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08/03/2011

Il semblerait

Il semblerait que je me sois

Mal accroché de mes dix doigts

A la chair tendre de votre cou

J’ai lâché prise et soudain

J’ai atterri dans la ravin

Mort sur le coup

Et tandis que

Mon corps pourrit

Dans l’herbe humide

Près du torrent

Mon âme sautille

De fleur en fleur

Il arrive cependant

Qu’au gré de ses humeurs

Elle s’attriste

Et qu’elle pleure

En pensant à vous

Jacques Herman

2010

12:21 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

07/03/2011

A la vitesse des martinets

J’ai laissé tomber

Du premier étage

Des mots fragiles

Qui se sont brisés

Comme du verre

Sur le trottoir

Et quelques autres

Plus résistants

Qui rebondissaient

Il m’est aussi arrivé

De voir des mots s’envoler

De leurs propres ailes

A la vitesse des martinets

Jacques Herman

2010

20:43 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

06/03/2011

Des cris étouffés

Par des fenêtres ouvertes

Surgissent

Des vapeurs orangées

Inodores

D’inquiétante

Opacité

Des cris étouffés

Font vibrer les murs

Et parmi les cailloux

Que nous projetons

Aussi loin

Que nous le pouvons

Certains rebondissent

Bruyamment

Contre les barreaux

De la prison

Une file d’attente

Calme

Imperturbable

S’égrène en contrebas

Du chemin asphalté

Deux rangs devant moi

Les cheveux ébouriffés par le vent

Une femme âgée

S’arrache les vêtements

Et se met à hurler

Dépoitraillée

Devant les portes closes

Bottées de cuir brun

La matraque à la main

Deux chiennes

L’avisent aussitôt

Puis la rouent de coups

Jusqu’à ce qu’elle s’écroule

Tandis que la foule

Redouble ses cris de haine

Des nuages s’amoncellent

Au-dessus de nous

La pluie elle-même chercherait-elle

A nous menacer

Nous nous prenons à rêver

Aux trompettes de Jéricho

A des tremblements de terre

A des murs fissurés

A l’image des têtes

Lamentables

Monstrueuses

Pathétiques

Des autorités

Jacques Herman

2010

22:31 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

05/03/2011

Une chanson grise

C’est une chanson grise

Qui se faufile

Ténébreuse et méfiante

Comme une souris

Dans les rues de la ville

Une chanson triste

Vainement en quête

D’une oreille attentive

Dans la cohue

Bruyante du marché

Une chanson morose

Qui n’a pas l’heur de plaire

Puis qui s’effiloche

Et se dissout dans l’air

Comme une fumée

Le foule n’aspire

Qu’au bruit clair

Des cris des vendeurs

Dans le soleil d’été

Jacques Herman

2010

16:05 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

04/03/2011

Clin d'oeil

Des oiseaux morts

Jonchent le sol

On dit qu’ils n’ont pas

Pu prendre leur envol

Qu’ils sont tombés

Raides de froid

Des branches hautes

Des ormes noirs

Où ils étaient assis

Dans la profondeur

Violacée de la nuit

La lune

Bientôt pleine

Fait un clin d’oeil

Et sourit

Jacques Herman

2010

10:24 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

03/03/2011

Il s'arrête ravi

Bien vivantes des pensées

En ces lieux reposent

Pas même flétries

Plutôt jolies

Jaunes

Roses

Et violacées

 

Il s’arrête ravi

A ras-bord plein

De l’espérance

Qu’il nourrit

Depuis longtemps

 

Sa main semble hésiter

Il aimerait

En cueillir une

Pour l’interroger

Mais le voilà qui se ravise

Il lui semble

En l’occurrence

Que les échanges verbaux

En rompant le silence

Suffissent

Sans doute largement

 

Mais quelle question poser

Qui clairement formulée

Assez brève et précise

Prétendrait s’imposer

 

Tout bien considéré

Il rebrousse chemin

On entend ses pas

Lents dans la poussière

Puis dans le gravier gris-blanc

Jusqu’à la grille du cimetière

Qu’il referme derrière lui

Soigneusement

 

 

Jacques Herman

2010

14:29 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

02/03/2011

Sur la table où j'écris

Sur la table où j’écris

Entre des feuilles qui respirent encore

Leur virginité quoique jaunies

Devant des pages déjà noircies

De lignes cent fois biffées

Et d’autres un peu gênées

D’être ridées bien avant l’âge

Par quelques faux plis

Un livre sommeille

Comme dort un enfant

Bordé de sérénité

Confiant

 

De la liseuse en cuir grenu

Un autre livre dépasse un peu

Comme s’il cherchait à s’échapper

Suffoquerait-il

Coincé par des brouillons

En attente de correction

A moins qu’il ne cherche à me dire

Sa douloureuse condition

Sa mise à l’écart

Sans doute imméritée

 

Par la porte entrouverte

Sur le petit balcon

On n’entend plus guère

Que le bruit du chantier

Tandis qu’à portée de main

Mon café refroidit

 

 

Jacques Herman

2010

16:25 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

01/03/2011

Réapparu

Rien ne s’inscrit dans la durée

Ni le souffle du ciel

Ni la claire chaleur de l’été

Ni l’amour

Ni les pensées

Quand bien même

On les croirait obsessionnelles

Tout s’efface

Comme des traces

Dans la buée

 

Rien ne s’attache

Rien ne se lie

Tout se défait

En peu de temps

Comme la boue qui sèche

Sur le cuir des semelles

Et se délite à jamais

 

Il s’en fallait pourtant de peu

Pour qu’en venant ce soir

Frapper à ta porte

Largement elle s’ouvrît

Mais dès que tu me vis

Tu préféras la refermer

 

J’écris ces lignes sur la table

D’un bistrot qui m’est inconnu

Je me sens juste coupable

D’être réapparu

 

 

Jacques Herman

2010

14:44 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

28/02/2011

Le petit ru délire

Le petit ru délire

Sur ses berges les saules

Se grattent la plante des pieds

Les rares feuilles secouées

Extirpées de leurs rêves

Douloureux s’étirent

 

Deux poissons ailés

Se croisent près du pont

Bien inutile puisqu’il suffit

A peine d’un bond

Pour traverser l’eau fraîche

Où des champignons

D’une espèce inconnue

Viennent s’abreuver

A la belle saison

 

Le petit ru transpire

Sous le soleil d’été

Il se plaint

A qui veut l’entendre

 

La peur de déborder

Lui fait préférer dit-il

Le gel à pierre fendre

De l’hiver rigoureux

Qui lui semble tarder

 

 

Jacques Herman

2010

16:46 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

27/02/2011

Deux pas en arrière trois en avant

Nous nous sommes rencontrés

A l’heure où l’on nous coupe

L’herbe sous les pieds

Et nous avons demandé

Qu’on nous ampute aussi

Par solidarité

La faux qui pourtant

Se veut toujours cruelle

A jugé bon

De nous épargner

Alors dépités

Débordants d’amertume

Levant les bras au ciel

Nous avons cru de bon ton

De ne pas insister

Sur le chemin du retour

Qu’ils avaient parsemé de ronces

De pierres

De cailloux

De gravier tranchant

Nous avons marché

Aussi bravement

Que les bons pères

Naguère

Nous l’avaient enseigné

Deux pas en arrière

Et trois en avant

Jacques Herman

2010

11:40 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)