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04/09/2010

Ma colombe

Ma colombe a traversé

Le voile blanc

Sans provoquer

La moindre déchirure

 

Deux coups d'ailes ont suffi

A la faire passer

Sans crier gare

De l'autre côté

 

Il ne me reste

De notre aventure

Qu'une image qui

Va s'estomper

Et deux ou trois plumes

Que j'ai l'intention

De conserver

 

 

Jacques Herman

2010

12:24 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

03/09/2010

Passe ton chemin

Passe ton chemin

Va-t-en très loin d’ici

Tourne ton regard

Vers les draps sales blanchis

Tends l’oreille au gazouillis

Des oiseaux inconnus

Qui déplorent

L’inconfort des branches

 

La route est longue

Et la terre dégage

Une odeur de moisi

 

Le ciel est couvert

D’inscriptions imbéciles

Que des charognards

Ont écrit du bout de leurs ailes

Avant de se poser

A la lisère du bois

 

Le vent

La pluie

Sans doute encore

Les effaceront

Jamais elles ne sont

De longue durée

 

Certaines cependant

Les plus tenaces

Les plus cruelles

Ne disparaîtront

Qu’à grands coups de jets

De sable sous pression

 

 

 

 

Jacques Herman

2010

 

 

 

 

 

09:54 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

02/09/2010

L'ai-je si mal descendu

L’AI-JE SI MAL DESCENDU

 

 

 

L’ai-je si mal descendu

Que les marches sous mon poids

Se sont dérobées  une à une

Et qu’allongé

Face à terre

J’absorbe la poussière

Des lames de bois

Du plancher de la scène

 

Ton regard

Sur moi porte la haine

Et tes yeux bleus

Me vrillent le cœur

 

Dans les coulisses

On rit

Le pompier de service

Se tient les côtes

 

Le public aussi

Dans la salle semble trouver

Le spectacle désopilant

 

Relève-toi

Hurle une rouquine

Assise au premier rang

 

Ce soir-là le rideau

Est tombé sur moi

Définitivement

 

 

Jacques Herman

2010

 

23:12 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

01/09/2010

Se plaindre un peu

Dans les pieds de la table

Les os

Semblent avoir

Terriblement souffert

Les pieds furent replâtrés

Rééduqués

Par kinésithérapie

Préparés

A la marche lente

Sur la tapis

 

D'aucuns parmi vous

Craignaient le pire

Mais la table n'est jamais partie

Sous d'autres cieux

Voir si la vie

Lui convenait mieux

Sous d'autres latitudes

 

Elle a beaucoup souffert

Des coups qu'elle a subis

Le plateau lui-même

Fut atrocement  rayé

Sur une centaine d'années

Bien des jours lui furent rudes

 

Le soir

En hiver surtout

Il arrive qu'on l'entende

Gémir

Et se plaindre un peu

A l'heure du coucher

 

 

Jacques Herman

2010

22:08 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

30/08/2010

Grisâtre

Grisâtre le corps

Pendu au bout

De la corde semble

Blanchir par désir

De rejoindre le monde

Fébrile

Embrasé

Bouillonnant

Ecumeux

Frénétique

Des vivants

 

Il ne conservera

Quasi rien de la mort

Sinon d'âcres odeurs

Et des stigmates au cou

 

Les oiseaux piaillent

Les chiens aboient

Le grand chêne s'en fout

Flegmatique

Placide

Serein

Il s'élève dans le ciel

Où il creuse son trou

 

 

 

Jacques Herman

2010

 

10:54 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

29/08/2010

C'est ici ma maison

La lune montre du doigt la mer

C'est ici ma maison nous dit-elle

Et nous l'écoutons gravement

Réceptifs jusqu'aux frémissements

De l'écume des vagues


 

Nous tentons vainement

De compter les étoiles

Qui se reflètent dans l'eau

Noire de l'océan


 

Mais aussitôt la magie

Du soir est rompue

Brisée

Défaite

Anéantie


 

L'erreur dit la lune

C'est le dénombrement

Compter n'entraîne que misère


 

Vous venez d'arracher

Les ailes de l'oiseau

La vérité ne vaut

Pas l'ombre d'un mystère

 


 

 

Jacques Herman

2010

 

09:59 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

28/08/2010

Je crois qu'ici je pourrais vivre

Je crois qu’ici je pourrais vivre

Je pourrais écrire

Et je pourrais mourir

 

Je crois qu’ici mes yeux

Ne verraient que la pierre

Les rochers tendus

Vers l’infini du ciel

Mais enracinés

Dans les braises d’enfer

Et qui ont tant souffert

Qu’ils se sont écartés

De la marche du monde

 

Je crois qu’ici je pourrais vivre

Mieux qu’en leurs villes malodorantes

Surexcitées

Immondes

M’abandonner aux vagues des champs

Aux remous du torrent

Aux ondulations des troupeaux

Sous la houlette de bergers sans âge

Vivre au plus loin

Du vrombissement

Des fats et des faux sages

Si pleins d’eux-mêmes

Qu’ils frisent l’explosion

 

Je crois qu’ici je pourrais vivre

Un peu sauvage

Auprès de chèvres et de moutons

 

 

Jacques Herman

2010

14:33 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

27/08/2010

Des étoiles si lasses

Il est tombé du ciel

Des étoiles si lasses

Qu'elles ont fini

Par s'en décrocher

 

Dans l'herbe bleue du soir

Embrumée par les dieux

Leurs menus débris

Echappent à la vue

 

Et au soleil levant

Leur lumière éclatée

Ne pourra passer

Qu'inaperçue

 

C'est ainsi qu'à nos yeux

Pourtant grands ouverts

N'apparaîtra plus

Que du gazon vert

 

 

Jacques Herman

2010

 

00:29 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (3)

26/08/2010

Nous nous forgerons

Nous nous forgerons

Des masques d'ancêtres

Nous confectionnerons

Des vêtements démodés

Puis ensemble

Nous visiterons

Le camp désaffecté

 

Il n'en reste que ruines

Toits effondrés

Murs délabrés

Et la lourde présence

Du temps passé

Qui se mesure

A l'aune du silence

 

Mais personne à ce jour

Ne s'est risqué

A la démolition

Dans la grande allée

Des poteaux d'exécution

 

Chacun d'eux

Pourrait à l'évidence

Te parler des souffrances

Qui s'y sont incrustées

Et du ciel où les dieux

Brillaient par leur absence

 

 

Jacques Herman

2010

11:22 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

25/08/2010

Il fut un temps ma soeur

Il fut un temps ma soeur

Où l’on ne comptait

Les heures qu’au gré du vent

Et selon nos humeurs

 

Il fut un temps ma soeur

Où nous marchions ensemble

Dans l’ocre clair des champs

 

Il fut un temps ma soeur

Où nous nous promenions

Le long du grand canal

Qui relie Bruges à Gand

La Flandre Occidentale

A la Flandre Orientale

La côte à l’arrière-pays

 

Il fut un temps ma soeur

Où nous traînions les pieds

Dans l’insouciance le jour

Dans les rêves la nuit

Et nous cheminions

Chargés de certitudes

 

Il fut un temps ma soeur

Un temps béni des dieux

Où nous étions à l’abri

Des affres de la solitude

 

 

Jacques Herman

2010

 

 

 

14:42 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)