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22/04/2011

Des plumes légères

Des plumes légères

S'envolent au vent

Traversent les terres

Et les océans

Retombent sur un autre versant

Du monde qu'elles tapissent

De leurs tendres couleurs

 

Il advient que parfois

L'une d'elle devienne

Instrument d'écriture

Dans les mains d'un enfant

Qui sans l'avoir voulu

Devient poète malgré lui

 

La plume aussitôt

Danse sur le papier

Comme un pinceau sur la toile

Un patineur sur l'étang gelé

Un amoureux transi

Devant l'huis de l'aimée

 

 

Jacques Herman

2010

14:23 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

21/04/2011

Trop tard

Il est trop tard

L'été vient de mourir

Des gouttes de sang

Ruisselaient de son front

 

A-t-il beaucoup souffert

Me demande-t-on

 

Il est mort sans rien dire

Sans même avoir laissé

La moindre trace écrite

De ses dernières volontés

 

Il est mort dans le lit

Moussu d'une rivière

Qui se jette confiante

Dépourvue d'illusions

Dans les bras de la mer

 

L'automne déjà

Se profile à l'horizon

Indolent et tranquille

En quête d'héritage

 

Il roussit le feuillage

Des arbres et le vent

Balaie sur son passage

La poussière du temps

 

 

Jacques Herman

2010

13:20 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

20/04/2011

Questionnement

Que dit-il

Que fait-il

A quoi passe-t-il son temps

Que dit-elle

Que fait-elle

A quoi passent-ils leur temps

Jacques Herman

2010

15:16 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

19/04/2011

Souvent la nature

Nous marchions en silence dans les vagues premières

Et nous écoutions les propos de la mer

Si troublants que parfois

Nous en fûmes touchés

Comme au temps de nos premiers émois

 

Elle évoquait le temps qui vibre comme des cordes

Tendues entre le ciel et l'eau

Elle nous rapportait des légendes lointaines

Des récits de marins

Des histoires incertaines

Des fictions qu'entrecoupent

Occasionnellement

Des fibres ténues de la réalité

 

Nous avancions pareils

A du sable emporté

Par le vent marin

Ou à de la poussière

Sans cesse balayée

Et qui se dépose sans fin

Sans prendre en compte notre volonté

 

Souvent la nature à notre insu domine

Notre faible raison

Et nous avançons en faisant mine

D'ignorer la prison

Où elle nous maintient

A jamais enfermés

 

 

Jacques Herman

2010

 

15:02 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

18/04/2011

Tombée de la branche

Une goutte d'eau

Tombe de la branche

Et se mêle à celles

Qui avaient déjà chu

Elle accroît à son insu

La petite étendue

De la mare au pied du tronc

Mais bientôt la flaque

Au soleil se rapetisse

Et la terre l'engloutit

La goutte souffre en silence

Se croyant libre de ses choix

Elle aurait opté

Pour l'incinération.

Jacques Herman

2010

10:33 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

17/04/2011

Vision

Superbe en sa hideur

Comme le sang de l'aurore

Un monstre en planant descendit

Du haut du ciel

Les ailes déployées

Les bras chargés d'or

D'encens

De myrrhe

Et de fleurs

 

Nous le vîmes se poser

Près de l'orée du bois

 

Consternés nous attendions

Qu'il se manifestât

Mais il remarqua

Sans doute notre présence

Et disparut aussitôt

Comme le silence

Qui s'évapore dans le vacarme des rues

 

 

Jacques Herman

2010

14:44 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

16/04/2011

Au port

Au port le bateau se repose

Dans les eaux glauques

Aux reflets huileux

Il n'attend de ceux

Qui longent le quai

Ni le regard brumeux

De la miséricorde

Ni les accents de la compassion

Le port n'est qu'une maison

Provisoire qui ne marque

A ses yeux grands ouverts

Qu'un très court temps d'arrêt

 

Sans discontinuer

Il doit encore rouler

Sa bosse et repartira

Dès l'aube

Vers d'autres horizons

Que nous cache la mer

 

Quand inéluctablement

Viendra le soir

De son dernier voyage

Il quittera le monde

Sans aucun regret

 

Il sait que rassasié de jours

A la fin de son âge

Des mains inconnues

Que tout indiffère

Prendront en charge

Sa démolition

Sans aucun état d'âme

Sans la moindre émotion

 

 

Jacques Herman

2010

 

18:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

15/04/2011

Images confuses

 

Tous les parfums

Des jours anciens

Sont à jamais

Ancrés dans l'air

 

Parfois même

Des nuages complices

Sous la poussée du vent

S'étirent

S'allongent

Et prennent le profil

Des êtres chers

Qui ne sont plus

 

Tandis que j'écris ces mots

Une voix métallique

Caquetante

Fugace

Me traverse l'esprit

Comme une vrille

 

Les heures du passé

Dit-elle n'appartiennent

Plus qu'aux dieux

Qui en font

Les pièces d'un jeu

Dont les règles nous dépassent

 

 

Jacques Herman

2010

 

21:21 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

14/04/2011

Rêverie

Dans le silence feutré du bois

Elle chemine en moi

Comme un délicieux vertige

Et le son de sa voix

Vibre en me suppliant

De ne jamais mourir

 

Les branches de sapins

Frissonnent sous le vent

Les pétales des fleurs

Frémissent sur leur tige

Le ciel m'est témoin

Que je ne m'égare pas

 

Au milieu de la forêt

Son image m'apparaît

Fugace

Dans l'eau limpide d'un ruisseau

Et le moindre nuage

En s'effilochant

Vient encore me parler d'elle

 

Mais à l'orée du bois chenu

Je distingue déjà

Les clochers des églises

Les cheminées d'usines

Et les toits des maisons

 

Et je n'ai plus de prise

Que sur le retour

Obligé

Inévitable

A la froide raison

 

 

Jacques Herman

2010

 

11:38 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

13/04/2011

Fleuve goudronneux

C'est un fleuve goudronneux

Corrosif

Qui ressemble à tes yeux

Quand tu verses une larme

Un fleuve qui désarme

Les plus valeureux

 

C'est un fleuve incertain

Dubitatif

Qui me paraît inquiet

Douloureusement soucieux

Un fleuve sans faune et sans flore

Sur lequel

Depuis longtemps

Les barques et les chalands

Ne naviguent plus

 

C'est un fleuve étonné

Qui tremble de peur

Quand il entend sonner l'heure

Dernière du temps

 

Dans les fourrés qui le bordent

Certains disent avoir vu

Des filles mortes à demi nues

Qui dansent en traînant

Derrière elles les cordes

Auxquelles elles furent pendues

 

 

 

Jacques Herman

2010

19:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)