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02/05/2011

Le plus petit pétale

Le plus petit pétale

Me parle de la fleur

L'herbe dans le creux

De ma main me raconte

La vie du pré

 

Un sourire isolé

Une goutte de sang

Un seul mot détaché

De son contexte

S'avèrent suffisants

Pour bâtir un récit

Un profil

Un rêve

Un accident

 

Ma vie se construit

Par de tout petits riens

Dont je règle les épousailles

Un fétu de paille

Me donne l'idée du champ

Que l'on vient de faucher

 

 

Jacques Herman

2010

12:06 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

01/05/2011

Quand l'eau de la rivière

Quand l'eau de la rivière

S'entortille dans les pierres

Et glisse silencieuse

A travers bois

Sans les éclaboussures

Qui bénissent les herbes

Et les fleurs

Et troublerait nos émois

Nous nous penchons ensemble

Pour y lire l'image

Déformée de nous-mêmes

Qui ne faisons que passer

Aux sources de la nuit

Qui tombe sans bruit

Sur notre endormissement

Sur notre surdité

Aux choses du monde

Et sur la fragilité

De notre lecture du temps

 

Jacques Herman

2010

20:04 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

30/04/2011

C'est en vain que parfois

Ton regard n'est plus qu'une eau boueuse

Les algues même n'y croissent plus

Et le monde autour de toi

N'est que l'ombre fallacieuse

De ce qu'il fut autrefois

C'est en vain que parfois

J'y cherche encore le reflet

De l’indice de la vie

Qui jadis t'animait

Et pourtant tu demeures

Debout devant moi

Singulièrement présente

Bien en chair

Potelée

Pleine d'ancienne vigueur

Tu flânes tranquille

Sur les quais de la Seine

Le soleil va bientôt se coucher

Pour toi c'est enfin l'heure

Adéquate pour rêver

De voyages en mer

De goélands

De cargos

De chalutiers

De marins

De capitaines

Tu oublies tes douleurs

A l'écart de la ville

Tu cherches à t’approcher

Des mouettes rieuses

Des albatros

Et des cormorans

Jacques Herman

2010

09:41 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

29/04/2011

Tendresse de l'eau

Dans les ridules que le vent

Imprime à la surface

De l'étang

Je lis la la tendresse de l'eau

Son espérance folle

De me toucher au coeur

Son désir inassouvi

Et comme un amant

Je feins l'indifférence

Mais elle n'est pas dupe

Des trompeuses apparences

De mon détachement

Je m'éloigne un peu d'elle

Déambule en silence

Plein de fausse espérance

J'espère l'entendre qui m'appelle

C'est une question de temps

Et de patience

Mais le ciel s'obscurcit

La pluie va grêler

La peau délicate

De sa nudité

Et je m'en irai

Définitivement

Jacques Herman

2010

10:40 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

28/04/2011

Parfois le parfum

PARFOIS LE PARFUM

Parfois le parfum

D'une fleur t'enivre

Au point d'oublier

Les tracas du jour

Et l'envol nocturne

Des corbeaux dans tes rêves

Le monde sur l'heure

Te semble plus beau

Tes peines s'estompent

Jusqu'à se dissoudre

Dans le ciel quelque part

N'importe où mais très haut

Il arrive alors que

Le temps qui passe

Reprenne des couleurs

Et ne te soit plus

Un terrible fardeau

L'horizon s'éclaircit

L'espoir peut renaître

Il enveloppe ton corps

Ton âme

Tout ton être

Et tu dis que

Cela ressemble

Au bonheur

Jacques Herman

2010

10:37 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

27/04/2011

Dans la vieille ville de Fribourg

Dans la vieille ville de Fribourg

A la terrasse d'un café

Il écoutait les battements du jour

Car à l’instar du coeur

Le jour palpite

A son propre rythme

Dans la poitrine du temps

Il ralentit parfois

Puis normalement reprend

Son cours ordinaire

S’il menace de lâcher prise

C'est que le soir approche

Que le soleil va se coucher

Le jour alors

Passe le témoin

A la nuit qui vient

Tandis que le bruit des rues

S'estompe lentement

Jacques Herman

2010

12:49 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

26/04/2011

Il se penche sur ses souvenirs

Il se penche sur ses souvenirs

Si lointains

Que sa tête bientôt

Lui touche les pieds

Mais ses efforts sont vains

Il ne voit plus que la poussière

Qui recouvre le chemin

Et qui s'envole

Au moindre souffle

Du vent chaud de l'été

Alors il se saisit d'une bêche

Et se met à creuser

Mais sous la couche première

Il ne rencontre guère

Que de vulgaires cailloux

Incrustés dans la terre

Il décide de tout oublier

De ne plus vivre qu'au présent

De rejoindre les siens

Dans le confort douillet

De la petite maison

Où sa famille attend

Qu'il retrouve la raison

Jacques Herman

2010

17:17 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

25/04/2011

J'ai vu bien des étés

J'ai vu bien des étés

Dont je n'avais que faire

Des soleils éclatants

De vibrante lumière

Mais ignorant pourquoi

Par un penchant pervers

Rien ne m'attire plus

Que l'obscurité

 

Il n'est pas de plus beau

Spectacle à mes yeux

Que l'insondable mystère

Et les portes entrouvertes

Sur le Grand Inconnu

Rien de plus attrayant non plus

Que les ombres glaciales

Et les relents d'après-vie

A peine entrevue

Dans les sombres replis

Des linceuls de lin blanchi

Des fantômes en errance

 

Aux voix tonitruantes

Vous m'autoriserez

A préférer les chemins creux

Engorgés du silence

Volontaire des dieux

 

 

Jacques Herman

2010

 

12:42 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

24/04/2011

Rien qu'un sifflement léger

Rien qu'un sifflement léger

Par la porte entrouverte

Un bruissement qui m'intrigue

Comme le passage inopiné

D'un vent mauvais

Ou le glissement sombre

Du velouté d'une ombre

Entrée par infiltration

 

Rien que la peur imparable

D'un signe du ciel

Qui se faufile à mon insu

Dans la douceur de la maison

Et qui menace à chaque instant

D'éclater comme le bruit

Terrifiant d'un canon

 

Rien que le tremblement

De la chair qui

Jusqu'ici frissonnait

Et le délire oppressant

Perturbant

Chargé d'inquiétude

Qui s'impose sur le champ

 

 

Jacques Herman

2010

18:11 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

23/04/2011

Trop tôt partie

Trop tôt partie

Vers des contrées lointaines

Elle s'y serait évaporée

D'autres la disent anéantie

Démolie

Brisée

Tandis que je la crois

Simplement assoupie

 

Elle remplit de sa présence

L'essentiel de mes jours

Et au nom de l'amour

Je supplie tous les dieux

De la garder en vie

Dans les coulisses des cieux

 

 

Jacques Herman

2010

14:47 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)