Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

08/05/2011

Etat de grâce

La mer avance

La mer recule

La pensée penche

Et puis bascule

Toujours du mauvais côté

Le funambule

Sur son fil

Tombera-t-il

On lance les paris

Dans la chambre bien close

On se prend à rêver

La moindre image

Semble témoigner

D'un état de grâce

Fragile comme la fleur

Au soleil de l’été

Jacques Herman

2010

08:51 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

07/05/2011

Irrémédiable absence

Des fleurs dont jusqu'ici

J'ignorais l'existence

Bleues comme le ciel

Veloutées

D'une forte fragrance

Se sont ouvertes à mes côtés

 

Au-dessus de ma tête

D'autres fleurs plus pâles

Plus fluettes aussi

Semblaient me couronner

Comme si le vent

Qui les avaient tressées

Cherchant à souligner

En ces lieux ma présence

 

Le jardin d'été

S'est rempli de silence

Imbibé d'inquiétude

Je cherchais vainement

Le regard débordant

D''amour de mes parents

 

Mais le soir inéluctablement

Menaçait de tomber

Sur la fragilité

De ma folle espérance

Et la nuit descendait

Comme une chape gorgée

D'irrémédiable absence

 

 

Jacques Herman

2010

 

09:34 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

06/05/2011

Novembre

Voici le bois

Voici l'étang

Voici la gare désaffectée

Le donjon qui résiste

A l'usure du temps

Et le lac asséché

Singulièrement absents

De nos cartes routières

 

Voici le rire des enfants

Les chats de gouttière

Et dans le ciel gris les nuages

Lourds infiniment

 

Voici la maraîchère

Voici le poissonnier

Le facteur ailé

Qui plane à notre aplomb

La tour délabrée

Où nichent des corbeaux

Le sang de l'hiver

Qui se trompe de saison

 

Voici le doux parfum

Du mois de novembre

Qu'exhale la terre

Du cimetière abandonné

Voici la grêle qui tombe

Et rebondit sur le balcon

 

 

 

Jacques Herman

2010

 

16:32 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

05/05/2011

Il décline son identité

Il décline son identité

Dresse la liste de

Ses fleurs préférées

Renifle l'air ambiant

Y décèle une odeur âcre

Grimace

Se bouche le nez

Tente de se remémorer

Les parfums veloutés

D'antan

 

Des soleils noirs

Entraînés par le vent

Déploient des rayons d'ombre

A la jointure du ciel

Et de la ligne d'horizon

 

De grands arbres noirs

Dénudés par l'hiver

Semblent monter la garde

Et guettent d'un regard sombre

Ses moindres déplacements

 

Il s'assied alors

Comme résigné

Dans la neige salie

Par la poussière du temps

 

 

Jacques Herman

2010

 

15:48 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

03/05/2011

J'ignore le fond

J'IGNORE LE FOND

 

 

 

J'ignore le fond de ta pensée

Le fond de la mer

Le fond du gouffre amer

Où chaque jour

Sans le vouloir

Nous descendons un peu

Quand tombe le soir

 

J'ignore le fond de l'histoire

Le fond de l'étang

Le fin fond des âges

D'où nous sommes issus

 

J'ignore le fond du trou

Dans lequel nous dit-on

Dansent des farfadets

Des fées aux cheveux violets

Des nains de jardin

Libérés de leur plâtre

Des sylphes

Des nymphes

Et des ondins

 

Je sais seulement

Que notre ignorance

Est la clé secrète

Et combien précieuse

De toute existence

Et qu'elle ouvre des portes

Au carrefour des vents

 

 

Jacques Herman

2010

10:44 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

02/05/2011

Le plus petit pétale

Le plus petit pétale

Me parle de la fleur

L'herbe dans le creux

De ma main me raconte

La vie du pré

 

Un sourire isolé

Une goutte de sang

Un seul mot détaché

De son contexte

S'avèrent suffisants

Pour bâtir un récit

Un profil

Un rêve

Un accident

 

Ma vie se construit

Par de tout petits riens

Dont je règle les épousailles

Un fétu de paille

Me donne l'idée du champ

Que l'on vient de faucher

 

 

Jacques Herman

2010

12:06 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

01/05/2011

Quand l'eau de la rivière

Quand l'eau de la rivière

S'entortille dans les pierres

Et glisse silencieuse

A travers bois

Sans les éclaboussures

Qui bénissent les herbes

Et les fleurs

Et troublerait nos émois

Nous nous penchons ensemble

Pour y lire l'image

Déformée de nous-mêmes

Qui ne faisons que passer

Aux sources de la nuit

Qui tombe sans bruit

Sur notre endormissement

Sur notre surdité

Aux choses du monde

Et sur la fragilité

De notre lecture du temps

 

Jacques Herman

2010

20:04 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

30/04/2011

C'est en vain que parfois

Ton regard n'est plus qu'une eau boueuse

Les algues même n'y croissent plus

Et le monde autour de toi

N'est que l'ombre fallacieuse

De ce qu'il fut autrefois

C'est en vain que parfois

J'y cherche encore le reflet

De l’indice de la vie

Qui jadis t'animait

Et pourtant tu demeures

Debout devant moi

Singulièrement présente

Bien en chair

Potelée

Pleine d'ancienne vigueur

Tu flânes tranquille

Sur les quais de la Seine

Le soleil va bientôt se coucher

Pour toi c'est enfin l'heure

Adéquate pour rêver

De voyages en mer

De goélands

De cargos

De chalutiers

De marins

De capitaines

Tu oublies tes douleurs

A l'écart de la ville

Tu cherches à t’approcher

Des mouettes rieuses

Des albatros

Et des cormorans

Jacques Herman

2010

09:41 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

29/04/2011

Tendresse de l'eau

Dans les ridules que le vent

Imprime à la surface

De l'étang

Je lis la la tendresse de l'eau

Son espérance folle

De me toucher au coeur

Son désir inassouvi

Et comme un amant

Je feins l'indifférence

Mais elle n'est pas dupe

Des trompeuses apparences

De mon détachement

Je m'éloigne un peu d'elle

Déambule en silence

Plein de fausse espérance

J'espère l'entendre qui m'appelle

C'est une question de temps

Et de patience

Mais le ciel s'obscurcit

La pluie va grêler

La peau délicate

De sa nudité

Et je m'en irai

Définitivement

Jacques Herman

2010

10:40 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

28/04/2011

Parfois le parfum

PARFOIS LE PARFUM

Parfois le parfum

D'une fleur t'enivre

Au point d'oublier

Les tracas du jour

Et l'envol nocturne

Des corbeaux dans tes rêves

Le monde sur l'heure

Te semble plus beau

Tes peines s'estompent

Jusqu'à se dissoudre

Dans le ciel quelque part

N'importe où mais très haut

Il arrive alors que

Le temps qui passe

Reprenne des couleurs

Et ne te soit plus

Un terrible fardeau

L'horizon s'éclaircit

L'espoir peut renaître

Il enveloppe ton corps

Ton âme

Tout ton être

Et tu dis que

Cela ressemble

Au bonheur

Jacques Herman

2010

10:37 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)