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03/03/2011

Il s'arrête ravi

Bien vivantes des pensées

En ces lieux reposent

Pas même flétries

Plutôt jolies

Jaunes

Roses

Et violacées

 

Il s’arrête ravi

A ras-bord plein

De l’espérance

Qu’il nourrit

Depuis longtemps

 

Sa main semble hésiter

Il aimerait

En cueillir une

Pour l’interroger

Mais le voilà qui se ravise

Il lui semble

En l’occurrence

Que les échanges verbaux

En rompant le silence

Suffissent

Sans doute largement

 

Mais quelle question poser

Qui clairement formulée

Assez brève et précise

Prétendrait s’imposer

 

Tout bien considéré

Il rebrousse chemin

On entend ses pas

Lents dans la poussière

Puis dans le gravier gris-blanc

Jusqu’à la grille du cimetière

Qu’il referme derrière lui

Soigneusement

 

 

Jacques Herman

2010

14:29 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

02/03/2011

Sur la table où j'écris

Sur la table où j’écris

Entre des feuilles qui respirent encore

Leur virginité quoique jaunies

Devant des pages déjà noircies

De lignes cent fois biffées

Et d’autres un peu gênées

D’être ridées bien avant l’âge

Par quelques faux plis

Un livre sommeille

Comme dort un enfant

Bordé de sérénité

Confiant

 

De la liseuse en cuir grenu

Un autre livre dépasse un peu

Comme s’il cherchait à s’échapper

Suffoquerait-il

Coincé par des brouillons

En attente de correction

A moins qu’il ne cherche à me dire

Sa douloureuse condition

Sa mise à l’écart

Sans doute imméritée

 

Par la porte entrouverte

Sur le petit balcon

On n’entend plus guère

Que le bruit du chantier

Tandis qu’à portée de main

Mon café refroidit

 

 

Jacques Herman

2010

16:25 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

01/03/2011

Réapparu

Rien ne s’inscrit dans la durée

Ni le souffle du ciel

Ni la claire chaleur de l’été

Ni l’amour

Ni les pensées

Quand bien même

On les croirait obsessionnelles

Tout s’efface

Comme des traces

Dans la buée

 

Rien ne s’attache

Rien ne se lie

Tout se défait

En peu de temps

Comme la boue qui sèche

Sur le cuir des semelles

Et se délite à jamais

 

Il s’en fallait pourtant de peu

Pour qu’en venant ce soir

Frapper à ta porte

Largement elle s’ouvrît

Mais dès que tu me vis

Tu préféras la refermer

 

J’écris ces lignes sur la table

D’un bistrot qui m’est inconnu

Je me sens juste coupable

D’être réapparu

 

 

Jacques Herman

2010

14:44 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

28/02/2011

Le petit ru délire

Le petit ru délire

Sur ses berges les saules

Se grattent la plante des pieds

Les rares feuilles secouées

Extirpées de leurs rêves

Douloureux s’étirent

 

Deux poissons ailés

Se croisent près du pont

Bien inutile puisqu’il suffit

A peine d’un bond

Pour traverser l’eau fraîche

Où des champignons

D’une espèce inconnue

Viennent s’abreuver

A la belle saison

 

Le petit ru transpire

Sous le soleil d’été

Il se plaint

A qui veut l’entendre

 

La peur de déborder

Lui fait préférer dit-il

Le gel à pierre fendre

De l’hiver rigoureux

Qui lui semble tarder

 

 

Jacques Herman

2010

16:46 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

27/02/2011

Deux pas en arrière trois en avant

Nous nous sommes rencontrés

A l’heure où l’on nous coupe

L’herbe sous les pieds

Et nous avons demandé

Qu’on nous ampute aussi

Par solidarité

La faux qui pourtant

Se veut toujours cruelle

A jugé bon

De nous épargner

Alors dépités

Débordants d’amertume

Levant les bras au ciel

Nous avons cru de bon ton

De ne pas insister

Sur le chemin du retour

Qu’ils avaient parsemé de ronces

De pierres

De cailloux

De gravier tranchant

Nous avons marché

Aussi bravement

Que les bons pères

Naguère

Nous l’avaient enseigné

Deux pas en arrière

Et trois en avant

Jacques Herman

2010

11:40 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

26/02/2011

Terre labourée

On peut lire sur les lèvres

De la terre labourée

Des langues rosâtres

Vont surgir bientôt

Des sillons tracés

Comme des offenses

Silencieuses

Mais bien orchestrées

A l’égard du ciel

A défaut de pouvoir

Lui faire des pieds de nez

La terre humide et nue

Très volontiers dirait

Aux dieux tout le mal

Qu’elle nourrit

A leur égard

Complice la charrue

L’appuierait

La soutiendrait

Dans ses récriminations

Mais l’heure propice

N’est pas encore venue

Et ’altercation

Est remise à plus tard

Jacques Herman

2010

10:57 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

25/02/2011

Que cherchent tes mains

Que cherchent tes mains dans la nuit

Sans lune

Dont les étoiles ont fui

Et où ne demeurent que

Le brouillard épais de l’ennui

L’espoir endormi

Et quelques contes à dormir debout

 

S’accrochent-elles au vent qui souffle

Sur les grands sapins noirs

Des Ardennes

Que la neige va recouvrir

De son poids de silence

 

Se tendent-elles en direction des dieux

Maîtres du temps

Qui se dérobent à la vue

Mais te font parfois signe

Dis-tu

Comme si ta désespérance

Se résolvait en eux

 

Je t’observe du coin de l’œil

Assis sur le seuil

D’une maison voisine

Et j’attends

 

 

Jacques Herman

2010

 

 

 

 

 

12:10 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

24/02/2011

Le coeur de la campagne

Le cœur de la campagne

Bat au rythme effréné

D’incessants bêlements

De poètes mielleux

Qui tentent de la chanter

En  vers doucereux

Aux rimes forcées

 

Pleines d’elles-mêmes

Comme à l’accoutumée

Les métaphores grasses

Tombent dans la poussière

Dont les champs

Sans l’avoir voulu

Se trouvent recouverts

Et ne se débarrasseront

Sans doute plus

Avant les labours

De la prochaine année

 

 

Jacques Herman

2010

12:06 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

22/02/2011

Partout chez moi

Je suis partout chez moi

Pourvu

Que je sois seul avec moi-même

Dans la ville pourrie

Le village endormi

La forêt prochaine

Les parfums de lilas

Les relents de viande avariée

Il peut pleuvoir des cordes

Ou geler à pierre fendre

Et le soleil peut me brûler la peau

Je suis partout chez moi

Pourvu

Que je sois seul avec moi-même

Qu’importe si les ombres familières

Les heures solennelles

Les grandeurs

Les misères

M’attendent au tournant

Qu’importent les mots que je sème

A tous vents

Je suis partout chez moi

Pourvu

Que je sois seul avec moi-même

Depuis l’aube des temps

La mort nous aspire

L’un après l’autre

Chacun pour soi

On meurt toujours seul

Quand bien même entouré

D’une cour en attente

Comme meurent les rois

Jacques Herman

2010

11:05 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

21/02/2011

Des voix qui rossignolent

Des voix qui rossignolent

Surgissent dans le Bois des Pendus

Se gonflent au vent

Et s’élèvent comme des ballons

Gonflés jusqu’aux limites

Extrêmes de l’éclatement

L’une d’elle dérive

Se détachant du lot

Puis disparaît au grand dam de l’enfant

Qui tente vainement

De la suivre des yeux

Les autres pour l’instant

Demeurent rigoureusement

Groupées

En une grappe colorée

Qui se rapetisse à mesure

Qu’elle s’éloigne de nous

Le silence désormais

Nous recouvre du dais

De l’indifférence

C’est l’heure me dit quelqu’un

De laisser les sapins

A leur somnolence

Le soir va tomber

Nous reviendrons demain

En fin de journée

Jacques Herman

2010

15:34 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)