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12/01/2012

Voyante

Dressée sur la pointe des pieds

Le cou tendu

Jusqu’à la déchirure

Les yeux rivés

Sur le monde alentour

La voyante ne voit rien venir

 

Ni l’épaisse fumée

Que dégage l’usine

Ni le nuage vibrant

D’un vol d’étourneaux

Ni la chorégraphie

Sur le ciel bleu

D’un cerf-volant

Ni la faux de la mort

Qui vient à sa rencontre

Rompre le cours du temps

 

 

Jacques Herman

2011


15:11 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

10/01/2012

Que l'on ferme les volets

Des fenêtres étroites

Laissent passer le temps

Jusqu’ici prisonnier

Des griffes saturniennes

Et libéré sans doute

Inconsidérément

 

Le voilà qui soudain

Se met à enfler

A jouer les baudruches

A deux doigts d’éclater

Entre des mains d’enfant

 

Que l’on ferme les volets

S’époumone un passant

Mais la noirceur du ciel

Vient absorber son cri

 

 

Jacques Herman

2011

14:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

08/01/2012

Mais voilà qu'un fauteuil

Elle vient lâchement

De m'abandonner

C'est la fin d'une histoire

D'amour

Et je broie du noir

 

Mais voilà qu'un fauteuil

Vient me tendre les bras

Un vrai coup de foudre

Selon toute apparence

 

Je me blottis 

Entre ses accoudoirs

Comme le ferait un chat

 

 

Jacques Herman

2011


09:28 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

06/01/2012

Même quand le givre

Même quand le givre

Te recouvre presque nue

Comme l'herbe ce soir

De grand froid sous la lune

Les mots que tu murmures

Font mûrir le silence

Dans la noirceur des rues

 

Mon cœur s'en fait l'écho

Rhapsodié par la foule

A cette heure disparue

Mais que l'on imagine

Sans accomplir d'effort

Et qui reviendra demain

Et comblera l'espace

Jusqu'au grouillement sourd

Au milieu de la place

Que tu rejoindras seule

Et sans retenue

En frémissant un peu

 

 

Jacques Herman

2011

13:25 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

04/01/2012

Dans tes yeux fatigués

Dans tes yeux fatigués

Une eau glauque croupit

Jonchée d'herbes jaunes

Veinée de filets huileux

Que le vent semble étirer

 

La lumière du jour

Ne saurait tarder

 

Ton regard perdu

Dans la nuit qui s'estompe

Se perd dans la brume

Qui recouvre l'étang

La vie semble vouloir

Se faire oublier

Le silence nous pèse

 

On entend quelques pas

Dans les tas de feuilles mortes

Du petit chemin

Qui se perd dans le bois

 

Le temps prend son indépendance

Et dans le silence

Qui se sent à l'étroit

Nous ressemblons un peu

A des chiens sans collier

 

 

Jacques Herman

2011

13:21 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

02/01/2012

Les mains tendues

Les mains tendues

Les paumes ouvertes

Sur le ciel bleu

D'où tombent en pluie

Des milliers de filles nues

Tu écartes les pieds

Tu sens monter ta sève

Et tu fredonnes un air

Que depuis longtemps

Nous avons oublié

 

Quelqu'un dit

Que tu vas bientôt

Mourir comme en hiver

La lumière du jour

 

Mais à la Saint Jean

Tu renaîtras aussi

Comme resurgit l'amour

Après un temps d'oubli

 

 

 

Jacques Herman

2011

12:47 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

31/12/2011

Elle s'accroche

Elle s'accroche désespérément

Aux aiguilles du pin

Qui refusent de tomber

Aux feuilles mortes

Que le vent

Voudrait emporter

 

Elle s'accroche à ton rire

Aux fleurs minuscules

Que le printemps fait naître

A la candeur

Des terres enneigées

 

Aux empreintes laissées

Dans la boue par le chien

Qui rentre en boitant

Dans la cour du voisin

 

Aux franges de la nuit

Qui vient de tomber

 

 

Jacques Herman

2011


17:36 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

29/12/2011

Lettre à un ami

Ne cherche pas à savoir pourquoi

C'est ton destin d'entendre le chant

Des chaînes rouillées

Contre le portail

Des feuilles que ton pied 

Inéluctablement écrase

Et des voix que la nuit

Te balance le vent

 

Ne cherche pas à savoir pourquoi

Les troupeaux paissent dans le pré carré

La ville le jour semble exténuée

Par les bruits imbéciles

 

Respire le souffle

Qui plane sur les champs

Ne te mesure qu'à l'aune

De tes rêves légers

Ne te fie qu'aux frissons

Magiques et inutiles

De la voûte étoilée

 

 

Jacques Herman

2011


17:32 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

27/12/2011

Elle se pique le doigt

Elle se pique le doigt

Une goutte de sang

Perle 

Dodue 

Luisante

Comme une laque fraîche

 

La main droite a lâché

Le fil et l'aiguille 

 

Elle enlève le dé

Tache de rouge 

Le tissu délicat

Se lève en maugréant

Bouscule le chat

 

La porte de la chambre

Claque à cause du vent

 

 

Jacques Herman

2011

11:41 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

25/12/2011

Seule sur le peer

Je salue le vent

Qui transforme le sable

En lames acérées

 

Je salue les dunes

Qu’il a formées

Au fil du temps

 

Je salue dans le ciel

Le dernier cerf-volant

Que l’on distingue à peine

Entre chien et loup

 

Je salue la plage

Les étoiles de mer

Les brise-lames

L’écume 

Des vagues premières

 

Je salue les nuages

Et la pelle 

Et le râteau

Et le ballon jaune 

Qu’un enfant a perdus

 

Je salue les étoiles à venir

Et la jeune fille nue

Seule sur le peer

Que la brume du soir

Doucement estompe

 

Je salue la digue

Et ses hauts lampadaires

 

Je salue le cycliste

Qui roule sans lumière

Et le fox terrier

Et les chats errants

 

Je salue les odeurs d’algues

Et la mer qui dort

En ronflant

 

 

Jacques Herman

2011


13:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)