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25/06/2010

Par

Par ici

Par pitié

Par tous

Les dieux

Du ciel

Par Jupiter

Surtout

Par

Minou

Le chat de

Gouttière

Qui erre

Parmi nous

Par Toutatis

Par Jéhovah

Par témérité

Par ci

Par là

De l’autre

Côté

Du miroir

Hé hé

Par hasard

Par convenance

Par connivence

Par courtoisie

Par retour de courrier

Par manque d’énergie

Par terre

Au plafond

Entre deux

Murs

Entre deux

Mers

Ou de

Part en part

Par les témoins

D’un mariage

Raté

Par le poète

Mort

Ecartelé

Par la grâce

Qui ne me fut pas donnée

Par l’oraison

Par bravade

Par imbécillité

Par manque de raison

Par un simple constat

Par monts et par vaux

Vaches

Cochons

Couvées

 

 

Jacques Herman

2009

13:30 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

24/06/2010

Aux flancs de l'hiver

Il vient s’agripper

Aux flancs de l’hiver

Qui l’ennuie

Mais dit-il

Le rassure un peu plus

Que les autres saisons

 

Le poète craint

Singulièrement

La douceur

Du printemps

La chaleur

De l’été

Le mystère insondable

Des brumes automnales

 

Mais nous le connaissons

Par coeur et nous savons

Que tout bien considéré

C’est à longueur d’année

Qu’il déborde de

La peur de lui-même

 

Et qu’il tremble

Comme une feuille au vent

Sitôt qu’il aperçoit

Son reflet dans l’eau glauque

Du canal

Ou de l’étang

 

 

Jacques Herman

2009

12:52 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

23/06/2010

Prendre le train pour Vienne

Prendre en main

Le train pour Vienne

Le glisser discrètement

Dans la plus grande poche

De votre manteau

Puis quitter la gare

Dont les rails

Voie sept

Se mettent à gémir

Tandis qu’un voyageur

Qui vous a remarqué

Envisage de vous dénoncer

Aux autorités locales

 

Entendre aux informations

Que le train  était bondé

 

Voir la poche du manteau

A deux doigts

De se déchirer

Se colorer de sang

 

S’entendre insulter

Par les passants

Qui hurlent à l’envi

Que c’est un carnage

Que vous avez

Provoqué ce midi

 

Jusqu’où la bêtise

Et la forfanterie

Vous conduiront-elles

 

 

Jacques Herman

2009

 

12:42 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

22/06/2010

Ce qu'elle contient

Les jours entiers

Ne sont jamais

Que des quarts d’heures

Bons ou mauvais

Juxtaposés

 

Et chacun d’eux

N’est qu’addition

De minutes si brèves

Qu’on voudrait bien

Les étirer

 

Mais la seconde

Passe si vite

Qu’on  ne sait pas

Ce qu’elle contient

 

 

Jacques Herman

2009

10:04 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

21/06/2010

Un coup de feu

Un coup de feu

Un seul

Retentit dans la forêt

 

Les nuages fatigués

Ne courent plus

Sur la lune blanchâtre

En son premier quartier

 

Le loup blessé

Hurle à la mort

Sa blessure est profonde

Il pleure

Il geint

Il implore le ciel

Et se tord de douleur

Mais personne au monde

Ne lui répond

Sa vie bientôt

Va s’en aller

 

Dans quelques heures

A peine

La louve jouera

Le rôle de

La veuve éplorée

 

 

Jacques Herman

2009

 

10:23 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

20/06/2010

La page se plaint

La page se plaint

De sa virginité

 

Le vent par pitié

L’emporte parfois

Vers des contrées nouvelles

 

Et la page pliée

En deux bat des ailes

Comme un oiseau

 

Quand elle se pose

Sur une table

Sur un banc

Sur un bureau

Elle attend

Vainement

Qu’une plume

Ou qu’un crayon

Vienne laisser sa trace

 

Mais elle ne se couvre

Que d’intentions

Qui ne vivent pas

Plus longtemps

Qu’une bouffée d’air qui passe

 

 

Jacques Herman

2009

 

13:28 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

19/06/2010

Les senteurs du printemps

Par la fenêtre ouverte

Tout ce qui pourrait entrer

Reste dehors

L’oiseau

Le chat

Le vent

La pluie

La mort

Les senteurs du printemps

Tout autant

Que les âcres relents

De la déchetterie

 

 

Jacques Herman

2009

10:30 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

18/06/2010

On aligne

On aligne des sacs en jute immenses

Des corbeilles pleines à ras bord

Des jarres et des amphores

Des plateaux recouverts de fleurs odorantes

 

Les sacs sont remplis

De lourd silence

Les jarres et les amphores

Selon toute vraisemblance

Ne contiennent absolument rien

 

Les marchands n’ont d’yeux

Que pour la terre ocrée

Sur laquelle ils ont posé

Des nattes et des sièges bas

 

Ils sont assis

Les genoux écartés

Les pieds croisés

 

Parfois l’un d’eux relève la tête

Articule des prix

Vante sa marchandise

Puis de nouveau

Fixe le sol

Dans la chaleur accablante

Du marché

 

La foule ici passe

Très lentement

Comme passaient

Dans nos campagnes

Les corbillards d’antan

 

 

Jacques Herman

2009

 

 

23:18 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

17/06/2010

Montrez-moi vos papiers

Montrez-moi vos papiers

Hurle-t-il comme si

J’étais malentendant

 

Passage interdit

Ajoute-t-il grognon

La frontière ici

Mon cher

Ne s’ouvre pas

A n’importe que prix

 

Alors j’extrais

De la poche intérieure

De mon manteau

Un ticket de caisse

Du supermarché

 

Il semble répondre

A l’attente du

Douanier

La barrière s’ouvre

On  me laisse passer

 

 

Jacques Herman

2009

21:38 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

16/06/2010

Instants de vergogne

Tout augmente de prix

Le verbe surtout s’est fait cher

En particulier s’il est recouvert

De peau

Le marché parfois

Se plaît à exploser

On en trouve alors

Des éclats

Des débris

Petits et gros morceaux

Retombés

Dans les rues de la ville

Et dans les champs de blé

A l’horizon

Bien entendu

Rien de nouveau

Le ciel parfois

Rougit de honte

Mais un instant de vergogne

Est vite passé

Jacques Herman

2009

23:14 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)