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01/06/2015

Sans pédanterie j'aimerais

J’aimerais

Sans pédanterie

Vous dire la profondeur

De la mer en furie

Et le nom des collines

Qui collent à l’horizon

 

J’aimerais

Sans moquerie

Vous parler de la mine

Faussement affligée

Du gros sacristain

Ou du poil au menton

De la vieille rosière

Une octogénaire

Qui vous fout le bourdon

 

J’aimerais évoquer

La voix de fausset

Du sonneur de cloches

 

J’aimerais esquisser

Le monstrueux portrait

De face

Ou de profil

De notre Falcoche

La baronne des lieux

Que l’on dit ruinée

Mais qui lève le nez

Et qui ferme les yeux

Devant les prolétaires

 

Et j’aimerais tracer

Du doigt dans le sable

Des lignes éphémères

Qu’impitoyablement

Les vagues de la mer

Viendraient effacer

 

 

Jacques Herman

2015

 

 

15:11 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

30/05/2015

Glissons-nous dans nos rêves

Fermons la porte

Les yeux et le cœur

Fermons le clapet

Du temps et les heures

S’éterniseront

 

Laissons le soleil

De l’autre côté

Des murs

Des fenêtres

Et tirons les rideaux

Sur l’horizon

 

Glissons-nous dans nos rêves

Etendons notre champ

De vision en dedans

De notre âme parfois

Blessée

Endolorie

 

Que l’espoir désormais

En nous revivifie

Toutes les fleurs fanées
Comme les roses pâlies

Tristes à pleurer

Grisâtres

Décolorées

D’anciennes tapisseries

 

 

Jacques Herman

2015

12:35 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

25/05/2015

Relever le gant

Dans l’attente du jour

La nuit par impatience

Tremble un tout petit peu

 

C’est dit-elle un jeu

Qu’elle doit opérer

Entre deux longs silences

Celui que la brume

Du soir lui impose

Et celui que l’aurore

Dispute au matin

 

Sur les ruines du temple

Une ombre se faufile

Comme un chat sur un mur

Redoublant de prudence

Ou guettant une proie

Plus faible

Plus fragile

 

On dirait un fantôme

Un esprit en vadrouille

Qui semble s’essouffler

Dès les premiers rayons

Du soleil naissant

 

La nuit se prépare 

A jouer les embrouilles

Dès que le jour est prêt

A relever le gant

 

 

Jacques Herman

 

2015

 

17:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

23/05/2015

Le pavé pour l'heure

Le pavé pour l’heure 

Frisonne encore un peu

C’est la pointe du jour

Où les petits espoirs

Lui sont encore permis

 

L’espoir de faire écho

Comme une résonance

Aux talons d’un passant

Dont la célébrité

Fait rompre le silence

 

L’espoir de refléter

Après un peu de pluie

L’image déformée

D’un couple d’amoureux

D’un chien sans collier

D’un poète en guenilles

D’un enfant malicieux

Ou d’un laissé pour compte 

Dans un coin de la vie

 

Les pavés du matin 

Encore mal réveillés

N’entendent au lever

Du soleil que les bruits

Confus 

Entremêlés

De la fin de la nuit

 

Mais au clocher midi

Viendra leur rappeler

La propension du temps

A leur glisser des doigts

Et le doux effacement

Des bruits de nos pas

Sur le trottoir tiédi

 

 

 

Jacques Herman

11:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

11/04/2015

De la ponctuation

Le ciel était vert

Et en certains endroits

Il paraissait strié

Par un outil rageur

Un ciseau de graveur

Sur une plaque de fer

 

L'avant-plan regroupait

Des cheminées noires

Et des faîtes de toits

Cabossés et branlants

 

On devinait au loin

Les hauts minarets sombres

De quelques mosquées

 

L'image semblait

Entremêler  des ombres

A des rais de lumière

Légèrement  rosâtres

 

Il a fallu du temps

Pour que l’œil aperçoive

Dans un coin de la scène

Comme une poignée d'anges

Si petits qu'on eût dit

De la ponctuation

Et qui se déplaçaient

Dans notre direction

 

 

 

Jacques Herman

2015

 

10:27 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

08/04/2015

Langues

Elle parle en public

Il répond en allemand

Tu parles en tremblant

Je réponds en penchant

La tête sur ton cou

 

Et nous parlons souvent

En termes élogieux

De notre savoir-faire

En nous moquant d'autrui

La langue bien pendue

La langue de vipère

 

Il arrive aussi parfois

De dire en flamand

Des proverbes chinois

Ou quelques mots d'amour

 

Les yeux grands ouverts

Et gelés par l'effroi

Il nous vient quelquefois

Le besoin de saisir

Dans le cirque des jours

Les propos sibyllins

Minables et pathétiques

De la langue de bois

 

 

Jacques Herman

2015

10:02 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

04/04/2015

Fleuron

Tends les mains vers le ciel

Ou bien montre du doigt

L’oiseau qui survole

Le faîte du toit

 

Pose les mains

Sur les hanches

Dénoue ta ceinture

 

Recule d’un pas

Doucement sur ta gauche

Souris à la vie

 

Regarde à présent 

La ligne d’horizon

 

Sois la reine

La fée

Le fleuron

De mes photographies

 

 

Jacques Herman

 

2015

 

17:49 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

27/03/2015

Potion létale

Prends garde à toi

Le moindre pas

De travers et tu tombes

Comme un oiseau blessé

Dont les ailes se plombent

 

Tu voulais fendre l’air

Tu vas y parvenir

Mais le moment venu

Veille à fermer les yeux

Tu n’as plus d’horizon

Sinon la mort fatale

 

Tu peux te réjouir

D’avoir pu échapper

A la potion létale

Devenue bien banale

Pour qui cherche à mourir

 

 

Jacques Herman

2015

19:53 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

24/03/2015

Fouette cocher

 

Les volets de nos songes

Claquent dans la nuit

Fouette cocher

Mais modérément

Prenons notre temps

 

Pour nous rendre penauds

Sur l’autre rive

Nous ne sommes pas

Atrocement pressés

Demain finit toujours

Qui qu’en grogne

Par arriver

 

Il pleut comme ils disent

Des chats et des chiens

Sur l’Ecosse profonde

Et la douleur du monde

Rend notre route grise

 

On dirait cependant

Qu’une lune incertaine

Cherche à nous consoler

Elle tente d’indiquer

Des chemins de traverses

 

Mais quand il pleut à verse

Sur les âmes en peine

Le risque est immense

De les voir s’embourber

 

Il n’est de compagnon

Plus sûr que le silence

Devant le grand portail

De notre éternité

 

 

Jacques Herman

2015

 

 

 

 

 

15:36 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

23/03/2015

Fanette

Tirons notre courage

De notre désespoir

 

En ce mercredi soir

A notre étonnement

Elle vient de rejoindre

La sève du vent

Elle avait à peine trois ans

On l'appelait Fanette

 

La petite avait

Les oreilles pointues

Le port gracieux

Les pattes velues

Et la peau bleue

 

Comme tous les enfants

De sa planète

 

 

Jacques Herman

 

 2015

15:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)