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03/07/2011

La cage d'escalier

 

Comme une fleur flétrie

Une orange pourrie

Qui monte et descend

Sans fin l'escalier

Mais feint parfois

De s'arrêter

A tel ou tel étage

On s'accroche à la rampe

De bois clair

Guetteur de toutes

Les résonances

Imaginaires ou pleines

D'étrange vérité

 

Ici le temps semble contraint

A virevolter jusqu'à

Ce que tremble la main

Toujours mal assurée

 

On se dit à soi-même

Qu'as-tu vu dans l'ombre

Du palier du troisième

Qu'est devenu

Le paillasson du premier

 

Lassitude et vérité

Sur les marches nous guettent

Dressées dans l'ombre

Comme des vigiles

Qu'on aimerait leurrer

Mais qui se complaisent

Au jeu de l'amitié

Que l'on sait fallacieuse

Et n'ont de cesse de scruter

Nos heures douloureuses

 

La cage d'escalier

Regorge de visages

Et d'images grimaçantes

Parfois monstrueuses

Qui montent la garde

 

Frapper aux portes

Est peine perdue

Démarche hasardeuse

Toujours incongrue

 

Alors on descend

Puis on remonte

A défaut de tourner en rond

 

Le sol en contrebas

Se revêt des couleurs

Fadasses du plafond

 

On ajuste la veste

Et puis le pantalon

On redoute comme une peste

Le craquement des souliers

 

On rêve d'écrire sur la page du ciel

Entraperçu

A l'heure du lever

On écoute le vent

Qui parcourt le monde

Extérieur

Et ressemble à une onde

Indiscrète et blasée

 

On redescend enfin

Jusqu'à la porte d'entrée

Qui reste à jamais close

Et qu'on cherche à ouvrir

Sur la réalité

Fragile

Insaisissable

Mais on en a perdu la clé

 

 

Jacques Herman

2010

10:37 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

02/07/2011

Il ne reste dans le fond

Il ne reste dans le fond

De l’automne mourant

Que des feuilles qui tremblent

De peur et de froid

Et le mugissement des champs

Bientôt nous ferons

Entre les boqueteaux

De sapins givrés

La rencontre programmée

De la lune qui descend

Vers la ligne d’horizon

Et que nous tenterons

De tenir entre nos doigts serrés

Comme les mâchoires d’un étau

Tu disais que les jours

Inexorablement

S’allongeront

Que le deuil de la jeunesse

Nous invite à l’espérance

Et je regarde tes cheveux blanchis

Tandis que l’étang clair frémit

Dans un long silence

Jacques Herman

2010

10:10 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

01/07/2011

Poète méfie-toi

Poète méfie-toi

Le temps vire à l'orage

Le ciel se remplit

De bruits incertains

Ta plume frissonne

Déjà dans ta main

Méfie-toi poète

Méfie-toi

 

La lune nous dit-on

Vient de se déguiser

Le ciel pleure

Des larmes de joie

Les champs ensemencés

Se tordent de rire

 

La plaine est fumante

Et dans la chaire

Haut perché

Le pasteur délire

Méfie-toi poète

Méfie-toi

 

 

Jacques Herman

2010

14:06 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

30/06/2011

O felix culpa

Il arrive parfois

Que d'un trait rageur

Mais bien assuré

Nous raturions

Brutalement

Notre passé

 

L'encre souvent alors

Refuse de sécher

Et la plume entre nos doigts

Tremble d'impatience

 

C'est l'instant béni

Où la tourbe des anges

Dans le ciel exulte

« O felix culpa »

 

Et le vacarme du jour

Se dissout aussitôt

Dans un profond silence

 

 

Jacques Herman

2010

 

14:02 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

29/06/2011

Vite une photo

Ils sont tous morts

A l'exception de ceux

Qui sont partis très loin

Sous d'autres cieux

Et que l'on ne reverra plus

 

Il ne reste rien ici

Sinon des arbres

Qui ont vieilli

Et des murs lézardés

Contre lesquels le temps

Semble s'acharner

 

Vite

Dit-il

Une photo

Avant qu'il ne soit trop tard

 

 

Jacques Herman

2010

13:56 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

28/06/2011

Glas

C'est le glas qui sonne

Au clocher de Moncalvo

On enterre aujourd'hui

Un kobold sorti

Trop tard de l'herbe noire

Et qui mourut de chagrin

A ce que l'on dit

 

 

Jacques Herman

2010

13:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

27/06/2011

Pareils aux fantômes

PAREILS AUX FANTÔMES

 

 

 

C'est bientôt le soir

L'ombre d'un chaland

Glisse sur le canal

Très lentement

Comme une révérence

En signe d'allégeance

Au soleil couchant

 

Demain dès l'aube

D'autres bateaux

Passeront par ici

Sans laisser de trace

Sans le moindre bruit

Pareils aux fantômes

Qui hantent les couloirs

Des châteaux délabrés

 

 

Jacques Herman

2010

13:46 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

26/06/2011

Ma foi

Ma foi

C'est à toi

Que je dois

Le déplacement

De la montagne

Dans l'océan

Et l'étonnement

De beaucoup

De poissons

 

 

Jacques Herman

2010

18:13 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

25/06/2011

Dans les rues hautes de la ville basse

Dans les rues hautes de la ville basse

Il est un petit chien

Qui n’aboie jamais

Pas même quand

Deux fois par an

La caravane passe

 

Dans les rues basses de la ville haute

Il est un petit chat

Qui miaule si doucement

Que personne jamais

Ne s'aperçoit de sa présence

 

Dans les rues hautes de la ville haute

Il est un pasteur

Plein de lui-même et vide de Dieu

En attente paraît-il

Du déclenchement

D’une épidémie de choléra

 

Dans les rues basses de la ville basse

Il est une bonne sœur

Esclave du silence

A moitié vêtue

Ou à demi-nue

Selon le point de vue

De l’observateur

 

 

 

Jacques Herman

2010

 

01:34 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

24/06/2011

Quand la raison s'est évanouie

J'ai vu le côté sombre des vagues

Entre les crêtes d'écume

Comme des masques dérisoires

Dont les dieux les avaient affublées

Pour adoucir leurs traits sauvages

 

Ce n'était qu'un banal maquillage

Qui se défait

Se décompose

A mesure que le temps passe

Et dont il ne reste jamais

Sur la mer la moindre trace

 

J'ai vu les pointes du trident

De Neptune qui siège

Au fond de l'océan

Et qui nous menacent

Ostensiblement

 

J'ai vu le bateau qui tanguait

Finir par couler corps et biens

Et les îles lointaines

S'estomper dans les brumes

Ecrasées sur l'enclume

Sous le poids des vents

 

Quand le vrai s'est mâtiné de faux

Quand le laid fut déclaré beau

Quand la raison s'est évanouie

J'ai vu poindre le jour

Du côté du couchant

Et le soleil mourir

A la lisière de l'Orient

 

 

Jacques Herman

2010

10:31 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)