffeur

Mes cheveux sont trop longs
Il me faut les couper
Où dénicher un coiffeur
Qui puisse libérer
Ma tête de ce poids
D'inutile présence

Celui que j'ai trouvé
N'a pas l'air méchant
Il lui faut un couteau
Qu'il pourrait
Dit-il
Emprunter au boucher
Un beau couteau tranchant
De la sciure
Pour absorber le sang
De l'eau pas trop gazeuse
Pour tout nettoyer

J'ignore encore
Si je vais rester
Dans ce fauteuil
Où je me suis assis confiant



© Jacques Herman 2005

23:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Virginie

Virginie
Virginie
Tu t'enfonces comme un clou
Dans la chair molle du jour

Tu portes sur le cou
L'empreinte de tes mains
Tu tentas souviens-t'en
De t'étrangler toi-même

Et demain
Demain sûrement
Malgré ton jeune âge
Tu t'étoufferas
Comme une rumeur
D'elle-même s'éteint
Dans les rues d'un village


© Jacques Herman - 2007

20:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

C'est louche

Tout nous est trop léger
Ce matin de printemps
C’est louche

Pour peu
Nous serions même heureux
Le ciel est trop bleu
C’est louche

Le chant des oiseaux
Le parfum des lilas
L’odeur du pain frais
Qui vient de la boulangerie
Tout est fait
Dirait-on
Pour nous faire aimer la vie
C’est louche

Nous nous sommes croisés
Avenue du Maréchal-Leclerc
Et nous sous sommes souri
Alors que depuis cet hiver
Nous évitions de nous rencontrer
C’est louche

Mais ce qui me paraît
Plus curieux encore
Plus chargé de mystère
Et d’interrogations
C’est le nuage vert
Juste au-dessus de la ligne d’horizon


© Jacques Herman - 2006

18:34 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

L'imprimeur

Il a plongé les mains
Dans du métal en fusion
Un mélange d'étain
D'antimoine et de plomb

On crie tout autour de nous
Près des machines on vocifère
Mais lui ne bronche pas

C'est un sacré caractère




© Jacques Herman - 2007

15:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Lévitation

Elle avance d'un pas
S'arrête et voilà
Que descendent du ciel
Des poussières rougeâtres

Elle avance d'un pas
S'arrête et voilà
Qu'à l'horizon surgit
Une brume sépia
Qui se répand comme un voile
Au-dessus de nous
Qui observons la scène

L'aîné tombe à genoux
Et se met à prier
La vieille s'est arrêtée
Nous baissons les yeux
Puis fermons nos paupières

Quand nous les rouvrons
Nous la voyons quitter la terre
Et s'élever lentement
Par lévitation
Avant de disparaître
Définitivement


© Jacques Herman - 2007

13:46 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Le pire

Il ne se passe à vrai dire
Pas d'instant dans la vie
Où je ne craigne le pire

Si la douleur abonde
C'est que le mal est venu
S'installer à mon insu
Dans l'attente qu'on l'active

Le pire a l'odeur
Acre des funérailles
Il s'enrubanne de blanc
Dissimule le sang
Il entaille
Parfois la peau

Le pire est un contre-chant d'amour
Et le cauchemar de mes nuits
A tout prendre m'est plus doux
Que la cruauté des jours


© Jacques Herman - 2006

00:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

07/10/2007

Comme Ophélie

Sa trace s’est perdue
Dans le canal
Le lieu semble idéal
Dans son allongement mystérieux

Elle s’est noyée
Dit-on
Comme Ophélie

Je me suis assis sur la berge
J’ai ramassé quelques galets
Et j’ai fait
Des ronds
Dans l’eau


© Jacques Herman 2005

23:52 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Voici

Voici l'ombre éblouissante
La noirceur aveuglante
Et l'élasticité du temps
Que nous voulons mesurer

Voici tout et son contraire
La fêlure des fous
Par où passe la lumière

Voici Dieu
Voici les hommes
Qui se prennent pour lui
Et les gens occupés
A se mourir d'ennui

Voici les machines
Bruyantes du destin
Et les étoiles qui brillent
Encore
Alors
Que la nuit vient de mourir
Il est six heures du matin

Voici les fiers tombeaux
Des moins que rien
Et le réverbère où Nerval s'est pendu
Et les nuages dans la tête
Des bipèdes humains
Qui n'en peuvent plus


© Jacques Herman - 2007

14:25 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)