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13/08/2011

Nous sommes servis

Nous sommes servis

Nous avons nos pauvres

Nos morts

Nos héros fatigués

Au point de tomber

Morts pour la Patrie

Nous avons nos torts

Et nos bonnes raisons

Nous avons nos dégoûts

Nos désirs

Nos envies

Nous avons tout

Ce qu'il nous faut

Mesdames et Messieurs

Nous sommes servis

Vous nous voyez franchir

Des frontières abolies

En relevant la tête

En titubant un peu

Vous nous voyez compter

Nos heures douloureuses

Monotones mais silencieuses

Et débordant d'ennui

Nous sommes largement servis

Il ne nous manque plus rien

Sinon les illusions

Que vous gardez

Jalousement pour vous

Pour le reste nous avons tout

Jacques Herman

2011

15:27 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

12/08/2011

Une fois encore j'essaierai

Une fois encore j'essaierai

D'être le pantin

Désarticulé

Que le ciel en sa bonté

Douteuse manipule

On vient de me coller

Dans la main un arrosoir

Aux pieds des sabots blancs

En bois de peuplier

Sur ma tête ils ont vissé

Un étrange chapeau noir

Une voix de stentor

Derrière le décor

De carton-pâte m'ordonne

De verser de l'eau

Sur les fleurs du jardin

L'automne je cueillerai

L'un après l'autre les fruits

Et je ramasserai

Les feuilles mortes

Tombées de l'arbre de vie

Et quand viendra l'hiver

J'écouterai tomber

Le neige artificielle

Ignorant tout du ciel

Accroupi sur le seuil

Refroidi de la porte

Jacques Herman

2011

15:24 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

10/08/2011

Rien vu de l'accident

Je n'ai rien vu de l'accident

A peine ai-je perçu

Le bruit de la tôle froissée

 

Je n'ai pas vu venir

L' ambulances ni

Le camion de pompiers

 

Je n'ai pas vu les brancardiers

Les badauds toujours friands

Du malheur des autres

La femme à demi nue

Qui arpente le pavé

Ni les agents

De la circulation

Qui remarquant

Ma longue canne blanche

M'ont aidé gentiment

A traverser la rue

 

 

Jacques Herman

2011

19:09 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

09/08/2011

Tu files à l'anglaise

Tu files à l'anglaise

Et l'Ecossais déçu

S'insurge contre ton départ

 

Il s'ébroue soudain

Se ronge les ongles

Se fait du mauvais sang

 

Une jeune fille fragile et menue

Quoiqu'au coeur de l'hiver

A demi-nue

Ne s'en va pas sans un au revoir

 

Il la fera poursuivre

Traquer comme une bête

A travers la forêt

On l'arrêtrea

On lui entrevarea

Les mains et les pieds

 

Impavide et froid

Il l'abattra lui-même

D'une balle entre les yeux

 

Peut-être décidera-t-il

De la faire empailler

Rien n'a plus de charme

Dans une salle d'armes

Qu'une fille naturalisée

Comme un cerf

Une biche

Un sanglier

 

 

Jacques Herman

2011

 

00:01 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

08/08/2011

Au fil de l'eau

Voici le temps venu

De vous pendre au fil de l'eau

Si changeant

Et si ténu

Qu'on imagine mal

Qu'il résiste longtemps

Au poids de votre corps

 

Imaginez en cet instant

Les passants sur la rive

Fins guetteurs de la mort

Friands d'observer

Votre doux balancement

Interrompu soudain

Par une fin prématurée

 

Les cordes

Ordinairement

Offrent une résistance

Beaucoup mieux assurée

Mais les branches auxquelles

Elles sont accrochées

Parfois se brisent

Lamentablement

 

 

Jacques Herman

2011

09:23 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

07/08/2011

Jamais comme à présent

Jamais comme à présent

Je n'ai pu mesurer vraiment

A quel point tout était

Ephémère

Fragile

Evanescent

 

Jamais je n'ai compris

Avec autant d'acuité

Que les sages souvent

Clamaient haut et fort

Tant d’imbécillités

 

Ni que la rose naissante

D'une épine sanglante

Avait déjà signé

Son arrêt de mort

 

 

Jacques Herman

2011

13:28 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

06/08/2011

D'un jet de caillou

D'un jet de caillou

L'oeil de boeuf se brisa

Le frondeur gêné

Prit les jambes à son cou

 

Hilare et moqueur

Un taureau de passage

Feignant la pitié

S'exclama

Pauvre vieux

On lui aura

Bientôt pris tout

 

 

Jacques Herman

2011

13:36 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

05/08/2011

Nous voila fixés

Ils ont crucifié le temps

Sur la carte du monde

Ils ont pendu l'espace

A l'abri des regards

A l'une des branches basses

D'un platane du boulevard

 

Promeneurs cessez

De vous plaindre

De râler

Ils vous ont figés

Comme des papillons morts

Que l'on vient épingler

Sur un velours imbécile

 

Nous vous savions menacés

Délicats et fragiles

Comme vous

Nous voila fixés

 

 

Jacques Herman

2011

13:27 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

04/08/2011

Devant la porte

J'errais à travers la ville

Je t'ai vue devant la porte

Entre le hêtre blanc

Et le tronc d'un vieux chêne

 

Tu as dit

Donne-moi donc

Un peu de vin

Attends

Assieds-toi

Raconte à la foule

Des récits des dieux du ciel

Et j'en ai raconté

 

Pourtant tous les dieux du firmament

Aujourd'hui se taisent

Et notre seule espérance

Comme un oiseau

Vole très lentement au-dessus de nous

 

 

Jacques Herman

2011

10:36 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

03/08/2011

Tu trépignes

Tu gribouilles

Tu griffonnes

Tu cogites

Tu t'énerves

Toujours trop vite

 

Tu déplies

Un trombone

Tu tapotes sur la marbre

Froid comme la mort

Tu sais tout

Sur tout

Les autres

Ont toujours tort

 

Tu te grattes la tête

Tu te ronges les ongles

Tu trépignes

Tu bouillonnes

Tu pivotes

Sur toi-même

Comme une vis

Qu'on enfonce

Dans du bois tendre

 

Tu te meurs d'impatience

On te fais signe d'attendre

De te calmer

Rien n'y fait

Tu rougis

Tu rugis

Tu t'arraches les cheveux

On te dit de t'asseoir

Ou de t'allonger

 

Te voila rubicond

A deux doigts d'étouffer

On t'éponge le front

Tandis que ton dos

Craque soudain

Comme une branche sèche

Que l'on brise en chemin

Machinalement

Sans savoir pourquoi

 

 

Jacques Herman

2011

15:19 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)