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08/04/2012

L'amour et le silence

Dans l'herbe bleue

Quand la fin du jour

Brise toutes les retenues

Côte-à-côte cheminant

Se tenant par la main

Le ciel pris à témoin

Ils se disent des mots tendres

Et qui vibrent d'amour

 

Le chemin de halage

N'en finit pas

De se prolonger

L'eau du canal

De vient plus glauque

Et le couple soudain

Flaire un danger

 

Dès que je t'aime est dit

Le brouillard s'amoncelle

Et se densifie

Immanquablement

Dans le coeur

Dans l'âme

Dans le corps

Et dans l'esprit

 

Taisons-nous et laissons

Vaincre le silence

Le non-dit toujours

Brille par son éloquence

 

Moins nous parlons

Plus notre amour grandit

 

 

Jacques Herman

2012

10:36 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

06/04/2012

Colombophilie

Nivelles

Le vent forcit

Gros nuages gris

Risque de pluie

Les convoyeurs attendent

Vive le Roi

 

Arlon

Brouillard épais 

Un peu de givre

Dans les champs

Les convoyeurs attendent

Vive le Roi 

 

Sering

Il va tomber des cordes

Le ciel s'obscurcit

Les convoyeurs attendent

Vive le Roi

 

Jodoigne-Souveraine

Temps clair

Le fond de l'air est frais

Le soleil brille

Les convoyeurs lâchent

Vive la Reine

 

 

Jacques Herman

2012

 

16:57 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

04/04/2012

Il ne lui reste plus

Il ne lui reste plus 

Qu'une roue de fortune

Voilée par le temps

Qui ne tourne qu'en

Criant de douleur

Et dont l'aiguille choisit

De ne s'arrêter

Que sur les cases

Marquées malheur

Chagrin

Fin de parcours

 

Une jeune inconnue

A la tombée du jour

S'approche de lui

A demi dévêtue

 

Il sourit

L'interroge

Mais qui donc es-tu

 

La belle lui répond

Je suis ta dernière heure

 

Je te remercie

Lui dit-il

D'être venue

 

 

Jacques Herman

2012

 

23:09 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

02/04/2012

Pour tous les mots que tu n'as pas écrits

 

Très bas

Très bas

Nous nous inclinons

Devant la pierre grise

Gravée à ton nom

Attristés

Au plus profond

De nous-mêmes

Par ton départ auquel

Nul parmi nous ne s’attendait

 

Nous venons t’exprimer

Notre reconnaissance

Sincère

Sans l’ombre

D’une arrière-pensée

Pour tous les mots

Que tu n’as pas écrits

Tous tes poèmes

Non publiés

 

Un vol de canards sauvages

Passe à présent

À notre aplomb

 

L’un de nous ajuste

Une écharpe  à son cou

 

Un autre se mouche

Bruyamment

 

Et celui qu’on disait

Ton plus fidèle  amant

Nous gratifie d’une quinte de toux

 

 

Jacques Herman

2012

 

16:33 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

31/03/2012

L'envers vaut l'endroit

On vient d'épingler

Le journal d'une ombre morte

A l'envers de la porte

 

Il se lit de haut en bas

Tandis qu'à l'endroit

Dans l'autre sens

Il se décline

 

Il nous parle d'un corps

Qui à ce jour encore

Nous demeure inconnu

Mais dont la vie croit-on

S'est toujours déroulée

Sur les deux versants

De la même portée

L'un pointé vers le ciel

Chantant les aiguës

Le second tendu

Vers les gorges profondes

Des terres dévêtues

Et qui vibrent d'ennui

Comme les notes graves

Au clavier de la vie

 

Dans le monde des morts

L'envers vaut l'endroit

Plus rien n'est décor

Et la porte d'entrée

Est aussi celle

Par laquelle on sort

 

 

Jacques Herman

2012

 

16:24 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

29/03/2012

Envers et endroit

L'envers vaut l'endroit

L'un comme l'autre prétendent

Bonnes gens qui m'écoutez

Se faire pareillement entendre

Dans les bouches malodorantes

Du métro surchauffé

Et sur les places publiques

A l'issue du marché

Entre deux navets blets

Des poireaux fatigués

Et quelques détritus

 

L'envers vaut l'endroit

L'un comme l'autre prétendent

Bonnes gens qui m'écoutez

Se faire pareillement entendre

Sur les scènes éphémères 

De spectacles populaires

Lourdement médiatisés

Et dans l'intimité

Des dunes tout au long

Des plages dénudées

 

Et l'endroit vaut l'envers

L'un comme l'autre prétendent

Bonnes gens qui m'écoutez

Se faire pareillement entendre

Dans les canards pourris

Dont les foliculaires

Vous toisent à l'envi

Et dans les longs couloirs

Discrets

Peu visités

Des châteaux hantés

Dont les ruines 

Toutes les nuits murmurent

La gloire éteinte des nantis

 

Jacques Herman

2012

16:19 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

27/03/2012

Muezzin

Debout en haut

Du minaret

Le muezzin appelle

A la prière

 

Le ciel est bleu

Mais on dirait

Qu'il tend un peu

Vers le rose-orangé

 

"Dieu est le plus grand

Dieu est le plus grand"

Et dans la chaleur

Légèrement attiédie

Par la fin du jour

Une douzaine d'oiseaux blancs

Passent à l'aplomb

De la mosquée

 

Quelqu'un dans la rue

Me donne un croissant

De lune en bronze doré

J'entends le bruit

D'un volet

Que l'on vient de fermer

Je perçois l'odeur

D'un parfum sucré

 

Je recule un peu

Le minaret

Se profile

A contre-jour

 

Ce soir des étoiles

S'accrocheront partout 

Il suffit pour les voir

De vouloir ouvrir les yeux

 

Jacques Herman

2012

11:42 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

25/03/2012

Hommage à Delvaux

Dans la rue dont le vent

A pris la maîtrise

Des filles à la peau blanche

A moitié dévêtues

Ont les yeux grands ouverts 

Mais ne regardent rien

 

Les bruits ordinaires

Semblent à jamais se taire

Et le soleil étend

Sur le pavé des trottoirs 

Un voile poussiéreux

Qui vibre juste un peu

Dans les rais de lumière

 

Les filles immobiles

Ressemblent aux statues 

Froides et poussiéreuses

Des palais florentins

Ou aux femmes livides

Figées par Delvaux

Sur un long quai de gare

Tremblant et incertain

 

 

 

Jacques Herman

2012

 

11:40 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

23/03/2012

Un filet d'eau

Un filet d'eau 

Doucement coule 

Depuis le plafond

Le long du mur bleu

Dans le petit salon

 

Quand il atteindra

Le marbre froid

De la cheminée

Sans doute qu'il

Ralentira

 

Tu le suis de ton oeil

Toujours un peu inquiet

Tu le guettes comme 

Le ferait un chat

Devant une souris

Tu l'attends au contour

 

On te parle mais déjà

Tu n'entends plus rien

Ton regard suraigu

Vient de te rendre sourd

 

Nous sommes cependant

Prêts de toi t'entourant

Pour tes derniers instants

A passer parmi nous

Et la vieille voisine

Fait semblant de pleurer

La tête enfoncée

Dans ses mains osseuses

Et les coudes posés

Au-dessus des genoux

 

 

Jacques Herman

2012

 

09:24 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

21/03/2012

Les mots vagues

Les mots vagues 

A nul autre pareils

Portent à jamais

L'écume des mers

 

Ils se balancent au gré

Des flux et des reflux

Sur lesquels aucun

D'entre nous n'a maîtrise

 

Il arrive parfois

Qu'ils se dissolvent tandis

Que les mots clairs

Et trop bien définis

Se brisent en tombant

Comme des plaques de verre

 

 

Jacques Herman

2012

 

 

09:23 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)