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05/10/2007

Asti

J'ai parcouru la ville
Dans toute sa longueur
Dans sa largeur aussi
Et tout m'est familier
Jusqu'aux trottoirs ourlés
De curieux boudins sombres
Et la fiente de pigeon
Sur la tête
Les épaules et les pieds
De la statue du poète
Alfieri
Mort à Florence
Mais qui naquit ici

En cours de promenade
Je dessine à la craie
Le contour de ton ombre
Au coin d'une rue

Demain nous reviendrons
Reprendre la voiture
Parquée sous une arcade
A côté d'une grue
Jaune
Immense
Qui transperce comme une vrille
Le bleu intense
Du ciel d'Asti



© Jacques Herman - 2007

18:36 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

A mon grand-père

Réveille-toi grand-père
Du sommeil éternel
Extirpe-toi de cette allée austère
Ou bien descends du ciel

L'appel ou la prière
Que mon âme t'adresse
Sur la vitre embuée
Prend la forme d'un coeur
Il se tourne vers toi
Parce qu'a sonné l'heure
De la grande détresse

Réveille-toi grand-père
Du sommeil éternel
Extirpe-toi de cette allée austère
Ou bien descends du ciel
Et fais-moi la grâce
D'une ultime faveur



© Jacques Herman - 2006

18:35 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Le don de prophétie

Tu vois bien au-delà
De tous nos horizons

Troupeaux de phacochères
Fuyant l'incendie
Siamoises poursuivies
Par un cabriolet
Baisers furtifs
Dans l'ombre complice
D'une porte cochère
Femmes laiteuses
Aux cheveux violets

Tu rêves en couleurs
D'un peuple d'elfes
De trolls
Et de sorcières lascives
Qui se couchent à tes pieds
Puis se mettent à rire
A faire crever l'été

Prophète loqueteux
Nous écoutons ta voix


© Jacques Herman 2005

18:35 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

On attend l'ambulance

La main lentement glisse
Sur le corps refroidi
Remonte jusqu'aux yeux
Ferme les paupières
Remet de l'ordre
Dans les cheveux
Puis recouvre le corps
D'un vieux manteau d'hiver

On ne perçoit plus
Aucun bruit
On attend l'ambulance
Et les pompiers
Sans la moindre impatience
La femme restée
Prisonnière de
La carrosserie
Est morte depuis longtemps


© Jacques Herman - 2007

13:28 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Dans vos bréviaires

Quand j’ai vu en enfer
Des flammèches et des braises
Aussi misérables que celles qu’on voit
Sous la viande qu’on grille
Sur un petit feu de bois

Quand j’ai vu que
Même en m’appliquant
Je ne pouvais rien
Trouver qui m’effrayât
En ces lieux que pourtant
L’on craint depuis des âges

Alors j’ai lancé mille imprécations
Contre tous ceux qui nous ont trompés
Tandis que de l’eau et du sang
Me perlaient aux paupières
Puis ruisselaient sur mon visage

J’ai rempli vos bréviaires
D’épaisses vomissures
Puantes et colorées


© Jacques Herman - 2007

11:17 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Le remords

Il est là quelque part
Toujours prêt à surgir
Quand on ne s'y attend pas
On l'appelle remords

Epoux de la mémoire
Il n'en divorcera
Qu'à l'instant de la mort

Comment s'en délier mon Dieu
Comment
Le détruire
Le briser
L'anéantir
C'est toujours en vain que l'on tente
De lui interdire
Une nouvelle invasion de soi

Tapi dans l'ombre
Au fond de sa cage
Sans prévenir
Il en écarte les barreaux
Surgit en force et
Bondit sur la victime
Qu'il pénètre en silence

Il descend le long de l'échine
Et ne remonte pas
Il prend son temps
Brûle comme un acide
Grave des traces
De son passage
Rit sardoniquement
Et puis s'en va


© Jacques Herman 2005

11:16 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Deux trous de mémoire

J'ai creusé dans le trottoir
Deux trous de mémoire
De sable chaud
Je les ai remplis

A ce qu'il paraît
S'il faut en croire
La rumeur populaire
Le second trou serait
Ou trop rempli
Ou trop étroit
Tant pis
Pour moi

Je m'en retourne
Vaquer à
Mes travaux ordinaires


© Jacques Herman - 2007

11:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Le petit jardin

De la fenêtre du premier étage
On peut tout voir
Sans être vu
Dans le petit jardin
Qui s'allonge nu
A nos pieds

Regarde la sarabande
Des sorcières sans âge
Ecoute l'appel douloureux
Du faisan et de la tourterelle
Sens-tu la menthe sauvage
Qui se marie au thym

Quoi de plus émouvant
Que la simplicité
De ces mètres carrés
Qui s'ouvrent au ciel
Et à l'éternité


© Jacques Herman 2005

11:14 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Assemblée de Juillet

Permettez que je vous présente
Un poisson rouge endimanché
Seul au monde à se déhancher
Entre les seins lourds d'une blonde

Elle eût sans doute préféré
Que l'animal nageât ailleurs
Mais la raison ma chère
N'est guère de mise
En notre demeure

Souffrez aussi que je vous dise
Qu'au plus haut point il me plairait
De vous compter au nombre
De nos invités d'honneur
A l'assemblée de juillet

Je la préside
Je l'anime
Je distribue les entonnoirs
Des journalistes se bousculent
Pour nous voir
Mais notre règle veut
Que nous restions discrets


© Jacques Herman - 2006

11:13 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

04/10/2007

Le couvent

Derrière la porte du couvent
Juste avant la grand-messe
Les sœurs attendent le dimanche
Qu'entre le vent

Dans les replis des bures blanches
Je ne sais trop ce qu'elles cachent
Peut-être un cierge
Ou un murmure
Un baiser volé
Un pot de miel
Ou de confiture
Des bribes de plaisirs pervers
Une feuille morte
Ou la trame du jour

C'est l'heure bleue tant espérée
Seul un filet de vent léger
Filtre
A travers la serrure


© Jacques Herman 2005

00:35 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)