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18/07/2011

L'hiver s'est accroché

Fissures du verglas

Engelures des faces

Sourires figés

Comme des rictus qu’on dirait moqueurs

Froidures de l’aube

Qui s’étirent jusqu’au soir

 

Dans le frisson des heures

Sous son long manteau noir

L’hiver s’est accroché

A nos branches frileuses

 

 

Jacques Herman

2011

12:36 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

17/07/2011

Chaude encore

La chambre est devenue silence

La chaise est vide

Mais chaude encore de la présence

De celle qui vient de sortir

Par la fenêtre

En agitant les bras

Parce qu'elle se prenait

Pour un oiseau

 

Elle est morte

En contrebas

 

 

Jacques Herman

2011

12:36 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

16/07/2011

Un gamin qui pleure

 

Un gamin qui pleure

Au septième banc sur la gauche

Un pasteur qui prêche

Les mains sur la chaire

Et un vieillard à demi-sourd qui s'égosille

Au fond de l'église

I see the stars

I hear the mighty thunder

 

Sur le trottoir un mendiant

Attendant patiemment

La fin de l'office

 

Soudain le passage bruyant

D’un camion de pompiers

Ou d'une ambulance

Ou d'une voiture de police

 

Un ciel gris de Payne

Au-dessus de la ville

La pluie va tomber

 

 

Jacques Herman

2010

15:38 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

15/07/2011

Il dit qu'il est venu

 

Il dit qu'il est venu

Pour dénombrer les morts

Qui sont tombés la nuit

Sur le champ de bataille

 

Au milieu de l'hiver

La lumière pâlit

Les jours sont revêtus

De leur frêle parure

De neige et de sang mêlés

Les heures claires se raréfient

Il faut se hâter

Presser le pas

 

Sur la terre durcie

La paix du jour

Est de courte durée

 

On le croirait glisser

Entre les déchirures

Du ciel ensanglanté

Par le soleil couchant

 

La cendre et la fumée

Planent comme en novembre

Le brouillard filandreux

A la surface des étangs sourds

Et des rivières endormies

 

Il dit que la guerre

N'en finira jamais

Que les portes du ciel

Grincent comme le portail

Du jardin de la cure

Et que l'homme par nature

Sera toujours mauvais

 

 

Jacques Herman

2010

15:33 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

14/07/2011

Ezéchiel

 

Dans la neige une étoile

Née de la mer

Et non du ciel

 

Sous la neige le sable

Et sous le sable un manteau

Comme une couche

D'ossements desséchés

 

Un homme se promène

Avec son fils au bord de l'eau

 

Ne ma lâche pas la main

Dit Ézéchiel à son père

Qui la serre

Si fort

Que les os vont craquer

 

 

Jacques Herman

2010

15:25 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

13/07/2011

Rideaux d'arbres

 

Voilà des rideaux d'arbres

Fraîchement élagués

Puissamment éclairés

Qui tranchent la sombre

Épaisseur du ciel

Au creux de la nuit

 

Près de la fenêtre

Où je me tiens assis

Ma voisine me dit

De sa voix douce et tendre

Qu'elle aperçoit

Des lapins bleus et blancs

Qui s'agitent étrangement

A cette heure tardive

Et quelques pendus

Qu'on aurait omis

Sans doute de dépendre

 

 

 

Jacques Herman

2010

13:40 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

12/07/2011

Vol de pigeon

 

C’est un vol de pigeon

Qui nous a séparés

Nous nous tenions debout

Sur la place pavée

Près du murmure

De l’ancien abreuvoir

 

Nous ressemblions tous deux

A des jours de pluie

Grisâtres et ennuyeux

 

Sans doute égrenions-nous

Des propos anodins

 

Le pigeon plein d’innocence

Venait de franchir

A son insu

Le mur épais du silence

De la séparation

Entre le doux mystère

Et la froide raison

 

 

Jacques Herman

2010

13:36 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

11/07/2011

Rideaux d'arbres

Voilà des rideaux d'arbres

Fraîchement élagués

Puissamment éclairés

Qui tranchent la sombre

Épaisseur du ciel

Au creux de la nuit

 

Près de la fenêtre

Où je me tiens assis

Ma voisine me dit

De sa voix douce et tendre

Qu'elle aperçoit

Des lapins  bleus et blancs

Qui s'agitent étrangement

A cette heure tardive

Et quelques pendus

Qu'on aurait omis

Sans doute de dépendre

 

 

 

Jacques Herman

2010

11:11 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

10/07/2011

Le poids de l'impuisance

Qu'a-t-elle dit la moule

Qui s'est ouverte à la cuisson

Prise au piège du court-bouillon

 

Comme la fleur tranchée

Comme l'herbe piétinée

Comme l'heure arrachée

A la journée sans fin

Qu'on voudrait abréger

La moule a gardé

Le silence des héros

La grandeur des martyrs

 

Et nous qui passons

Le temps à vomir

Des banalités

Nous mesurons alors

Le poids de l'impuissance

Que les dieux peu cléments

Nous ont octroyée

 

 

Jacques Herman

2010

10:49 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

09/07/2011

Mais quelle heure est-il

Dans l’immense ville rectangulaire

Dont les rues sont tracées au cordeau

Les roses ce matin

Ont été arrachées

Et les parterres

Soudain endeuillés

Gémissent

Les seuls espaces verts

Ont perdu

Le charme des couleurs

Les aiguilles de l’horloge

Du clocher de l’église

Solidaires

Ont cessé de tourner

Un jeune imbécile

Crie son désarroi

Le ciel l’entend

Répétant à tout va

Mais quelle heure est-il

Mais quelle heure est-il

Jacques Herman

2010


10:19 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)