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19/03/2016

Parfum d'enfance

PARFUM D'ENFANCE

 

 

Entre les deux murs 

De nos inconsistances

Un rôdeur s'est faufilé

Comme un vent qui traîne

Dans le cambouis du temps

 

C'est le parfum d'enfance

Qui ravive les jours

Hésitants et trembleurs

Héraults de pacotille

Nourris d'impatience

Regards attardés

Que l'on croit en avance

Sur le cadran du cœur

 

Ce sont des couleurs

Estompées et fugaces

Mêlées aux odeurs

Âcres de la mer

Sur le sable à marée basse

 

C'est un chant d'espérance

Qui ne demande rien

D'autre qu'un envol

Des notes dans le ciel

Sans y laisser leur trace

 

C'est un mot qu'on regrette

De n'avoir jamais dit

Que dans l'ombre secrète

Des désirs engloutis

 

Ce sont des grains d'amour

Des pépites de vie

Que nos mains ni nos cœurs

N'ont jamais saisies

 

 

Jacques Herman

2016

 

10:56 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

12/03/2016

Le Temple

LE TEMPLE

 

 

Le Royaume est la clé

De quelques insomnies

Qui s'étendent de l'est

A l'ouest 

Du nord au midi

Du zénith au nadir

 

De la voûte visible

Étoilée lumineuse

Un lourd fil à plomb

Lourdement sans rien dire

Descend vers le pavé

Comme un totem axial

Né de nuées laiteuses

 

Les portes du Temple

Semblent déjà closes

De l'essence de rose

S'élève et se répand

Du hikal au débir

 

Trois cierges lumineux

A l'Orient indiquent

L'unité retrouvée

 

D'un coin d'ombre surgit

Une douce musique

Un tapis mosaïque

Au centre est déposé

 

Face à la Justice

On va tirer l'épée

Fraîche du fourreau

Et devant la Clémence

Chacun vient toucher

Le bord de son chapeau

 

Au pied des colonnes

Qui encadrent l'entrée

On surveille l'ensemble

De tous les cherchants

Qui souffrent peut-être

Mais qui persévèrent

Dans la franche lumière

Des espoirs triomphants

 

 

Jacques Herman

2016

 

10:54 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

05/03/2016

Dans le dépérissement

DANS LE DEPERISSEMENT

 

 

Ici-bas tout finit

Dans le dépérissement

De nos traces le jour

D'un trop grand coup de vent

 

La vague inattendue

Emporte le marin

Qui sombre dans la mer

Et se dissout 

Inéluctablement 

Dans le milieu salin

 

Le temps sur son parcours

Roule le tambour

Des fanfares fugaces

Nos routes et chemins

S'arrêtent et puis s’effacent

 

Sans cesse sous le ciel

Surgiront à l'envi

Des rêves éphémères

Sans plus d'importance

Qu'un fléau de balance

Dépourvu de plateaux

Incongru comme le cri

D'un oiseau sans défense

 

 

Jacques Herman

2016

 

10:53 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

05/09/2015

Combien de temps encore

Quand vous verrez glisser

Blanches dans le vent

De l'arrière-saison

Des mouettes rieuses

Dans le ciel orageux

 

Quand vous entendrez

Crever au loin les vagues

Entre des cris de goélands

Et sur un banc pourri

Crépiter le feu

Dans le coeur transi

D'un couple d'amoureux

Qui s'y tient assis

 

Alors du regard

Balayez tout le port

 

Combien de temps encore

Avant que la mort

Ne vous arrache d'ici

 

 

Jacques Herman

2015 

 

 

11:51 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

19/08/2015

Dimanche en hiver

Rien n’est plus désolant

Plus sinistre et plus gris

En hiver qu’un dimanche

En fin d’après-midi

 

Quand la rue se remplit

De vide et de silence

Que les oiseaux bavards

Se taisent sur les branches

Des arbres dévêtus

 

Quand le doute surgit

Des fissures du ciel

Et se résout en pluie

 

Quand on sait que le jour

A venir sera gris

 

Jacques Herman

16:51 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

03/07/2015

Au soleil à midi plein

Quand les ombres durcissent

Au soleil à midi plein

Quand elles raccourcissent

Et qu'en nous leur écho

Se transmute en festin

Alors vers le ciel

Comme un chat qui s'étire

Nos âmes s'allongent

Jusqu'à minuit plein

 

Elles ressentent au fond

De leur être qui vibre

Le respir hors du temps

 

C'est le chant qui jaillit

Du cœur de l'homme libre

Il unit le passé

L'avenir

Le présent

 

Quand les ombres durcissent

Les ailes des anges

Dans le vent chaud frémissent

Et leur cœur et le nôtre

En font tout autant

 

 

Jacques Herman

2015

 

00:53 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

30/06/2015

Au-delà de la raison

Aucun des mots que nous cueillons

Sur nos chemins plein de broussailles

Au gré du temps jamais n'impose

Que le bonheur des retrouvailles

Douces comme  un parfum de rose

Et comme un air de carillon

 

Quand tous ces mots que nous posons

Sur le papier soudain nous ouvrent

Les bornes de nos horizons

Le ciel la nuit toujours se couvre

D'étoiles claires à foison

 

Il n'est au monde de lumière

Que celles d'anges qui éclairent

Tout au-delà de la raison

 

 

 

Jacques Herman

2015

 

 

00:49 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

26/06/2015

Rêve de grandeur

Le gnome parfois

Se prend pour

Ce qu'il n'est pas

 

Le rêve impudent

De la grandeur le gagne

Et sans l'avoir voulu

Il se retrouve nu

Misérable

Impuissant

Au beau milieu d'un bagne

 

Il arrive souvent

Que le piège implacable

Se referme sur lui

 

Le chemin sans issue

De l'ego détestable

Empoisonne sa vie

Et si l'étouffement

Lui enserre le cœur

Sans aucun état d'âme

Dans le champ du silence

Il saisit une corde

Avise une potence

Et se pend

 

 

Jacques Herman

2015

11:12 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

23/06/2015

Derviches tourneurs

Je t’invite à la danse

Hors des bornes du temps

 

Les bruits assourdissants

Se muent en silence

 

Dans le jour qui décline

Comme se fanent les fleurs

Nettoyons-nous

Des scories immondes

Et de tous nos naufrages

 

Pivotons sur nous-mêmes

Et dans l’axe du monde

Un peu à l’image

Les derviches tourneurs

 

 

Jacques Herman

2015

 

13:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

05/06/2015

Jésus d'un pas lent

La mer était noire

D'un noir d'encre profond

 

Pas de ligne d’horizon

A cause du brouillard

Gras comme du goudron

 

Jésus d'un pas lent

Marchait sur la plage

Déserte à cette heure

En basse-saison

 

Il faisait face au vent

Et l'on ne percevait

Que des cris de mouettes

Des cris de goélands

 

Il paraissait inquiet

Se retournant sans cesse

Et regardant les traces

Que les pas d'un marcheur

Laissent un moment

Très bref et qui s'effacent

Comme les prières

Gonflées de ferveur

Qui montent vers Dieu

Mais qu'emporte le vent

 

 

Jacques Herman

2015

16:36 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)