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21/03/2015

Calembredaines

 

Tu vois à quelques pas

Des troupeaux de moutons verts

 

Tu déclares tordu

Le sentier étroit

Mais parfaitement droit

Qui mène à la rivière

 

Il est près de midi

Et sérieux comme un pape

Tu me montres d’un doigt

Des sirènes nageant

Sous les arches d’un pont

Que nous n’apercevons pas

 

Je ne prête à vrai dire

Jamais trop d’attention

Aux visions

Aux délires

Aux calembredaines

Mais tu m’intrigues un peu

Plus qu’à l’ordinaire

Quand tu dis que les chats

Sont des êtres lunaires

Et qu’il faut embrasser

Sur la bouche les canons

 

 

Jacques Herman

2015

 

 

 

 

 

 

11:02 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

19/03/2015

Des badauds nous attendent

Nous avons écarté

Les vagues côtières

De nos mains fatiguées

 

Puis nous en avons bu

L'écume faîtière

Et l'avons goulûment

Aussitôt dégustée

 

Et chaque jour depuis

En bordure de la plage

Des badauds nous attendent

Espérant retrouver

Nos étranges exploits

 

Mais nous avons vieilli

Et n'en avons plus l'âge

Bien pire encore

Nous avons perdu la foi

 

 

Jacques Herman

2015

 

14:28 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

17/03/2015

Quelqu'un nous épie

QUELQU’UN NOUS EPIE

 

 

 

Sous nos pieds le sol

Risquerait dit-on

De se dérober

 

Prudence

Prudence

Le mot résonne

De tous côtés

 

Un vieil homme

Soudain s’écrie

Qu’il en va de nos vies

 

Nous n’avons rien à perdre

Rien à gagner non plus

Débordant d’assurance

Et d’un pas décidé

Nous évoluons

Sur la glace fine

De l’étang gelé

 

De la rive

Le long du muret

Près des roseaux blanchis

De toute évidence

Quelqu’un nous épie

Comme le geai des chênes

Dans une forêt

 

 

Jacques Herman

2015

17:46 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

15/03/2015

Tu as perdu le fil

TU AS PERDU LE FIL

 

 

Tu regardes la mer

Je regarde ma montre

Tu évoques le ciel

Je te parle d’enfer

 

Tu me dis soleil

Et je te dis lune

Tu t’écries bonheur

Je réponds infortune

 

Ces propos imbéciles

Vont-ils durer longtemps

 

Tu as perdu le fil

Et je pense aux aiguilles

Je les vois qui défilent

Sur notre cadran

  

 

Jacques Herman

2015

 

16:12 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

12/03/2015

Faux étage

FAUX ETAGE

 

 

 

 

Nous nous étions trompés d’étage

Et la porte palière se gaussait de nous

 

Nous voulions voir la mer

L’écume grisâtre des vagues mourantes

Les grands bateaux blancs dans les brumes lointaines

Les cerfs-volants

Les ballons

Les châteaux de sable en gardiens de la plage

 

Nous nous étions trompés d’étage

Et de longues mains froides

Nous enserraient le cou

 

 

Jacques Herman

2015

 

 

 

15:05 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

09/03/2015

Dans l'angle mort

DANS L'ANGLE MORT

 

 

Dans l'angle mort

De ma vision

Ce sont des corps

Qui se ramassent

A la pelle

Et qu'on entasse

Hors du champ

Des opérations

 

On les dénombre

A la va-vite

On les aligne cependant

Juifs

Chrétiens

Musulmans

Athées

Agnostiques

Étiquetés

Selon les rites

Les usages

Les confessions

 

L'herbe rougie

N'a plus le temps

De respirer

 

Le ciel étonnamment

Serein devient silence

Lourde présence

Chape de plomb

 

L'heure est venue

Des charognards

Immenses

Majestueux

Dont les ailes déjà commencent

A s'agiter à l'horizon

 

 

 Jacques Herman

2015

09:58 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

04/03/2015

Attirés par le vide

Le fleuve amaigri

Finira par tarir

Et son coeur peut faillir

S’il se trouve soudain

Dépourvu d’estuaire

 

Le voilà bientôt mort

Avant le bord de mer

Et la saison brûlante

Qui incendie les blés

Accable la raison

 

Au pied de la tour

Fatigués

Impavides

Les bras croisés

Nous attendons

Que tombent à nos pieds

Des anges dépités

Attirés par le vide

Et tristes à pleurer

 

 

Jacques Herman

 

2015

18:46 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

24/02/2015

Des bergers sur la route

 

La mer était immense

Et le ciel douloureux

 

L'embarcation fragile

Ne tenait aucun compte

Des étoiles ni du vent

 

On eût dit que le temps

S'arrachait les cheveux

Tiraillé sans se plaindre

Entre les mâchoires

Puissantes de l'espoir

Et les flammes ardentes

Et mortes cependant

De tous les soleils noirs

Des âmes impatientes

 

Allongés sur le sable

Nous portions nos regards

Ailleurs

 

Ailleurs que sur nous-mêmes

Ailleurs que sur les anges

Ailleurs que sur les pentes

De notre fantaisie

 

Les clouant à jamais

Sur la croix de nos doutes

Écoutant sans broncher

Ce que clamait le cœur

Des brebis qu'ont perdues

Les bergers sur la route

 

 

Jacques Herman

2015

09:29 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

20/02/2015

Rendre ton billet

 

Il est temps que tu rendes

Le billet que tes mains

Ont froissé dans la peur

De voir tomber la nuit

 

La gardienne des heures

Les plus sombres du jour

Est venue jusqu’à toi

Pour accueilir tes mots

 

La main droite plutôt

Assez mal assurée

Tu lui tends le papier

Qu’elle jette aussitôt

 

Sans t’en apercevoir

A l’horizon jauni

Le soleil s’est couché

 

 

Jacques Herman

2015

 

 

18:43 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

19/02/2015

Et dans le coeur l'oubli

Et revoici l’été

Qui nous tombe du ciel

Selon les lois qu’imposent

A l’univers les dieux

Dont nous ne savons

De fait pas grand’ chose

 

Mais un peu de chaleur

Suffit pour aller mieux

Et cela seul importe

A nos cœurs

A nos yeux

 

Des parfums nouveaux

Pour un temps oubliés

Ont repris rendez-vous

Et nous sortons la table

Et les chaises

Et quelques coussins

 

Un café au balcon

Le chat sur les genoux

La cloche de l’église

Qui sonne midi plein

Et dans le cœur l’oubli

Partiel de heures grises

 

 

Jacques Herman

2015

11:04 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)