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22/08/2010

De la pluie qui coule à travers le coeur

De la pluie qui coule

A travers le coeur

C'est comme le vent

Qui répand

Les fétides odeurs

Des temps morts

Par-dessus les fougères

 

De la pluie qui coule

A travers le coeur

C'est comme les débris d'épaves

Qui roulent indéfiniment

A la surface des mers

Et parfois se rebellent

A notre insu

Contre l'errance indomptable

 

De la pluie qui coule

A travers le coeur

C'est le signe premier

D'un danger imminent

D'une catastrophe

Incontournable

Inéluctable

Mais naturelle

 

 

Jacques Herman

2010

12:41 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

21/08/2010

La chute fut brutale

LA CHUTE FUT BRUTALE

 

 

 

La chute fut brutale

Inattendue

Mais contre toute attente

L'issue ne fut pas fatale

 

Avez-vous vu l'espoir

Dégringolant du sommet

De la haute montagne

Où des ingénus

L'avaient naguère planté

 

Avez-vous vu l'espoir

Roulant comme une boule

De neige qui descend

La pente en accélérant

A mesure qu'elle s'approche

De la vallée

 

L'avez-vous se redresser

Bombant le torse

Pétri de suffisance

Fier comme l'Artaban

De La Calprenède

Et qui pour feindre

D'ignorer la déchéance

Arbore le sourire béat

Qui couronne à jamais

L'arrogance des ignorants

 

 

Jacques Herman

2010

11:03 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

20/08/2010

Croissance

A mesure qu'ils avancent

Dans la plaine à travers champs

Ils grandissent comme

Grandissent les enfants

Sans prévenir

Si discrètement

Qu'on les croirait complices

De leur propre silence

 

Les nuages alors

Souvent se déchirent

Pour faire ouvrir

Le ciel  à leur croissance

Inéluctable

Et souvent douloureuse

 

Puis quand ils atteignent

La lisière du bois

Les arbres s'écartent

Pour qu'il passent dans

Le sillage du vent

Sans déranger les branches

 

Quand ils semblent enfin

Avoir atteint la démesure

Et qu' ils nous font de l'ombre

Avec ostentation

Il arrive parfois

Que nous nous rebellions

 

 

Jacques Herman

2010

11:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

19/08/2010

Mon Frère c'est l'heure

Parfois le voile du temps

Se déchire et tu trembles

Comme les étoiles

Qui brillent incertaines

Dans la noirceur

Bleutée de la nuit

 

De tes doigts d'albâtre

Tout au long du jour

Coule un sable doré

Que tu laisses filer

Jusqu'à former la  tour

Conique et jaunâtre

Qui s'élève à hauteur

De tes pieds

 

Mais voilà que soudain

Sans t'avoir averti

Sous tes yeux défilent

Des maîtres du passé

 

L'un d'eux vient glisser

Ces mots à ton oreille

 

Mon frère c'est l'heure

Ultime du réveil

Les travaux en ces lieux

Reprennent force et vigueur

 

 

Jacques Herman

2009

15:28 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

18/08/2010

Rien de plus qu'ici

Alors donc que voit-on

Au-delà de la mer

 

Rien de plus qu’ici

Dans nos campagnes pourries

 

Des vaches laitières

Dans les étables

Des cochons

Dans les porcheries

Des poules

Dans les poulaillers

Des chevaux

Dans les écuries

Un chat qui ronronne

Dans le giron

D’une fermière

Au sourire édenté

 

J’imaginais au-delà de la mer

Des monstres hideux

Des sirènes aux cheveux

Dénoués longs et verts

Et qui glissent lascives

Sur les grands  fonds marins

 

J’imaginais au-delà de la mer

Des angelots dodus

Des singes velus

Des poissons volants

Des étoiles scintillant

De pur bonheur divin

 

Mais au-delà des mers

Il n’est finalement

Rien de plus

Rien de moins

Que des terres qui tremblent

En vomissant

De la boue qui dévale

Des sentiers incertains

Et qui rejoint la mer

Comme un rouleau sans fin

Qui nous tombe dessus

Au grand dam des cochons

Des poules et des chevaux

Des vieilles fermières

Des vaches laitières

Et du village qui disparaîtra

Dans l’inondation                                                      

 

 

Jacques Herman

2009

 

17:07 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

17/08/2010

Rien ne peut résister au temps

La nuit filandreuse

Nous tombe dessus

Comme la neige

Légère

Poudreuse

Qui nous vêt d’illusions

 

Mais rien à parler franc

Ne peut résister  au temps

Ni l’obscure saison

Ni la froideur qui fond

Dès le frémissement

De nouvelles lumières

Puisqu’aussitôt

L’épais manteau

De glace redevient

De l’eau très ordinaire

 

 

Jacques Herman

2009

 

17:02 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

16/08/2010

Aboie doucement

Reste assis

Brave chien

Devant ta gamelle

Pleine à déborder

De perles destinées

A des pourceaux

Qui n’en voulaient pas


Reste assis

Brave chien

Devant ta niche puante

Au bout de quelques heures

D’insupportable attente

Appelle les passants

Et propose –leur

De te caresser

 

Aboie doucement

Ne fais peur à personne

Évite surtout la vulgarité

Les propos amers

La dérision incontrôlée

 

S’ils te demandent

De leur faire part

De tes émotions

Dis-leur franchement

Que ce soir tes patrons

Te conduiront

Chez le vétérinaire

Et qu’ils ont décidé

De te faire piquer

 

 

Jacques Herman

2009

10:04 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

15/08/2010

Vieilles incandescences

Surgies du fond des temps

De vieilles incandescences

S'évertuaient à remonter à bord

De nos bateaux en partance

Sur des mers que les ans

Depuis longtemps

Se plaisaient à calmer

Pour nous autoriser

A gagner d'autres ports

 

Aussitôt que nos âmes

Troublées

Mal à l'aise

Par manque d'habitude

Se trouvaient titillées

Sous un soleil nouveau

Nous plongions

Dans les gouffres profonds

De nos incertitudes

Et souvent nous nous y perdions

 

Certains parmi nous

Croyaient bon

D'accueillir en leurs bras

Le plus humble frisson

Des amours renaissantes

 

D'autres du même âge

Mais sans doute plus sages

Ont sauté dans la vague

Par-dessus

La rambarde du pont

 

 

Jacques Herman

2009

14:16 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

14/08/2010

Que tu le veuilles ou non

Le plus petit bonheur

Que tu le veuilles ou non

Ressemble parfois

Malgré les apparences

A ce souffle de vent

Qui balaie la trace

Des misères d'antan

Et qui

Diablement efficace

Sans crier gare

Discrètement efface

Les blessures de l'âme

Les douleurs du corps

Et les marques du temps

 

Le plus petit bonheur

Que tu le veuilles ou non

Te remplit comme l'eau

Fraîche au coeur du désert

Ou t'entoure de brume

Qui te brouille la vue

Et te détourne

Des songes amers

 

 

Jacques Herman

2009

 

00:02 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

13/08/2010

Nous n'avions qu'un soupir

Nous n'avions qu'un soupir

Aux reflets irisés

Qui nous était commun

 

Pour le reste

Nous étions différents

L'un à l'autre profondément

Etrangers

 

De conserve souvent

Nous avons embué

Le miroir ovale

Du petit salon

 

Du bout du doigt

Il arrivait parfois

Que nous tracions des lettres

Sans signification

 

Code secret

Peut-être

Ou manière de

Tuer le temps

 

Assurément

La marque

Fragile

Ephémère

D'un certain attachement

 

 

 

Jacques Herman

2009

 

13:20 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)