Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

15/07/2010

Il est midi

Il est midi

J’entends qu’on dit de moi

Le chien fidèle

Ronge son os

 

Mais dans ma niche

Depuis ce matin

J’écris

L’évangile canin

Chapitre trois

Versets douze et suivants

 

Le vent contrarie

Mon inspiration

Je remets donc

La suite à demain

 

Il est quatre heures

Les enfants remplissent

La cour de leurs cris

L’école est finie

L’envie me prend

D’aboyer

 

Il est vingt heures

Quelqu’un dépose

Sous mon nez

Une gamelle pleine

De viande avariée

 

 

Jacques Herman

2009

 

 

12:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

14/07/2010

La main de Dieu

La machine s’arrête

De prier mais l’enfant

Pousse à la roue

Et de nouveaux chants sacrés

Prennent leur envol

Pleins de candeur et de gravité

 

S’élèvent dans les cieux

Jusqu’à ce que la main

De Dieu les intercepte

Les broie dans sa colère

  Puis rejette les poussières

Des prières ici-bas

 

Elles volent légères

Se posent ici ou là

Beaucoup sont tombées

Comme des étoiles

Dans l’eau froide de la rivière

 

 

Jacques Herman

2009

 

11:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

13/07/2010

Ombre foudroyée

La foudre en tombant

A déchiré son ombre

Depuis lors à l’égard

Des lumières son coeur

Ne conçoit plus guère

Qu’un vague mélange

De haine et de rancoeur

 

Et l’ombre souffrante

Songe à le quitter

A prendre un matin

Toute seule son envol

Le condamnant aux affres

D’une existence obscure

 

Quand bien même rien

N’a filtré du propos

Qu’elle aurait pu tenir

On rapporte qu’elle

Se pose en victime

Innocente des lois

Mêmes de la nature

Et tenterait de fuir

En deux morceaux distincts

En compagnie de la fissure

 

 

Jacques Herman

2009

 

12:39 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

12/07/2010

Voler libres

Nous suivions pas à pas

La tiédeur de nos âges

Qui nous servait de ligne

De démarcation

De guide-âne

De balise

De feu rouge au sommet

De nos interdictions

 

Finalement perdus

Dans de profonds délires

Nous n’avons plus rien vu

D’assuré que le ciel

Envahi de nuages

 

Les repères devenaient

Des signes incongrus

De sorte qu’il ne nous

Restait bientôt plus

Qu’à plier bagage

A changer d’horizon

A découvrir

La flexibilité

Du coeur sans la raison

A voler libres

Comme des oies sauvages

 

 

Jacques Herman

2009

 

00:51 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

11/07/2010

Sous les bombes

En ce temps-là

Sous les bombes

Les hommes avaient mis

Le feu à l’horizon

 

Les voix d’ici

Les voix d’ailleurs

N’étaient plus qu’à deux doigts

D’une intime fusion

Mais la terre palpitait

Comme un coeur défaillant

 

En ce temps-là

Sous la voûte du ciel

La pensée parfois

Volait libre

Les poètes dissidents

Ecrivaient sur les murs

Sur les tapis volants

Sur la conscience dénudée

De lecteurs improbables

Qui n’en demandaient pas tant

 

L’écriture frissonnait

On se réappropriait

Le chant de l’univers

 

 

Jacques Herman

2009

00:01 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

10/07/2010

Manacor

A peine l’hiver

A grands coup de pinceau

A-t-il laissé

Des traînées noires

Visqueuses

En courbes franches

Comme calligraphiées

Que le printemps s’empresse

Sans vergogne

De les effacer

 

Au diable les pleins

Au diable les déliés

Que l’herbe tendre pousse partout

Au soleil de juger

 

Quelle heure est-il

La cloche retentit

Elle sonne midi

Midi plein

Plein soleil

Plein été

Gonflé de

Chaleur accablante

 

Dans la rue  Cristobal Colon

A Manacor

Les façades

A cette heure du jour

Sont vibrantes

 

 

Jacques Herman

2009

14:24 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

09/07/2010

Sans le vouloir

Bien des misères

De ce temps

Bien des mensonges nés

D’affections meurtries

De délires éclatés

Passent au-dessus des champs

Et des bois

Et des villes

Battant des ailes

Comme des oiseaux

Puis longent le bord des eaux

Survolent la mer

Et finalement

Se laissent tomber

Lourdement

Comme des pierres

 

Ils gisent au fond

De l’océan

Où sans le vouloir

Ils se mêlent au sable

Et se font oublier

 

Le ciel alors à notre aplomb

Se met à vibrer

Comme dans la noirceur de l’oubli

La mémoire retrouvée

 

 

Jacques Herman

2009

 

01:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

08/07/2010

Le seul rempart

Qu’importe auprès de toi

Qu’on raisonne ou qu’on délire

Tu es

L’unique sourire

Dans la grande cité

Tu es

Le seul rempart

Contre l’adversité

Tu es

Le bastingage

Qui retient de mourir

Tu es

L’espoir familier

Sans lequel

On en vient à perdre

Et le Nord

Et le Sud

Et tous leurs à-côtés

 

Quand l’être tout entier

Sombre ou croit sombrer

Dans la viscosité

Des sables mouvants

Quand un filet de vent

Flétrit

Ce qui reste d’espoir

Tu flottes comme un ballon

Par dessus les toits

Et le ciel lourd et noir

Se fissure soudain

S’entrouvre et la lumière

Par miracle revient

Apporter au coeur

Des parfums d’algues marines

 

 

Jacques Herman

2009

09:53 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

07/07/2010

Cent trente-et-un

L’écume des vagues

Tente mais en vain

De blanchir les rochers

Dont la noirceur profonde

Et presque veloutée

Se confond un peu

Avec l’obscurité

Du ciel

A la nuit tombante

 

La jetée gémissante

Ne nourrit plus l’espoir

De se réveiller à l’aube

 

Un cygne vient de se pendre

Au mât d’un voilier

 

Dans la salle des fêtes

Une main innocente

Plonge dans un panier

 

Qui a gagné

Demande quelqu’un

 

Un voix caquetante

Un peu tremblotante

Sur la scène répond

Le cent trente-et-un

 

 

Jacques Herman

2009

 

 

 

 

23:05 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

06/07/2010

Imagine la brume

 

Imagine la brume

En notre absence

Imagine le vent

Le soleil et la pluie

Imagine les passants

 

Qu’importe que nous dormions

Pour l’éternité

Que nous rêvions

Sur la vague du temps

Que notre mort

Leur fasse envie

 

Ils la voient bien

Quand vient le soir

Cette vapeur

Que la terre exhale

Au-dessus de nous

 

C’est une humeur

Qui nous appartient

C’est la clarté

Des tombes fleuries

La promesse à leurs yeux

Que le printemps revient

 

Notre message

Silencieux

Comme l’haleine

Des labours

Eclaircit leurs nuits

Allonge leurs jours

Ils n’en demandent

Guère plus

 

Vivants qui passez ici

Ne vous attardez pas

Aux soupirs des défunts

A l’automne désaxé

A l’incongruité

De nos parfums

 

Guettez dans le ciel

Si sombre au-dessus de vous

Les trouées éclairantes

Et la grâce étoilée

 

 

Jacques Herman

2009

13:12 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)