Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

30/09/2007

Relève-toi

Résiste
Relève-toi
Un peu de courage
Et de dignité
Voyons

C'est quoi
Cette loque humaine
Ce haillon
Couché face
Contre terre
Réponds

Quoi
Tu ne bronches pas
Es-tu sourd
Voyons
Réponds
Es-tu sourd

Es-tu sourd
Réponds
Voyons

Non Monsieur
Non
Me dit une voix
Inconnue
Il ne bougera pas
Il vient de mourir
Et j'ai bien de la peine




© Jacques Herman - 2007

15:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

A l'ami mort depuis trente ans

Sous terre
Que signifie le jour
Que signifie la nuit
Quel est le sens du temps
Qui passe
Ami
Que j'ai tant pleuré

La mort t'a figé
Dans la terre humide
D'un cimetière
De banlieue

Lorsqu'on t'y plongea
On affirma
Péremptoirement
Que tu t'étais endormi
Paisiblement
Dans ton lit

Ce matin
Mais tu l'ignores
Il ne fait pas très beau
Le ciel comme un bateau
Navigue dans les gris

En trente ans
Le monde a changé
Et nous avons vieilli
Nous irons te rejoindre
Bientôt
Et si tu le veux
Nous en parlerons ensemble


© Jacques Herman 2005

15:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

A côté de l'oratoire

Nous marchons en silence
Sur les feuilles tombées
Ce matin des platanes
Nous croisons à côté
D'un petit oratoire
Des hommes encapuchonnés

Un chien sans collier
S'approche du ruisseau
Pour y boire
Et le ciel à l'ouest
S'est enflammé

Que sommes-nous
Venus faire ce soir
En ces lieux retirés
Imbibés de mystère

Au pied d'un arbre dénudé
Une femme s'est agenouillée
Et s'abîme en prières
Que Dieu veuille l'écouter


© Jacques Herman - 2006

15:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Dernières paroles

La vie s'éloigne
De lui à petits pas
Et la mort le remplit
Goutte à goutte
On perçoit dans la chambre
Les prémices du trépas

Il tremblote un peu
Regarde le plafond
En direction des cieux

Il sait
Que tout sera bientôt fini
Dans un ultime effort
Il articule encore
Deux ou trois mots

Autour du lit
On tend l'oreille
On ne le comprend pas
Les héritiers sont à l'écoute

On lui demande de répéter
On serait prêt
Sans aucun doute
A le brusquer
Pour qu'il articule mieux
Mais rien n'y fait

Moi qui n'ai pas
L'ouïe très fine
J'ai compris
Qu'il a dit
Simplement
Je m'en vais



© Jacques Herman - 2007

11:37 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Simon

Les yeux de Simon
Faut-il ô silence
En parler toi qui
Ne vis
Que d'indifférence
Se fixent au centre
Du grand plafond blanc

Alors lentement
Très lentement
Simon du regard
Décroche des nuages
Un à un puis les pose
Devant lui
Comme des pétales de roses
Précautionneusement

Sans l'ombre d'un cérémonial
L'un après l'autre nous nous levons
Nous nous éclipsons
Lucide plus
Que de raison
Simon reste seul à la table du fond


© Jacques Herman - 2007

11:30 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Dire les choses à l'envers

L'automne a déposé
Sur ta bouche un parfum
Frais et vanillé
Peu commun

Et depuis lors tu parles
En inversant les mots
Pour la vie
Tu dis mort
Tu dis nuit
Pour le jour
Haine pour amour
Tu confonds bas et haut
La surface et le fond

Voilà pourquoi j'attends
Dans la brume et l'impatience
La prochaine saison

Les frimas de l'hiver
Sûrement t'empêcheront
De dire les choses
Du monde à l'envers



© Jacques Herman - 2007

11:30 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

12/01/2007

La ville est froide comme un linceul

En hommage à Pierrette Kirchner-Zufferey



La ville est froide comme un linceul




La ville est froide comme un linceul
La ville est vide
Je reste seul
Et je marche dans l'unique
Direction indiquée

Sur le poteau planté
A la croisée des chemins
Il n'est qu'un lieu qui se trouve mentionné
En toutes lettres
On y lit
Destin
C'est là que je vais

De temps en temps
Je me retourne
Affaire d'observer
Les maisons qui rapetissent
A mesure que je m'éloigne
Et je traverse des bois
Des campagnes
Des talus
Des fossés inondés

Irrésistible envie de crever
Sans que quelqu'un n'intervienne
Il n'est du reste ici qu'une seule âme en vadrouille
La mienne

A quoi bon dire le vide
La lande est riche de senteurs
Et mon âme déborde de malheurs
A quoi bon laisser des mots
Que personne ne lira
Pas même moi qui supplie
Le ciel de mettre un terme
A mon errance

Voilà des jours et des semaines
Que je ne croise
Qu'un chien
Une pie sur une fontaine
Une fillettes assise
En équilibre instable
Sur la margelle d'un puits
Un manège forain
Des enfants qui jouent
Dans l'innocence de leur âge

Pas un individu
Pas un seul
Qui ne me tende la main
Ne me salue d'un coup d'oeil
Pas un sourire
Pas l'ombre d'une compassion
Je cherche par discrétion
A cacher mon chagrin
Et je ne pleure à vrai dire
Qu'à l'écart de la place publique

Il faut que je prie
Me lance un passant
Le seul qui soit sorti
De son silence
Et qui m'a l'air alcoolique

Alors je prie qu'un camion
Qui ressemble à l'un de mes jouets d'enfance
Vienne m'écraser

On ne parlera bientôt plus de moi
Tout le monde sera content
Du lecteur des faits divers dans la presse locale
A ceux qui m'étaient proches
En ne m'ont pas aimé vraiment


© Jacques Herman - 2008

11:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

06/01/2007

Céline

A l'enterrement de la petite Céline
As-tu remarqué
Ô ma sœur
Qu'exceptés le curé
Et le vieux fossoyeur
Nous n’avons vu qu'un chat
Famélique de passage
En quête d'une proie
Et deux oiseaux noirs
Qui virevoltaient au-dessus de nous

C'est alors que
Sorti de l'ombre
L’ami Bertrand
Joua sur son concertina
Un air déchirant
Qui lacéra le ciel
Come une lame de rasoir



© Jacques Herman - 2008

12:35 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)