Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

18/11/2013

Tandis que l'hiver

Tandis que l’hiver

Nous gratouille le nez

Le rougit

Le met très mal à l’aise

Nous regardons le ciel

Qui lentement s’affaisse

En pluie jusqu’à nos pieds

 

La terre n’en peut plus

Qui déjà imbibée

Gèle au point de craquer

Alors que nos pas 

D’une extrême prudence

Freinent en silence

A cause du verglas

 

Nous sommes bien pareils

A ces vieux automates

Qui bégaient à la fois

De la tête et des bras

Et dont le tronc balance

Jusqu’à ce que la clé

S’arrête en suppliant

Nos mains secourables

De la faire tourner

 

 

Jacques Herman

 

2013

11:10 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

15/11/2013

Tu m'invites

Tu m’invites à

Te prendre la main

Tandis qu’en souriant 

Tes lèvres déchirent 

La voilure du temps

 

Tu souffles doucement

Et des pétales de roses

Tombent au pied des fleurs

Comme de longs baisers 

Qui sur le cou se posent

Par familiarité

 

Bref instant de bonheur

Qui trop vite s’efface

Ton image à présent

Va s’évanouir

Sans laisser le moindre

Reflet dans la glace

 

Je la perçois fragile

Et déjà tremblottante

Et qui se rapetisse

Légère en s’éloignant

 

Et ma douleur s’accroît

Parallèlement

 

 

Jacques Herman

 

2013

15:35 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

12/11/2013

Saute-mouton

Dans l’herbe rare

Des fleurs éphémères

Ont fait leur quartier

Général et glacé

Sous l’oeil vigilant

De la lune méfiante

Au coeur de l’hiver

Mais à l’abri du vent

 

Nul ne les reconnaît

On les croit déguisées

En bipèdes humains

Leur pétales velus

Leur font un bonnet

Et leur feuilles ressemblent

A un vêtement fripé

 

On dit qu’elles témoignent

De réalités

Qui naissent au coeur

Du conflit des idées

Qui échappent au temps

 

Il se trouverait même

Un illustre savant

Qui du haut de sa chaire

Et plein de suffisance

Affirme qu’elles sont

Nées du croisement

Du bruit et du silence

 

Mais les fleurs n’en ont cure

Et feignent d’ignorer

Tout ce que la raison

Des hommes dévoile

Et quant on les interroge

Elles ne répondent rien

 

Tandis que nous nageons

Dans les canaux vulgaires

De l’imagination

Nous semblons refuser

De prendre en considération

Les nuages qui 

Au-dessus de nos têtes

Se plaisent à jouer

A saute-mouton

 

Jacques Herman

2013 

 

22:33 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

09/11/2013

Prendre un flocon d'espoir

Prendre un flocon d’espoir en la paume

D’une main froide qui prolongera

Sa vie menacée par l’ardeur insolente

Du soleil arrogant qui incinérera

Les amours triomphantes

 

Prendre une étoile pour guide

Dans la noirceur des nuits

Briser comme un verre 

En mille et un éclats

Les regards moqueurs 

Des cyprès d’ici-bas

Qui montent la garde

Entre les tombeaux

Et ceux des roseaux

Tartuffes méprisables

Qui s’inclinent au vent

Comme le font devant

De grands officiers

Les tout petits soldats

 

 

Jacques Herman

2013

 

15:27 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

07/11/2013

Chaque fois que je pose

Chaque fois que je pose

Sur les pages des mots

C’est le coeur de la rose

Qui se donne à voir

A mesure que 

Son parfum se dégage

Et remplit l’air du soir

 

Chaque fois qu’un pétale

Que la vie trop fatigue

Vient à se laisser choir

C’est que dans le ciel

Une étoile se meurt

D’amour ou de désespérance

Mais toujours en silence

Et sans jamais connaître

Ni le jour ni l’heure

 

 

Jacques Herman

2013

 

12:23 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

04/11/2013

Ha Leilah

Prends-moi dans la nuit

Étoilée de tes rêves

Qui s'étend au-delà

Des frontières bleutées

Que dessinent le jour

Les collines lointaines

Et détourne le chant

Triomphal de fantômes

Noirs et repoussants

 

Abreuve-moi de l'eau

Du torrent qu'on entend

Gronder dans la plaine

 

Arrache de mon toit

Les suppliques des morts

Qui me montrent du doigt

Le court cheminement

Entre la vie fragile

Et les monstres de pierre

Qui font grincer leurs dents

 

Sois mon soleil d'été

Qui rayonne en chantant

Et fait mûrir les blés

Et rassure les champs

 

Détourne mes yeux

Embués d'émotion

Arrache la peur

Qui fait trembler mes membres

Et fais-moi sourire

Une dernière fois

M'empêchant de me pendre

Au chêne patient

Qui attend dans le bois

 

 

Jacques Herman

2013


22:29 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

01/11/2013

Tourner les pages

Trop de pages tournées

Ont prématurément usé

Le livre de la vie

 

Du crâne les fêlures

N’ont laissé filtrer

Que l’ombre pâle

De nos lumières

Mais la reliure

A fini par craquer

 

Quelques feuilles jaunies

Ça et là s’éparpillent

Sur la terre gelée

On attend que le vent 

Glacial de l’hiver

Veuille les emporter

 

 

Jacques Herman

2013

 

09:33 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

28/10/2013

La dame en bleu

Au nom du feu qui crépite

Au nom du vent qui vivifie

Au nom des oiseaux de passage

Au nom de la patrie

Vous tous ici je vous invite

A regarder la plage

Qui se décline en rose

Au soleil couchant

A guetter le passage

De la Dame en bleu

Qui traverse le temps

 

Un étoile la guide

Que nous ne voyons pas

A cette heure du jour

Mais qui fait briller ses yeux

 

Et dès à présent

Que la loi du silence

S’impose à nous du ciel

Par le pouvoir des dieux

 

 

 

Jacques Herman

2013

 

 

10:23 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

25/10/2013

Traverser à la nage

Traverser à la nage

L'océan qui sépare

Les cœurs endoloris

Fixer du regard

La ligne d'horizon

Y chercher le rivage

Sous les nuages gris

 

Croire intimement

L'avoir découvert

Alors qu'il ne s'agit

Que d'un autre mirage

 

Mais nager encore

Comme si l'effort

En était le prix

Et soudain dans le ciel

Voir un vol de mouettes

Et se fier à leurs cris

 

 

Jacques Herman

2013


10:26 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

22/10/2013

Chiffres

Imaginez ma peine

Mon inconfort

Ma douleur

Je ne compte les heures

Jamais qu’à rebours

 

Je n’ai de l’infini

Qu’une image un peu floue

Pour tout dire partielle

Et j’en suis désolé

 

Les chiffres ordinaires

Depuis ma naissance

M’ont toujours fait peur

Et de loin je préfère

Le murmure des mots

Qui rompent le silence

Sous le soleil d’été

 

Des mots tendres et doux

Que suscite l’amour

A l’abri d’une ombrelle

Enrobés d’un parfum

Léger qui rend fou

 

 

Jacques Herman

2013

 

10:23 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)