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27/07/2014

Comme une corde tendue

Comme une corde tendue 

Entre deux points d’ancrage

Dans des murs délabrés

J’ai rêvé de l’union

Insolite des âges

 

Face à la jeunesse 

Bouillonnante

Pleine d’ardeur

La triste désolation

Des vieux en leur naufrage

 

Des fleurs printannières

D’un côté mais de l’autre

La lourdeur des flocons

De la neige en hiver

 

Hésitant 

Mal à l’aise 

Un oiseau s’est posé

Au beau milieu du fil

Qui s’est rompu soudain

 

On dit qu’il préfère

Et de très loin

Parce que bien plus stable

Et combien plus altière

La ligne d’horizon

A la corde vulgaire

De mes illusions

Qui reliaient entre elles

Deux maisons du coin

 

 

 

Jacques Herman

 

00:40 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

22/07/2014

Lorsqu'il débarqua

Tout pour l’homme

Loin s’en faut

Ne tourne pas toujours rond

Il se trouve souvent en peine

Comme Jonas qui

Dans le corps d’un poisson

Aurait préféré

Que son voyage en mer

Se déroulât

A bord d’une baleine

 

Et lorsqu’il débarqua

Sur le lointain rivage

Il se plaignit amer

Qu’il n’y fût accueilli

Par de jeunes sirènes

Privilège dit-on

Des marins de tous âges

Poussés par les dieux 

Vers d’autres horizons

 

 

Jacques Herman

 

2014

 

11:25 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

16/07/2014

Quand on la formule

La question tremble un peu

Quand on la formule

 

Elle ressemble à l’oiseau

Hésitant sur la branche

Avant de s’envoler

Ou au minuscule

Avion de papier

En manque de lieu

D’atterissage

 

On la croirait qui cherche

A se disculper

Prise en flagrant délit

D’inadéquation

Comme des mots d’amour

Dans l’arrière saison

 

 

 

Jacques Herman

 

2014

 

00:33 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

03/07/2014

Sous le ciel en silence

Rien n’est plus important

Plus essentiel

Plus majestueux

Qu’un peu de poussière 

Qu’on projette en l’air

Et qui s’envole au vent

 

Car n’en déplaise aux dieux

Qui régissent le temps

Sans décompter les heures

Nous foulons à jamais

Sous le ciel en silence

Des sentiers boueux

Que le soleil ardent

Assèche chaque jour

Et qui ressemblent un peu

A des coeurs assoiffés

En manque d’amour

 

 

 

Jacques Herman

2014

 

 

 

10:24 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

28/06/2014

Ecoute le chant

Ecoute le chant 

De la tranche de veau

Que l’on poêle

 

Ecoute le chant

De l’os à moëlle

Dans l’eau frémissante

 

Ecoute le chant 

Des sirènes lascives

 

Entends battre le coeur

Des marins sur le pont

 

Ecoute le chant

De la pluie tous les soirs

Sur les gros pavés noirs

Des rues endormies

 

Ecoute le chant 

Des moniales aux vêpres

 

Ecoute le chant 

Des heures réjouies

 

Ecoute le chant

De la mer sur le sable

 

Ecoute le chant

Des fleurs épanouies

 

Et le miaulement 

Ultime du chat

A l’heure où le train 

Abrègera sa vie

 

 

Jacques Herman

 

2014

 

06:22 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

23/06/2014

Sur la route asphaltée

Sur la route asphaltée

Nez en l’air

Mains dans les poches

Trois écoliers

Ou cinq

Ou sept

Suivant le jour de la semaine

A midi plein promènent

Leurs ombres écourtées

 

C’est un cœur que l’un d’eux

Vient graver dans l’écorce

D’un platane complice

C’est son nom seulement

Qu’entend infliger

Au  dossier des bancs

L’un ou l’autre narcisse

 

Mais rien ici-bas

Ne peut résister

Aux assauts du temps

 

Rien ne garde la trace

Des petits enfants

Sinon le bleu du ciel

Le nuage qui passe

L’étoile lointaine

Et l’âme sereine

D’un cerf-volant

 

 

Jacques Herman

2014

20:54 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

12/06/2014

Bien sérieuse

Nous courons trop souvent 

Après l’ombre du jour

Et entre nos doigts

Le temps s’écoule

Comme du sable

Sans cesse alimenté

C’est que l’heure moqueuse

Refuse d’avancer

 

Nous la chatouillons parfois

Pour la détendre

Pour l’amuser

Mais jamais rien ne peut y faire

L’heur est toujours

Par nature

Bien sérieuse

 

Celle surtout qui agite la faux

Qui de ses doigts crochus 

Transporte la lanterne

Qui lui permet de compter

Les pas que nous avons perdus

Entre deux amours

Deux déchirures

Deux remords

Deux malheurs

 

Les temps les plus radieux

Sont ceux que sans conscience

Les hommes indélicats

Ont emprunté aux dieux

 

 

Jacques Herman

 

2014

 

23:25 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

04/06/2014

Voici dit l'un d'eux

Voici des oiseaux

Issus de la tourmente

Nés de la noirceur

Du ciel à l’horizon

 

Que me racontez-vous

Leur dis-je les entendant

Pousser une chanson ?

 

Nous mentionnons du ciel

Les exploits des héros

Et leur lutte constante

Contre la volonté

Des anges déchus

Qui cherchent à détruire

Ce bas-monde trop tôt

 

Qui sont-ils et pourquoi

Le puissant bras de Dieu

Ne les brise-t-il pas ?

 

Voici dit l’un d’eux

De tout l’univers

L’un des plus grands mystères

Que les hommes soumis

A la fragilité

Ne comprendront jamais

 

Ni la raison des guerres

De la paix retrouvée

Ni la source du mal

Ni celle du bien

Qui vous pendent aux lèvres

Ne doivent vous troubler

 

C’est sur toute la terre

La dernière question

Qu’il convient de poser

 

 

Jacques Herman

2014

 

 

 

 

 

 

14:02 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

30/05/2014

Sur le petit balcon

Les colonnes du temple

Sont devenues muettes

Et la voûte du ciel

Au-dessus de nos têtes

S’est obscurcie

 

L’ondulation du vol

D’un couple d’alouettes

Dans nos cœurs malmenés

Grave des stries

Que le soleil efface

En fin de journée

Mais qui laisse des traces

Au milieu des pensées

 

Sur le petit balcon

Qui surplombe le temps

Parfois nous tentons

D’échanger quelques mots

Mais qui le plus souvent

Se voient emportés

Dispersés par le vent

 

 

Jacques Herman

2014

 

11:33 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

20/05/2014

Comme un trou de lumière

Comme un trou de lumière

Que vient creuser la nuit

L’ombre d’une pensée

Soudain surgit

Puis s’efface aussitôt

 

Que ne l’ai-je saisie

D’une main leste

Et dans le temps requis

 

Je dois me résigner

A porter mon regard

Sur d’autres choses

Sur le soleil levant

Sur l’oiseau de passage

Sur la fleur de jasmin

Sur le massif de roses

Sur le ciel sans nuage

En guettant les étoiles

Dans la candeur des nuits

 

 

Jacques Herman

2014

07:33 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)