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17/06/2011

Marocaine

Elle a du Maroc

Le sable fin dans les cheveux

Et le verbe teinté

De couleurs océanes

 

Les dieux du ciel l'ont nimbée

D'or et d'outremer

De pierres blanches ou grises

Non gelives

Et d'ardente lumière

 

Elle marche en équilibre

Instable entre deux monde

Mais jamais ne trébuche

Par prudence toujours

Elle tend les bras

L'équilibre dit-on

Est sa seconde nature

 

Elle relie ainsi les eaux d'en-haut

Les eaux d'en-bas

Le présent au passé

La douleur à la joie

Elle marche sur l'onde

Sur le feu

Dans l'air

Et la terre retient

Par bonheur

L'empreinte de ses pas

Jacques Herman
2010

10:35 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

16/06/2011

A mes poètes valaisans

A Germain Clavien

 

Écoute Germain

Écoute

Le chant de l'eau

Qui jusqu'à ce matin

S'étirait comme un chat

Dans l'herbe grise du pré

Et qui vient de rejoindre

Enfin la rivière

Par le bout des pieds

 

A Jean-Marc Theytaz

 

Écoute Jean-Marc

Écoute

Le roulement des pierres

Des cailloux

Du sable

Des rochers

Qui dévalent la pente

Et choisissent pour demeure

Le lit froid du ruisseau

 

A Ronald Fornerod

 

Écoute Ronald

Écoute

Le sifflement du train

Qui s'accroche à la vie

Ancré sur les rails

De la vapeur des jours

Dans l' attente

D'une brève éclaircie

 

A Jacques Tornay

 

Écoute Jacques

Écoute

La chanson des fées blondes

Qui remplit le ciel

Au-dessus de la ville

Et qui devient tranquille

Et sans l'avoir voulu

La musique du monde

 

 

Jacques Herman

2010

 

 

 

11:38 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

15/06/2011

Un bleu discret

Un bleu discret

De céruléum

Un bleu cobalt

Plus franc

Plus opaque

Et de l'outremer français

En  lègère transparence

 

Un ocre jaune épais

Où gris de Payne

Et laque de Garance

Traduisent les massifs

De nuages sombres et menaçants

 

De la terre de Sienne

Et de l'ombre brûlée

Du vert Véronèse

Et de chauds orangés

Voilà la terre que parcourt un ruisseau

Et porte l'empreinte

Des dieux d'ici-bas

 

Les dieux d'en haut

Semblent tout ignorer

Des rouges

Des jaunes

Des bleus

Ils jouent nous dit-on

A des jeux

Pâles

Fadasses

Décolorés

 

 

 

Jacques

2010

00:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

14/06/2011

Comme un ogre qui s'assied

Comme un ogre qui s'assied

Dans les vagues sur le dernier

Rocher du brise-lames

Et contemple la mer

La tête coincée

Entre les poings fermés

Mon douloureux silence

De pied ferme attend

La réponse du vent

 

Mais je redoute la tempête

Autant que le zéphyr

Le vacarme du naufrage

Comme celui du désir

 

Il ne reste qu'aux nuages

A me parler de toi

Sans articuler

Le plus petit mot

Juste en s'effilochant

Dans le ciel en traçant

L'ombre furtive et tiède

De ce qu'il cherche à me dire

 

 

 

Jacques Herman

2010

16:05 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

13/06/2011

Voilà près d'une heure

 

VOILA PRES D'UNE HEURE

 

 

 

Voilà près d'une heure

Que le train est parti

Tu n'as laissé de toi

Que l'ombre de ta vie

Une clé à molette

Quelques papiers jaunis

Une paire de lunettes

La laisse de ton chien

Mort le deux novembre

Un veston de lin

Froissé

Usé au bout des manches

Une pipe danoise

Et des grains de tabac

 

Tu ne reviendras plus

Tu me l'as dit

Et je te crois

 

Tu n'emportes d'ici

Que des souvenirs sombres

Des sacs pleins à ras-bord

De pesantes déceptions

 

Je ne sais à quelle heure

Tu descendras du train

Dans une gare inconnue

Dans la pâle lumière

Du petit matin

 

Tu chercheras une chambre à louer

Dans un quartier minable

Mais bon marché

 

Tu n'iras pas plus loin

Ce sera l'étape dernière

De ton étrange chemin

Ta vraie ligne d'arrivée

 

 

Jacques Herman

2010

 

 

19:59 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

12/06/2011

Leçons de modestie

Qui mieux nous donnera

Des leçons de modestie

Que l'humble ruisseau

Qui traverse la prairie

Et la sépare en deux

 

Il reflète le ciel

Son bleu tendre et changeant

Comme ses gris profonds

Sombres ou douteux

Qui font craindre que le temps

Se mette à changer un peu

Que la pluie brusquement

Nous pousse à courir

Le plus vite que l'on peut

En quête d'un abri

Nous qui craignons le froid

Le vent

Les intempéries

Nous qui nous prenons

Pour des héros

Pour des génies

Mais qui ne sommes que poussière

Fragile

Tremblante

Ephémère

A l'instar de toutes

Les choses de la vie

 

 

Jacques Herman

2010

14:03 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

11/06/2011

Quelle est cette eau

Quelle est cette eau

Qui ruisselle sur

Les pierres du mur

Du côté nord du cloître

 

C'est l'eau du ciel

Mon Fils

C'est l'eau du ciel

 

A quoi mon Père

La reconnaît-on

 

A ses reflets roses et verts

Mon Fils

A son irisation

 

Que fait-on d'elle

Mon Père

Qu'en fait-on

 

On la regarde couler

Mon Fils

On la regarde couler

 

 

Jacques Herman

2010

17:35 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

10/06/2011

Elle mourut de chagrin

Elle mourut de chagrin

Le jour de ses noces

 

On retrouva son corps

Dans la rivière en contrebas

 

Sa robe blanche de mariée

Lui servit de linceul

 

On l'inhuma dans le silence

De la fin de l'été

 

Les feuilles de l'arbre

A son aplomb

Se mirent alors à trembler

Comme si renonçant

A leur dernier combat

Eles acceptaient de tomber

 

 

Jacques Herman

2010

11:47 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

09/06/2011

Chant d'adieu

La fleur en se fanant

Fredonne mollement

Son chant d'adieu

 

Deux pétales

Déjà

Sont tombés

 

Demain sans doute le dernier

Aura quitté le port

La fleur alors ne sera plus

Qu'une ombre décolorée

Livide

Flétrie

Délavée

Inexpressive

Et terne

Et glauque

Comme le sont

Les yeux de la mort

 

 

Jacques Herman

2010

 

 

10:38 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

08/06/2011

Novembre deux mille trois

Dans la main

Juste un peu de poussière

Qu'il libère

En écartant les doigts

Et qui vole au gré du vent

Et se dépose finalement

A quelques pas

 

Ainsi s'achève

La cérémonie funèbre

En ce jour froid

De novembre

Deux mille trois

21:05 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)