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07/07/2011

En ce temps-là

 

En ce temps-là

La terre était plus vaste

Et le ciel moins bas

Qu'aujourd'hui

 

Nous marchions contre un vent

Plus froid

Plus piquant

Plus tonifiant aussi

 

Les arbres portaient

Des fruits immangeables

Mais nul alors

Ne se plaignait

Qu'ils fussent

Ou trop mûrs

Ou trop verts

 

Les femmes par bonheur

Ressemblaient à des anges

Et au clocher les heures

Tournaient à l'envers

 

 

 

Jacques Herman

2010

23:17 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

06/07/2011

La plus fêlée

 

Même la plus fêlée

Des cloches sonne encore

 

Au pied de l'église

Attroupés près du porche

A l'heure où la bourrasque

De neige nous engourdit

Nous l'entendons qui tente

De nous interpeler

 

Contre toute attente

C'est l'une de celles

Qui nous parle le mieux

 

Quand sa voix grêle retentit

La voûte du ciel

Soudain s'éclaircit

Et Dieu paraît s'approcher

De nous pauvres mortels

Frigorifiés

Transis

 

Dans le brouillard givrant

C'est encore elle

Qui redonne le sourire au vent

 

 

 

Jacques Herman

2010

10:11 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

05/07/2011

Comme des gouttes d'huile

 

Les heures noires sont tombées

Comme des gouttes d'huile

A la surface de l'étang

Qu'elles dominent

De leurs tons irisés

 

Au moindre souffle du vent

Les voila qui s'étirent

Comme des chats dans la chaleur

De pierres surchauffées

 

Elles tentent mais en vain

De se reconstituer

 

C'est que le temps qui passe

Est à jamais perdu

Les heures mortes ne sont plus

Que l'apparence de ce qu'elles furent

 

Par elles nous prenons

Conscience des ruptures

Que nous n'osions imaginer

 

 

Jacques Herman

2010

10:07 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

04/07/2011

Pourquoi reste-t-il

 

Pourquoi reste-t-il

Dans le foin des aiguilles

 

Pourquoi se risquer

A les y chercher

D'une main tremblante

Comme mal assurée

 

Pourquoi reste-t-il

Sur la plage l'écume

De la vague qui déjà

S'en est retirée

 

Pourquoi reste-t-il

Dans le cœur bien tapies

Des images du passé

Que le temps a jaunies

 

 

Jacques Herman

2010

14:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

03/07/2011

La cage d'escalier

 

Comme une fleur flétrie

Une orange pourrie

Qui monte et descend

Sans fin l'escalier

Mais feint parfois

De s'arrêter

A tel ou tel étage

On s'accroche à la rampe

De bois clair

Guetteur de toutes

Les résonances

Imaginaires ou pleines

D'étrange vérité

 

Ici le temps semble contraint

A virevolter jusqu'à

Ce que tremble la main

Toujours mal assurée

 

On se dit à soi-même

Qu'as-tu vu dans l'ombre

Du palier du troisième

Qu'est devenu

Le paillasson du premier

 

Lassitude et vérité

Sur les marches nous guettent

Dressées dans l'ombre

Comme des vigiles

Qu'on aimerait leurrer

Mais qui se complaisent

Au jeu de l'amitié

Que l'on sait fallacieuse

Et n'ont de cesse de scruter

Nos heures douloureuses

 

La cage d'escalier

Regorge de visages

Et d'images grimaçantes

Parfois monstrueuses

Qui montent la garde

 

Frapper aux portes

Est peine perdue

Démarche hasardeuse

Toujours incongrue

 

Alors on descend

Puis on remonte

A défaut de tourner en rond

 

Le sol en contrebas

Se revêt des couleurs

Fadasses du plafond

 

On ajuste la veste

Et puis le pantalon

On redoute comme une peste

Le craquement des souliers

 

On rêve d'écrire sur la page du ciel

Entraperçu

A l'heure du lever

On écoute le vent

Qui parcourt le monde

Extérieur

Et ressemble à une onde

Indiscrète et blasée

 

On redescend enfin

Jusqu'à la porte d'entrée

Qui reste à jamais close

Et qu'on cherche à ouvrir

Sur la réalité

Fragile

Insaisissable

Mais on en a perdu la clé

 

 

Jacques Herman

2010

10:37 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

02/07/2011

Il ne reste dans le fond

Il ne reste dans le fond

De l’automne mourant

Que des feuilles qui tremblent

De peur et de froid

Et le mugissement des champs

Bientôt nous ferons

Entre les boqueteaux

De sapins givrés

La rencontre programmée

De la lune qui descend

Vers la ligne d’horizon

Et que nous tenterons

De tenir entre nos doigts serrés

Comme les mâchoires d’un étau

Tu disais que les jours

Inexorablement

S’allongeront

Que le deuil de la jeunesse

Nous invite à l’espérance

Et je regarde tes cheveux blanchis

Tandis que l’étang clair frémit

Dans un long silence

Jacques Herman

2010

10:10 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

01/07/2011

Poète méfie-toi

Poète méfie-toi

Le temps vire à l'orage

Le ciel se remplit

De bruits incertains

Ta plume frissonne

Déjà dans ta main

Méfie-toi poète

Méfie-toi

 

La lune nous dit-on

Vient de se déguiser

Le ciel pleure

Des larmes de joie

Les champs ensemencés

Se tordent de rire

 

La plaine est fumante

Et dans la chaire

Haut perché

Le pasteur délire

Méfie-toi poète

Méfie-toi

 

 

Jacques Herman

2010

14:06 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

30/06/2011

O felix culpa

Il arrive parfois

Que d'un trait rageur

Mais bien assuré

Nous raturions

Brutalement

Notre passé

 

L'encre souvent alors

Refuse de sécher

Et la plume entre nos doigts

Tremble d'impatience

 

C'est l'instant béni

Où la tourbe des anges

Dans le ciel exulte

« O felix culpa »

 

Et le vacarme du jour

Se dissout aussitôt

Dans un profond silence

 

 

Jacques Herman

2010

 

14:02 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

29/06/2011

Vite une photo

Ils sont tous morts

A l'exception de ceux

Qui sont partis très loin

Sous d'autres cieux

Et que l'on ne reverra plus

 

Il ne reste rien ici

Sinon des arbres

Qui ont vieilli

Et des murs lézardés

Contre lesquels le temps

Semble s'acharner

 

Vite

Dit-il

Une photo

Avant qu'il ne soit trop tard

 

 

Jacques Herman

2010

13:56 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

28/06/2011

Glas

C'est le glas qui sonne

Au clocher de Moncalvo

On enterre aujourd'hui

Un kobold sorti

Trop tard de l'herbe noire

Et qui mourut de chagrin

A ce que l'on dit

 

 

Jacques Herman

2010

13:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)