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01/10/2013

Que le vent m'emporte

Que la vague m’emporte

Dit l’algue à la mer

Qui vient de la vomir

Sur le sable et qui pleure

 

Que le vent me ramène

Au plus profond du ciel

Dit l’oisillon mourant

Qui est tombé du nid

 

Et le soleil qui brille

A l’aplomb de nos têtes

Rapetisse nos corps

Dans l’ombre qu’ils font

 

Méfiez-vous de lui

C’est un seigneur distant

Qui n’a cure de nous

Gromelle au passage

Un petit cerf-volant

Du bout de sa ficelle

Et qui dans les humeurs

Que l’été a taries 

Croit évoluer

En faisant quelques bonds

Prisonnier inconscient

Comme tout ici-bas

Des caprices des vents

 

 

Jacques Herman

2013

 

22:08 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

29/09/2013

Dans le coeur de son coeur

 

 

 

 

 

DANS LE COEUR DE SON COEUR

 

 

 

Dans le coeur de son coeur

C’est la pluie qui ruisselle

Et dans le feu se meurt

La dernière étincelle

 

Il n’est plus du ciel bleu

Que les rondeurs noirâtres

De nuages annonceurs

D’orages nouveaux

 

Et la fin du calvaire

Tarde à s’approcher

De sa menace altière

A deux doigts d’ imploser

 

C’est alors que du fond

De son âme surgit

Le dessin fragile

D’un oiseau en plein vol

Qui l’appelle à le suivre

Et confiant il le suit

 

 

Jacques Herman

2013

09:40 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

26/09/2013

Dernier mot

Je ne sais plus à quand

Le premier mot remonte

Ni combien depuis lors

Ont pu se succéder

Mais celui que je pose

Ici est le dernier

 

 

Jacques Herman

2013

 

12:39 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

24/09/2013

A chaque jour

A chaque jour suffit sa peine

Au crayon sa mine de plomb

Au soldat sa décoration

A Noé son déluge

A César ses lauriers

Et au mouton sa laine

 

Le  nuage est heureux

Du moins le dit-on

D’avoir dans le ciel

Trouvé son refuge

 

Et à mes pieds le feu 

Plein d’ardeur crépite

Dans la cheminée

Tandis que dans la nuit

Le chat s’éloigne

De la maison

Et silencieux

Les mains sur le front

Je médite

 

Parfois sans le vouloir

Les lèvres mi-closes

Je prononce des mots

Que je ne comprends pas

Ou j’attribue aux choses

Des couleurs ou des sons

Une odeur de jasmin 

Ou un parfum de rose

 

Et dans l’appel du jour

La douleur reprend vie

Comme les cri d’amour

Dans le sang des combats

 

 

Jacques Herman

2013

 

09:01 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

22/09/2013

Bref dialogue

ll dit

Que fais-tu?

Elle dit

J’ai dormi

Il dit

Oui mais à présent?

Elle dit

Rien

Il dit

Tu me parles

Elle dit

Parler n’est pas agir

Il dit

Qu’est-ce donc que parler?

Elle dit

C’est brasser des mots

Sans vêture

Usagés

Fatigués

C’est un peu

Comme un délire

A peine déguisé

 

Elle dit

Que fais-tu?

Il dit

Je pense à toi

Elle dit

Penser n’est pas agir

Il dit

Qu’est-ce donc que penser?

Elle dit

C’est éviter

D’avoir peur de mourir

 

 

Jacques Herman

 

12:06 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

20/09/2013

C'est un petit ruisseau

C’est un petit ruisseau

Qui ressemble aux humeurs

Bouillonnantes ou sombres

Selon le jour et l’heure

Et que rien ni personne

Ne peut empêcher

De partager la plaine

En ses rivalités

 

Tout semble s’y dissoudre

Les joies comme les peines

Et les gouttes de pluie

Que vient cracher le ciel

Et tous les mots d’amour

Que la nature humaine

Dans les prés alentour

A pu prononcer

 

C’est un petit ruisseau

Qui ne demande rien

De plus que ce que

Le ciel lui a donné

 

De l’herbe bien verte

Au coeur de l’été

Et le manteau neigeux

Qu’apporte l’hiver

Quand tout devient frileux

 

 

 

Jacques Herman

2013

 

21:02 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

18/09/2013

Mots effaçables

Deux mille trois cent quatre-vingt-dix

Coeurs gravés au couteau

Dans l’écorce des frênes

Des chênes 

Des bouleaux

Du Bois des Quatre-Vents

 

Qui sont les graveurs?

Qu’est-il advenu

Des mots prometteurs

Des engagements

Oubliés ou tenus?

 

Au pied d’un érable

Assis sur un banc

Un vieillard me dit

Que paradoxalement

Les mots effaçables

Comme ceux qu’on écrit

Dans le vent

Sur le sable

Résistent mieux au temps

 

 

Jacques Herman

2013

 

11:07 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

16/09/2013

Trains

Comme des lapins

Qui détalent à l’aube

Les trains sont partis

Vers les quatre horizons

Les rames chargées

D’espoirs

D’illusions

D’angoisses

D’intentions

De projets

En cours d’exécution

De rêves éphémères

Ou à répétition

Pourvu qu’on oublie

Les relents de la gare

D’où l’on est parti

 

Au soleil couchant

On revient à l’ennui

Brumeux mais confortable

Des soucis quotidiens

Qui sonnent le départ

Des nuits d’insomnies

Des repos fallacieux

Des hallucinations

Des rêves imbéciles

Et des propos odieux

Que l’ordinaire impose

Et qui rendent chacun

Chaque jour un peu plus

Triste et malheureux

 

 

Jacques Herman

2013

 

12:01 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

14/09/2013

L'armée des mots

Tu me montres du doigt

L’armée noire en marche

 

Elle s’approche du bois

Qu’elle va traverser

 

Quand elle atteindra

L’orée du village

Elle incendiera

Les âmes et les coeurs

 

Oui me dis-tu 

Mais ce ne sont pour l’heure

Que des mots casqués

Déguisés en soldats

La pluie peut-être

Les dissoudra

 

Mais le ciel rechigne

A s’obscurcir

Et le vent refuse 

Avec obstination

De les disperser

 

La grande armée

Des mots destructeurs

Avance inexorablement

Comme les aiguilles

De l’horloge funeste

Sur le cadran

 

 

Jacques Herman

2013

 

14:19 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

12/09/2013

Au-delà de ce mur

Qu’y a-t-il 

Lui dit-il

Au-delà ce ce mur?

 

Un pré plein

De fleurs libres

Qui naissent le matin

Et qui le soir venu

Se fanent et ressemblent

A des vieillards nus

 

Qu’y a-t-il 

Lui dit-il

Au-delà de ce pré?

 

Un autre mur

Moussu

Fissuré

Qui cache

Un autre pré

 

A quoi

Lui dit-il

Peut servir

Ce vieux mur?

 

A voir

De nouveaux prés

Au travers

Des fêlures

 

 

 

Jacques Herman

2013

 

12:03 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)